Épandages médiatiques

Avec ses « épandages médiatiques », la plateforme de production d’informations Nada pointe du doigt le quotidien de la mal-info. Elle a publié une compilation d’éditoriaux et interviews diffusés par de grands médias qui ne semblent avoir qu’un but : flinguer Alexis Tsipras, le Premier ministre grec « d’extrême gauche », incarnation vivante du laxisme de l’État grec et des archaïsmes de son peuple. Voici les tontons flingueurs en action.

 

Le Clown Con

On reparle de Tapie. C’est l’été, faut bien sortir les Tapie pour les dépoussiérer. En juillet 2013, le Nanar était venu faire sa plaidoirie au journal de Pujadas. Sur la Toile, l’internaute Félix Lobo avait vomi le texte qui suit (sic dixit), ce Clown con qui n’a pas pris une ride. Ça méritait bien qu’on le ressorte aussi, faut pas laisser la lumière sous le boisseau.

Felix Lobo Entendre une énième fois un imbécile suprême nous seriner avec le sempiternel refrain du gros crétin égocratique « Les français ont un problème avec l’argent : on est suspect quand on en gagne » continue de m’offrir gratuitement la nausée.

Hier, Bernard Tapie s’est illustré au journal de France 2 en venant faire son exposé, nous prouvant une fois de plus que quand on est un Dieu autoproclamé sur terre, on peut se torcher avec la justice.
Un exposé de baroudeur catcheur renvoyant la marionnette faiblarde de Pujadas dans les cordes toutes les 3 secondes, un étalage dégoulinant d’arguments et de faits choisis en tête de gondole du supermarché de la démagogie, le roublard Tapie est venu s’expliquer, tel un gosse qui ne mérite pas autre chose qu’une bonne paire de claques et tu retournes dans ton coin, pis tu rends les jouets que t’as volés aux autres, non, ils ne te les rachèteront pas, ils sont à eux…

Je croyais avoir compris, de par mon vécu et mon expérience professionnelle, qu’il y avait deux sortes de clowns : le clown blanc, et l’Auguste. J’avais fini par me dire aussi qu’ils étaient nécessaires l’un à l’autre pour créer ce décalage qui amuse. Mais on voit depuis un moment apparaître une nouvelle variété de Clown : le Clown Con.

La connerie décomplexée.

À grands coups de Frigide Barjot, de Nabilla, de Marine Le Pen et de Bernard Tapie, la télé et la presse nous imposent les aventures passionnantes d’énergumènes dont les préoccupations ne dépassent pas la frontière de leur nombril doré et crasseux à la fois.
Voilà ce à quoi nous sommes confrontés quotidiennement. Des gens qui viennent révéler d’eux-mêmes en buzzant les points cruciaux de leur Sicrette-Story, et étaler l’absurdité du vide de leurs pensées débiles.

Quand ce n’est pas d’eux qu’il s’agit, on nous sert du Cahuzac et du Lance Armstrong, qui, au final, ne sont pas d’une autre catégorie puisque ils ont versé dans l’appétit de gloire personnelle en se foutant pas mal de laisser les autres crever au bord de la route.

Dans un monde ultralibéral où le pognon règne en maître absolu et où la pauvreté se développe comme un cancer insidieux, nous voilà réduits à n’avoir pour seuls modèles que ces marionnettes manipulatrices s’adonnant au culte du Rien.
Mais bordel, il y a du monde quand même sur cette fichue planète !

Entre les extrêmes Tapie et Mandela, il y a des tripotées de bonshommes et de bonnes femmes qui pourraient faire rêver nos gosses en leur soufflant d’autres valeurs, en leur soufflant la valeur des autres.

Oui, Nanard, je chante avec toi ton refrain : « Les français ont un problème avec l’argent », mais mon couplet n’est pas le même, mon couplet, c’est : « Ils n’en ont pas, ils n’en ont plus, parce que ceux qui le distribuent ont des trous dans les mains, et les mains dans les poches ».

Le monde pète un câble, et je crains que les empêcheurs de réfléchir en rond qui ankylosent les cerveaux du peuple en tirant les QI vers le bas, ceux qui s’inspirent du fameux « Offrons-leur du pain et des jeux » et qui l’ont changé en « Vendons au peuple du pain rassis et des spectacles abêtissants » nous entraînent vers le règne nauséabond des idées les plus basses que l’humanité puisse engendrer.

