Coup d’arrêt au Center Parcs de Roybon

mise à jour mercredi 24 décembre

Le tribunal administratif de Grenoble, saisi en référé, a décidé la suspension d’un des arrêtés qui autorisaient la construction, à Roybon dans l’Isère, d’un Center Parcs. Le défrichement de la zone est suspendu. Selon le juge des référés, l’arrêté qui a été suspendu contrevenait avec la loi sur l’eau. Le juge a par ailleurs souligné qu’il ne donnait pas de garanties suffisantes pour « compenser la destruction des zones humides ».

Le juge devait se prononcer sur deux arrêtés, des 3 et 16 octobre 2014, qui permettaient le démarrage des travaux. Trois recours, qui visaient le second arrêté, ont en revanche été rejetés.

Dans un communiqué, « EELV se réjouit de cette décision qui met fin au « fait accompli » que constituait le défrichage préalable aux travaux et qui permettra que se tienne un véritable débat serein sur le sujet ». Le parti rappelle « son opposition à ce projet destructeur pour l’environnement, menaçant la biodiversité locale comme l’approvisionnement en eau potable de la région via la destruction des zones humides. Ce projet est de surcroît extrêmement coûteux puisqu’il mobiliserait au bas mot un budget 300 millions d’euros dont plus d’un tiers de dépenses publiques. Les emplois promis sont précaires et surtout incertains puisque le fragile modèle économique repose sur une niche fiscale contestée et des hypothèses particulièrement optimistes ».

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Pourquoi cette pétition ?

Le groupe Pierre & Vacances projette de construire un Center Parcs situé au milieu de la forêt de Chambaran, sur la commune de Roybon.

Autour d’une « bulle tropicale » aquatique chauffée à 29°C toute l’année, ce complexe touristique pharaonique prévoit de faire sortir de terre un millier de « bungalows » : soit l’équivalent d’une ville moyenne de 6000 habitants !

http://center-parcs.agirpourlenvironnement.org/

Roybon Center Parcs_le suivi

INFOS IMPORTANTES à l’attention des médias et des opposants : merci d’utiliser les bons chiffres sur la surface de zones humides détruites et impactées. On ne peut pas reprendre tels quels les chiffres erronés fournis par les cabinets d’études soudoyés par Pierre et Vacances (il est souvent indiqué 76 ha), mais plutôt ceux nettement plus fiables indiqués par les experts indépendants mandatés par l’enquête publique, qui parlent eux de 110 à 120 ha ! Près de 10 fois Sivens !

Le bois des Avenières concerné n’est pas du tout une forêt ordinaire, mais une zone humide complexe liée à l’alimentation en eau d’un « aquifère » (système de réseau d’eau souterrain), qui lui-même alimente en eau potable de larges territoires (en Drôme surtout, mais aussi en Isère).

Vu le climat du coin les clients de center park devront se réfugier dans l’immense bulle à 29° quasi toute l’année. Alors pourquoi aller l’installer en pleine nature, juste pour la voir à travers des vitres ? Une jolie vue justifie-t-elle de saccager 76 hectares d’environnement forestier ? Que d’énergie gaspillée pour chauffer cette immense bulle, sans compter toute l’eau chaude déversée dans le milieu qui déstabilisera les écosystèmes.

 

Quand aux commerçants locaux, ils rêvent, ces centres sont conçus pour maximiser les profits et donc les clients doivent rester dedans et consommer dedans, donc ils ne verront pas la couleur de leurs dépenses.

Spot de mobilisation de la Zad des Chambaran (Roybon, Isère) à voir pour bien rigoler, « CAMILLIX à la ZAD de Roybon » :

https://www.youtube.com/watch?v=KDPYBFMWM30

http://vimeo.com/user34798469/camillix-a-zad-de-roybon

Dans le Jura, un autre centre-nautique est en projet, avec « Pierre et Vacances » aussi, 180 ha de forêts sont menacés dans une région magnifique ! (voir ici) C’est exactement la même problématique que dans l’Isère. Un contact entre les militants de Roybon et le collectif – très modeste pour l’instant – d’opposants dans le Jura-Saône et Loire serait une bonne chose. Les promoteurs hésitent entre deux sites dans le jura et en Saône et Loire.  Un collectif est déjà mobilisé (voir ici). Il semble nécessaire de fédérer les luttes anti Center Parcs.