RIDEAU ! RIDEAU, s’il vous plaît ! Ce spectacle de clowns cons ne nous amuse plus du tout.

Le 7-9 NEUF, pour se fâcher tout rouge

Là-bas si j’y suis va embarquer sur le web
Le navire sera prêt le 21 janvier 2015.

Vous allez progressivement y retrouver les reportages, les découvertes et les débats de Là-bas, comme à la radio bien sûr, mais aussi en vidéo, en dessins, en photos en texte avec des journalistes qui croient encore à ce foutu métier dans son rôle de contre pouvoir. Le site sera participatif ouvert aux contributions des abonnés et nous serons fidèles aux principes de l’éducation populaire et de l’autodéfense intellectuelle.

Parallèlement grâce à vous, nous participerons à des réalisations de films documentaires (longs ou courts, urgents ou lents) qui pourront librement accéder à un large public par un complément éventuel de financement participatif.

Et surtout le but est de vous proposer une nouvelle matinale, le SEPT-NEUF NEUF. L’idée n’est pas nouvelle, il suffit d’écouter les radios du matin pour se dire qu’on pourrait proposer autre chose. Il y a des différences bien sûr, chaque chaîne a sa clientèle, mais le fond éditorial est à peu près le même. Mêmes invités, mêmes experts, mêmes sources, même choix de sujet. Bien peu de dissonance, bien peu de dissidence. C’est pourtant un moment crucial dans la fabrique de l’opinion, huit à dix millions d’auditeurs sont à l’écoute.

Le site sera ouvert le 21 janvier 2015, mais abonnez-vous dès maintenant.
C’est avec le produit de vos abonnements que nous allons construire le nouveau Là-bas et constituer l’équipe qui va le faire vivre.

La plateforme d’abonnement est déjà disponible à cette adresse :
http://abonnement.la-bas.org/membres/soutenir

L’équipe de Là-bas si j’y suis

 

S’embarquer sur la toile n’est ni un refuge, ni une revanche, c’est une nouvelle aventure. Nous ne sommes pas non plus en train de monter une boîte, mais de construire le moyen de continuer et de développer Là-bas si j’y suis, à savoir :

  •  un journalisme de contre-pouvoir, à la fois rigoureux, populaire, original et engagé.
  •  un souci permanent d’éducation populaire et d’auto-défense intellectuelle, en diffusant les outils et les moyens politiques (et poétiques) de la résistance et de l’émancipation.

 « Je crois que ce 7-9 NEUF ne serait pas conforme à sa belle ambition s’il ne poursuivait pas méthodiquement le projet de mettre les auditeurs très en colère. J’aime à coire qu’il n’y a pas de hasard chromatique dans l’expression populaire qui dit qu’on est fâché tout rouge. Fâché tout rouge, c’est bien ce que l’époque appelle impérieusement. Le 7-9 NEUF doit être l’un de ces rares endroits d’où l’on puisse enfin entendre ce que nous sommes de plus en plus nombreux à penser, à savoir que ce pouvoir nous dégoûte, et qui, ajoutant au présent qui nous enrage la figure d’un avenir à espérer, nous décide à joindre le geste à la parole »

Frédéric Lordon

Mermet, Lordon, Mélenchon, Mordillat, Balbastre… la vidéo de la soirée aux Métallos

Plus d’infos à partir d’ici : http://www.la-bas.org/spip.php?article2485

Ce viol permanent de la démocratie

Nous avons déjà parlé (fil précédent) de l’odieux non contrôle du temps de parole des candidats par l’inutile, et donc coûteux, CSA. Voici un petit complément fort instructif, à l’attention des gens honnêtes, ceux qui mettent tout dans la balance avant de se faire une plus juste opinion.

Sur un total de plus de 5 heures de temps d’antenne consacré aux municipales, le Parti de Gauche a disposé de 6 minutes et 57 secondes au total en 5 semaines sur France Inter et France Info. Soit 2% du temps d’antenne ! Des radios publiques ! Le PCF n’a eu que 38 secondes sur France Inter soit 0,35%, pendant que l’UMP, le PS et le FN se partageaient plus de 80% du temps d’antenne.

Les journaux de 13h et 20h de France 2 et France 3 sont édifiants. France 2 et France 3 n’ont jamais, vous avez bien lu : jamais, donné la parole au Parti de Gauche dans ces émissions. France 3 n’a jamais donné la parole au PCF non plus.

Voici un tableau donné par les médias eux-mêmes, Source :http://www.regards.fr/web/temps-de-parole-bfm-la-part-belle,7574

Pas vu à la télé

Voici donc des infos que vous ne trouverez pas ailleurs que sur les blogs du Front de Gauche, et bien sûr avec force détails sur celui de Mélenchon. (Cliquez sur « Pas vu à la télé » et vous y allez droit).

Après 40 ans de présence, le FN a été en mesure (mais on sait avec quelles difficultés) de présenter 594 listes dans tout le pays. Les journaux de révérence comme Le Monde voudraient présenter ça comme un record. Ça tombe mal pour qui a de la mémoire, ce chiffre est à peine meilleur qu’en 1995. Le Front national a présenté une liste dans 450 communes de plus de 10 000 habitants. Et alors ? Qui a remarqué qu’après seulement cinq ans d’existence le FDG y parvient déjà dans plus de 600 ?

De même, il y a un nombre record d’élus lepénistes au premier tour ? Combien ? 473 ! Et au Front de Gauche ? Plus de deux mille. Le Front national gagne une ville au premier tour, Hénin Beaumont ? Le Front de Gauche en gagne 43 au premier tour (L’Huma de lundi en annonce 67). À quoi on pourrait presque ajouter le 68ème, René Revol, dirigeant national du PG, qui a réuni 49,97% des suffrages à Grabels !

Ces chiffres n’ont pas été évoqués une seule fois dans la soirée électorale, ni le lendemain matin, ni midi, ni soir. Il n’empêche que le résultat moyen du FDG est de 11,42 % pour plus de 600 listes. Au total, 308 listes dépassent les 10 %, là où le FN les dépasse dans 316 villes. Huit listes d’écart entre les deux fronts et il faudrait parler de triomphe du FN ? Au bout de 40 ans pour l’un et seulement 5 ans pour l’autre ? C’est ça la vague bleu Marine ? À moins d’avoir la nostalgie du bruit des bottes sous vos fenêtres, ouvrez plutôt les yeux face à l’enfumage médiatique. Que Marine l’ait bien joué, c’est évident, chapeau l’artiste ! Mais grâce à qui ? Honte à ceux-là !

Accessoirement vous pouvez aussi savoir que les 82 listes FDG avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages. C’est infiniment plus que la moyenne du Front national ! C’est aussi bien davantage que les 9,69 % recueillis par les 95 listes où EELV s’était présentée seule. Il est clair qu’un autre horizon politique se dessine malgré la chape de plomb des enfumeurs. Ça vaut le coup d’y réfléchir. Et bien sûr, on en reparle très bientôt, car on ne lâche rien.

Bonus : petit jeu. Un mélenchon s’est caché dans le dessin ci-dessous. Saurez-vous le retrouver ?

Le grand enfumage des medias

Dimanche 15 septembre, à 11h30, dans le cadre de la fête de l’Humanité, un débat aura pour thème : « Peut-on encore croire au journalisme ? Le cœur de métier de la presse – informer, expliquer, proposer – est fortement endommagé. Est-ce irréversible ? ». Il confrontera les points de vue de Thomas Legrand, éditorialiste à France-Inter, Edwy Plenel, directeur de Mediapart, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen. Il est organisé par la société des Amis de l’Humanité, dans son espace, en partenariat avec Mediapart.

Sur le même sujet, article très intéressant sur le blog de Charles Sylvestre : http://blogs.mediapart.fr/edition/complices/article/090913/les-journalistes-ont-ils-un-coeur-de-metier-defendre

Mais en attendant ce débat du 15 à venir… Voici d’autres preuves du grand enfumage.

Photos volées, fausses identités, emplois bidon dans des entreprises bien réelles… Des agences de communication ont envahi les espaces de libre expression des médias Web.

Le lieu de prédilection de cet enfumage organisé ? Les rubriques de libre expression des sites comme Le Plus du Nouvel Observateur, le Cercle des Echos, les blogs du magazine Capital, les pages Express Yourself de L’Express ou…les Chroniques du JDN.