Cela fait penser à la station d’hiver de Saint-Honoré, en Isère elle aussi. Construite sur un versant trop ensoleillé, sans la culture et l’entretien d’une neige artificielle (coûteuse et contraire à toute démarche écologique et économique raisonnable,) il est impossible de faire fonctionner cette station. Mais on a fait croire l’inverse et des gens ont acheté des appartements qu’ils ne peuvent ni utiliser ni vendre désormais, une faillite totale dans laquelle le Conseil Général de l’Isère est également impliqué.

Pour en savoir plus sur la faillite de Saint-Honoré et comprendre ce qui attend les Chambarans suivez ce lien : Saint-Honoré 1500, du rêve aux ruines

Dans les Chambarans on retrouve les mêmes ingrédients. Dans ce lieu particulièrement froid et humide on prévoit des activités « tropicales » sous bulle ! Le coût de fonctionnement des équipements, leur entretien vont hypothéquer la viabilité du projet : mais tant pis pour les « gogos » qui y auront cru, une fois l’opération immobilière réalisée et les profits empochés, les promoteurs iront jouer ailleurs.

On peut aussi lire l’avis des pêcheurs qui ont déposé une requête en référé auprès du Tribunal Administratif de Grenoble.

« Tout l’impact négatif sur le milieu aquatique sera pour la Drôme, qui est limitrophe, ajoute Christian Brély. Nous craignons un réchauffement des eaux des rivières l’Herbasse et la Galaure, dans le Nord-Drôme. Center Parcs va rejeter de l’eau à 21°C, alors qu’à 20°C “l’espèce truite” disparaît. Ce secteur, c’est le château d’eau de la Drôme, et on va y toucher. »

http://www.ledauphine.com/drome/2014/11/21/center-parcs-les-pecheurs-dromois-saisissent-la-justice

Lundi 1er décembre 2014, dans un communiqué de presse, la FRAPNA (www.frapna.org ) a demandé la suspension immédiate des travaux du Center Parcs de Roybon.

Face à la contestation qui monte sur le terrain et aux risques réels de dérapage suite à la non prise en compte des conclusions de la Commission d’enquête et au passage en force des arrêtés préfectoraux permettant le démarrage des travaux, la FRAPNA demande aux pouvoirs publics de suspendre immédiatement les travaux de défrichement en cours sur le site du futur Center Parcs de Roybon.

Elle a sollicité par l’intermédiaire de sa fédération mère, France Nature Environnement, l’arbitrage urgent de Madame la Ministre de l’Écologie en demandant la mise en œuvre d’un triptyque simple et efficace :

  1. Suspension immédiate des deux arrêtés préfectoraux litigieux, entraînant de facto l’arrêt des travaux
  2. Mise en œuvre d’une mission élargie d’inspection
  3. Organisation d’une table ronde au Ministère avec les organisations représentatives à la suite du rapport d’inspection.

Elle appelle parallèlement Pierre et Vacances et son PDG, Monsieur BREMOND, à ne pas attendre cet arbitrage et à interrompre dès aujourd’hui le chantier, pour éviter que ne se détériore un peu plus l’image de leur entreprise. (+ d’infos)

Les bienfaits des zones humides :

http://www.econostrum.info/Des-zones-humides-pour-amortir-les-effets-du-rechauffement_a16832.html

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/interets/services-rendus/services-de-regulation

Un chantier de plus…

Nous en avions parlé le 30 octobre dernier (article ici), à la suite de l’appel de militants qui se sentaient un peu seuls, dans un combat dont peu de médias se font l’écho, alors qu’il est dans la continuité de ce qui se passe au Testet ou à Notre Dame des Landes, ces chantiers de plus ou moins grands travaux décidés contre l’avis des populations. Ici il s’agit encore de destruction de forêt et de zone humide, pour un énième village vacances et parc de loisir.

Contre le scandale du Center Parcs de la forêt des Chambaran à Roybon

Dimanche 16 novembre avait lieu une nouvelle manifestation contre le projet d’implantation d’un village vacances Center Parcs dans les Chambaran, sur la commune de Roybon. Les militants écologistes restent mobilisés trois semaines après les premiers travaux de défrichement sur le site. Ils dénoncent toujours le comportement du préfet de l’Isère qui a donné son feu vert pour l’implantation de ce projet « de tourisme de masse », alors que l’enquête publique avait donné un avis négatif. De nouveaux recours ont été déposés depuis. Malgré cela, le 20 octobre, les travaux ont commencé avec le démarrage du défrichement du terrain.