Ainsi par exemple Leila Bernardin ne dispose d’aucune existence numérique en dehors de ses chroniques dans Le Journal du Net. Idem pour Catherine Delarge ou Anaïs Roy

Stephane Philippi ou Brett Allison ?

Le Stéphane Filippi qui écrit dans le JDN en tant que formateur a un « sosie » sur Facebook qui travaille dans les assurances dans l’Arkansas.

Idem pour François Morillon qui s’annonce comme consultant en stratégie auprès du JDN mais qui apparaît sous les traits de Sébastien L. sur Foursquare.com.

Ainsi pendant plusieurs semaines Marc Chevrier a signé des chroniques dans le JDN au nom du département fusions & acquisitions aux États-Unis du très établi cabinet de recrutement Mercuri Urval.

Ce Marc Chevrier fait également les belles heures du site du magazine L’Express où il signe en mentionnant l’Université de Tbilissi en Géorgie (L’Express a effacé son profil suite à la publication de l’article du JDN).

Ici un prétendu Laurent Duhesmes annonce travailler pour le Musée d’Orsay alors que cette maison ne compte absolument aucun collaborateur à ce nom.

Même situation chez la très haut de gamme HSBC Private Banking chez qui on affirme n’avoir jamais recruté d’analyste du nom d’Edouard Cachan. Celui-ci prend également la plume dans les colonnes du site du magazine Capital.fr.

Et le fantomatique journaliste Henry Maggi, en fait un communicant payé pour assurer la com’ d’un site commercial, est solennellement tweeté par le Centre d’Analyse stratégique du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Idéal pour consolider une réputation.

 

 

Article intégral sur le Journal du Net:  http://www.journaldunet.com/ebusiness/crm-marketing/les-pros-de-la-e-reputation-infiltrent-les-medias-web.shtml

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À l’attention du parterre de journalistes et étudiants en journalisme venus l’écouter, cette conférence de Michel Collon avait pour thème « Le rôle des médias dans les guerres humanitaires ». C’était le 25 Avril 2013, soit quelques mois avant le « massacre chimique » de Damas.

Dans ce même sens, nous pourrions dire que c’était donc également avant la prochaine guerre en Iran, inéluctable si les consciences populaires ne s’éclairent pas plus vite, si la presse des chiens de garde du système continue de mettre en avant les quelques centaines d’enfants syriens gazés sans les mettre en rapport avec les 500 000 enfants irakiens morts des suites de l’embargo, et nous sommes très gentils de ne citer que ceux-là. Identifier et désigner à la face du monde le véritable ennemi, rien ne pourra changer avant cela. C’est à chacun d’entre nous qu’il appartient de propager toutes les contre-vérités au discours officiel.

« On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés » (Albert Einstein)


la grande menace

Ainsi que le rappelle le site pétitionnaire Avaaz, la Une du magazine américain Newsweek illustre parfaitement le message ressassé par les médias ces quinze derniers jours: le monde musulman s’embraserait d’une colère anti-occidentaux en réaction à un film islamophobe, et des hordes de protestataires violents nous menaceraient tous…
De l’Égypte au Pakistan en passant par le Yémen, l’Iran, l’Irak, etc., onze pays auraient manifesté leur rage contre le film en particulier et l’occident en général.

Il aura fallu près de quinze jours pour que les médias commencent à rapporter que la grande majorité des manifestants étaient pacifiques. Un rapport établi le 20 septembre chiffrait à zéro le nombre de victimes tuées par les manifestants. Quant à leur nombre, une estimation qui circule sur Internet l’évalue à une dizaine de milliers pour toute la planète. Une évaluation apparemment plus circonstanciée a été avancée dans la dernière émission d’Arrêt sur Image consacrée au sujet, et pousse le nombre global à 150 000 manifestants, toujours pour la planète entière.
Quel que soit le nombre retenu, sachant qu’un milliard et demi d’individus se réclament de l’islam, c’est au maximum 0,001 % qui ont pris sur eux d’aller manifester à juste titre leur indignation, au demeurant soutenus par la quasi totalité des dirigeants mondiaux qui ont condamné le film, qu’ils soient musulmans ou occidentaux.
Mais qu’en est-il vraiment de cette prétendue mise à feu du monde musulman ? Proposée par un site anglais, voici quelques extraits d’un reportage photographique témoignant bien de ces quinze jours de rage (note: les commentaires sous les photos sont de Sémaphores)

Le Caire, Égypte. Manifestation des faiseurs de bulles en colère devant la mosquée Al-Hussein

 

Le Caire. Des manifestants enragés vérifient les stocks de tomates bombardières

Un fondu mentaliste s’énerve tout seul en apprenant la nouvelle par le journal.

Excédé, un couple iranien tente de prendre de la hauteur avant de reprendre le combat

Irak, Bagdad. Pour tenter d’échapper aux débordements, certains n’hésitent pas à se jeter du haut des immeubles

Pakistan. D’autres préfèrent carrément l’exode sur des routes incertaines

Bangladesh. Les jeunes aussi sont touchés, certains préfèrent se noyer par paire plutôt que perdre leur innocence

Plus sérieusement, une autre presse a noté combien ce non-événement a occulté plus ou moins des infos de toute autre importance. Ainsi ces musulmans “énervés” ont-ils relégué aux brèves ces dizaines de milliers d’autres « énervés » qui manifestaient en Russie contre le président Vladimir Poutine. Combien de minutes ou de pages consacrées à ces centaines de milliers de Portugais et d’Espagnols indignados lors de rassemblements anti-austérité ? et le million de Catalans qui réclament l’indépendance ? Et les 1 000 personnes tuées en Syrie en une seule semaine ? A-t-on parlé des véritables mobilisations en Tunisie et en Égypte ? A-t-on dit que les courants de l’islam politique en Libye n’ont obtenu à travers les premières élections libres du pays que 17 sièges sur les 200 qui forment la constituante ?
Voilà bien encore une fois posé le problème d’une presse entre les mains des chiens de garde, une presse obnubilée par son chiffre d’affaire ou son audimat, mais de plus en plus exempte de déontologie, d’éthique, et qui n’hésite plus à mettre de l’huile sur des feux quasi inexistants tout en prétendant informer.
Dans son n°82 (septembre-octobre 2012) la revue Nexus rapporte comment des fondamentalistes musulmans ont récemment utilisé une photo du tremblement de terre de Gyegu en Chine, en y accolant une fausse légende pour accréditer leur cause. On y voit des moines tibétains préparer les crémations pour le millier de victimes de la catastrophe. Des corps nus et entassés qui renvoient aux heures les plus sombres de l’Histoire. L’image retouchée et commentée par ces islamistes est devenue sur les réseaux une sorte de pièce à conviction sur un prétendu massacre de musulmans en Birmanie, commis par des moines tibétains. Le problème est que cela est intervenu au moment où des tensions confessionnelles et raciales s’accentuaient en Assam et dans les régions frontalières entre l’Inde et la Birmanie, fin juillet 2012. Malgré les communiqués des gouvernements indien et du Tibet, le feu de la haine s’est propagé sans trêve. Depuis le début août les représailles s’enchaînent. Les tentatives d’apaisement n’ont pas encore été suffisantes pour stopper l’exil de masse des populations originaires du Sikkim, du Népal, de Birmanie ou d’autres ethnies des Himalayas.
Cet exemple parmi d’autres montre comment, grâce aux réseaux planétaires, le détournement d’une seule image peut désormais facilement provoquer la terreur et l’exode d’ethnies ciblées.
Internet est sans conteste un très bel outil, sans doute aussi un des plus dangereux. Usagers de blogs, de tweets et autres réseaux dits sociaux, il appartient plus que jamais à chacun de nous d’être en responsabilité et conscience à chaque utilisation.

Au feu !