Ce chantier a démarré le 20 octobre 2014 par une phase de déboisement rapide.
Pour info, il faut 80 ans pour reconstituer ce qui est détruit en une journée !
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Nous voulons ici informer le grand public de la réalité sur le terrain. Derrière les beaux discours publicitaires de Center Parcs vendant partout une image « nature et écologique », de multiples atteintes graves à nos biens communs sont programmées à Roybon dans les bois des Avenières.
Le service communication du groupe Pierre et Vacances ayant déclaré au Dauphine Libéré le 22 novembre 2014 : « nous n’avons rien à cacher », nous allons donc témoigner librement de ce qui se passe.
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Cette vidéo est libre, merci de la télécharger, de la partager, publier et republier partout, d’en faire des projections dans la rue, d’en faire d’autres versions, etc.

Contre le scandale du Center Parcs de la forêt des Chambaran à Roybon from PCSCP on Vimeo.

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Ce Grand Projet Inutile Imposé (GPII) est une caricature de toutes les aberrations possibles :

Destruction de 110 ha de zones humides précieuses pour l’alimentation en eau potable de la région ;

Mise en péril localement de 37 espèces protégées, impact sur des rivières classées en réservoir biologique ;

Privatisation de biens communs publics d’usage libre et collectif ;

Gaspillage d’argent public et subventions en faveur de Pierre et Vacances ;

Mensonges des élus, désinformation politique sous couvert de développement durable et de création d’emplois ;

Profits à court terme réalisés au détriment de petits investisseurs et grâce à une niche fiscale illégitime, etc.
Ce projet Center Parcs à Roybon ne tient pas compte de l’avis négatif de l’enquête publique, du CNPN et de l’ONEMA, ni des recours déposés par des associations, FRAPNA Région, Fédération de Pêche Drôme, PCSCP, etc.

 

-> Rejoignez-nous dans la dénonciation de ce scandale écologique, politique et économique. Agissons ensemble pour préserver nos biens communs et l’avenir de nos enfants contre ce projet immobilier industriel destructeur et coûteux.
Après la ferme des 1000 vaches, ce serait une ville Center Parcs de 1000 COTTAGES !

-> pcscp.org/ + facebook.com/groups/142720152425653/
et aussi : chambarans.unblog.fr/

Jusqu’où s’arrêteront-ils ?

Barrage du Testet, aéroport Notre-Dame des Landes, Tunnel Lyon/Turin, Stade de l’OL… une certaine frénésie des grands travaux, de grands et de petits saccages, sans compter ceux dont on ne parle guère. Par exemple :

Center Parcs de Roybon : la démocratie bâillonnée ?

ENQUÊTE – Dans les Chambarans, les politiques veulent leur Center Parc. Mais pas les habitants, pour leur majorité, ni les associations de protection de l’environnement. Alors que le préfet vient de donner le feu vert à Pierre et Vacances pour démarrer les travaux, les opposants se préparent à entamer une énième bataille devant les tribunaux. Car, au-delà l’atteinte à la biodiversité, c’est aussi la question du processus démocratique qui est posée…

91 des 200 hectares du bois des Avenières dans le massif des Chambarans seront urbanisés pour faire de ce Center Parcs le sixième de France. Après sept années de procédures administratives émaillées de recours, les premiers coups de pioche du futur Center parc ont résonné lundi 20 octobre dans le bois des Avenières.
C’est là, dans le massif des Chambarans, que Pierre et Vacances projette de construire un millier de cottages assortis d’un complexe touristico-commercial avec espace aqualudique de 9 000 m³ chauffé à 29 °C. Un immense village vacances de plus de 5 000 habitants posé au beau milieu d’une zone humide, au sommet de deux bassins versants, l’Herbasse et la Galaure.

_ La destruction d’espèces protégées autorisée par le préfet

L’ultime feu vert, le promoteur l’a obtenu vendredi 17 octobre grâce à un arrêté préfectoral autorisant la destruction d’espèces protégées. Quelques jours auparavant, le préfet de l’Isère avait déjà donné son blanc-seing, autorisant le projet au titre de la loi sur l’eau. Une décision certes souveraine mais qui fait visiblement peu de cas des conclusions, unanimes, des trois commissaires-enquêteurs. […]

Source : article Center Parcs : la démocratie bâillonnée ? – Place Gre’net de PlaceGrenet

http://www.placegrenet.fr/center-parcs-roybon-democratie-baillonnee/