billet d’humeur, par Mario

Ce n’est pas une info de dernière fraîcheur, à force de tergiverser, de me demander qui ça peut bien intéresser. Il y a des sujets qui n’ont pas l’heur d’être très partagés, d’autant qu’il y a des variables à cela, comme par exemple le moment où tombe une info. En l’occurrence, ce dont je veux parler s’est passé cet été, en plein Jeux Olympiques, entre deux remises de médailles, celles que des sportifs recevaient pour de prétendus exploits, et celles, posthumes, qu’un François Hollande fraîchement président remettait à deux de nos soldats morts pour la France en Afghanistan.
Ces soldats-là au moins avaient un nom, ils ont été cités comme il se doit au champ d’honneur. Tel n’a pas été le cas de cet inconnu qui a donc choisi le mauvais moment pour s’immoler devant un bureau de la CAF où il venait et revenait depuis quelques temps parce qu’il lui manquait toujours un papier.
Jamais radine en rubriques des chiens écrasés, la presse a largement diffusé l’info de cette immolation d’un « allocataire lambda ».
Comme l’a dit Véronique Valentino dans un article pour Actu Chômage : « Les communiqués officiels ont mis l’accent sur le drame personnel d’un homme, que certains
journaux avait simplement baptisé «le désespéré», son nom n’ayant à aucun moment été révélé. Un drame personnel, un cas isolé. Et anonyme. En fait, l’homme, d’origine tunisienne et âgé de 51 ans, était, selon Philippe Castanet, directeur de cabinet du sous-préfet de Mantes, un ex-infirmier au chômage, inscrit au RSA depuis juin 2010, qui alternait quelques missions d’intérim en tant qu’infirmier ou brancardier avec des périodes d’inactivité. Séparé de sa femme, père de deux enfants, il était domicilié chez sa sœur à Mantes-la-Ville, mais vivait depuis plusieurs mois dans une caravane sur un camping de Moisson, une commune voisine de Mantes-la-Jolie. »
http://www.actuchomage.org/2012081822002/Social-economie-et-politique/quan-un-allocataire-du-rsa-simmole-dans-une-caf-enquete.html
Fin de citation. Un mec ou une nana qui s’immole, c’est pas un sujet qui enflamme les foules. C’est perso, une immolation. Et c’est forcément un geste de désespéré, de déséquilibré, en tout cas un être trop fragile pour vivre, même avec un RSA, dans ce monde de brutes.
Mais qu’est-ce qui ferait de cet être fragile un cas isolé comme le prétendent certains journaleux ? Pour ne prendre que quelques dates parmi les plus récentes…

Le 16 mars 2011, un SDF de 65 ans s’immole dans la cave de la personne qui réceptionnait son courrier à Calais.
Le 26 avril 2011, un homme de 56 ans s’immole sur le parking du site Orange-France Telecom de Mérignac.
Le 9 août 2011, un homme d’une cinquantaine d’années, à la CAF de Marseille. À force de dialogue, un membre de la BAC l’a empêché d’aller jusqu’au bout.
Le 13 octobre 2011, une enseignante de 44 ans s’immole dans la cour du lycée Jean Moulin de Béziers.
Le 16 octobre 2011, une femme de 77 ans s’immole dans un bosquet à proximité de son domicile à Talence.
Le 26 octobre 2011, une femme de 68 ans s’asperge d’alcool à brûler devant l’Élysée. Une policière intervient, la vieille dame s’en sort avec des brûlures légères.
Le 10 février 2012, un travailleur handicapé de 56 ans s’immole dans la salle du personnel du Carrefour-Market de Chambourcy.
Le 15 février 2012, une femme de 38 ans s’immole dans le hall de la Mairie de Saint Denis.
Le 26 mars 2012, un homme de 40 ans à l’agence Pôle Emploi de Dieppe s’asperge de liquide inflammable mais n’a pas le temps d’utiliser son briquet.
Le 6 avril 2012, un homme de 62 ans s’immole sur le parking du foyer social de Saint Priest.
Le 11 juillet 2012, un homme de 40 ans s’asperge d’essence à la Trésorerie de Valence, mais est heureusement maîtrisé avant de passer à l’acte.
Le 19 juillet 2012, un agent de maîtrise du Grand Lyon s’immole par le feu devant son lieu de travail à Vénissieux.

Pour plus de détail sur tous ces cas et d’autres, voir le lien suivant, les veilleurs de cet observatoire ont fait un sacré boulot de recensement macabre : http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.fr/2012/08/brule.html

additif du 24 septembre_ Alors que cet article était déjà en ligne, on peut lire dans le Midi Libre du 22 septembre courant : Un homme de 57 ans, salarié du groupe Michelin, a mis fin à ses jours hier à Paris en s’immolant par le feu en bas de chez lui. La police a retrouvé dans son appartement une lettre faisant part de son « mal de vivre ».

En attendant, puisqu’il paraît qu’on cherche 30 milliards pour boucler le budget, suggérons qu’à titre provisoire et exceptionnel (pendant deux ans, par exemple) le gouvernement puisse puiser dans les 5,3 milliards d’euros d’aides non distribuées en 2010 ( et combien en 2011 ?), tout ça parce que ces salauds de pauvres ne les ont même pas réclamées, parfois parce qu’il leur manquait un papier et que, globalement, les administrations représentent toujours un parcours du combattant. Mais je trouve que ça finit par faire un bon nombre de soldats inconnus, des soldats qui ne coûtent pas cher et ne nécessitent pas de venir en ranimer la flamme chaque année, ceux-là brûlent à feu continu.

dernière note : la photo en exergue d’un homme qui prend feu n’a pas été prise en France mais en Grèce. Paraît que ça brûle pas mal aussi là-bas.

ajouté le 30 octobre 2012, ce complément d’enquête dû à France 2:

Jeux Olympiques London 2012, titre interdit

Le saviez-vous ?

Jeux, olympique, Londres, médaille, 2012, il est interdit aux médias d’utiliser deux de ces mots dans la même phrase sous peine d’amende. Pas seulement pour les médias, d’ailleurs, puisque certains établissement londoniens tels que l’Olympic Bar ou le London Olympus Hotel ont été sommés de changer de noms. C’est parce que sur le modèle du Patriot Act, existe un Olympics Game Act qui entend règlementer la liberté d’expression pendant la durée des jeux. Idem pour l’utilisation des symboles tels que les anneaux olympiques. Un boulanger a été obligé d’enlever de sa vitrine des pains qu’il avait réalisés en forme d’anneaux ; une fleuriste a subi la même mésaventure pour des bouquets reprenant ce symbole et une grand-mère a même été inquiétée parce qu’elle avait tricoté pour une poupée un pull aux couleurs olympiques, destiné à être vendu pour une action de charité !

Pour pouvoir employer les symboles et les termes liés aux Jeux il faut en avoir acheté les droits. Ainsi la chaîne BFM, qui n’a pas cru bon de verser cette obole, est réduite à devoir parler de “jeux d’été” pour ne pas dire “olympiques”. Certes, au nom du droit à l’information, il existe une dérogation légale sinon les journalistes ne pourraient tout bonnement plus commenter les fameux JO 2012 de Londres.

Si vous êtes spectateurs, lisez bien les clauses détaillées sur vos billets d’entrée. Ainsi n’escomptez pas rediffuser des vidéos ou des photos sur les réseaux sociaux, des cellules de surveillance ont été mises en place pour épier des sites comme Twitter, Facebook, Youtube, Facebook ou Instagram. Un ptit creux entre deux compètes ? Pas de souci Mac DO est venu avec ses frites sur lesquelles il a l’exclusivité, même s’il a fallu faire une exception pour les fish’n chips nationales. Et ne vous habillez pas n’importe comment si vous tenez à entrer. Adidas étant le sponsor officiel, on tolèrera que vous portiez des Nike mais après faut pas déconner ! Les autres, du balai ! Idem si vous avez un tee-shirt Pepsi, pas question, Coca-Cola tient à régner en maître. Et comme toute connotation politique n’est pas mieux vue, ne comptez pas arborer votre T-shirt rapporté de Cuba à l’effigie du Che. Pas de politique dans le sport, non mais ! (petite astuce : si vous tenez vraiment à votre Che Guevara sur la poitrine vous n’avez qu’à dire que pour vous cela correspond à une religion. Ça au moins on ne voit pas qui pourrait l’interdire…). Enfin laissez à la maison vos clés 3G ou wifi sous peine de confiscation : British Telecom a décroché une exclusivité sur l’accès wifi et les spectateurs devront payer (mais uniquement par carte Visa, sponsor oblige !).

Liste non exhaustive, et nous vous invitons à lire l’article intégral qui a été notre source pour ce billet sous la plume de Netmamou (blogs.mediapart) mais agrémenté de vidéos à l’appui sur le site : http://scinfolex.wordpress.com/2012/07/27/comment-la-propriete-intellectuelle-a-transforme-les-jeux-olympiques-en-cauchemar-cyberpunk/

Enfin notons avec Netmamou que la France n’est pas à l’abri de ces dérives de plus en plus totalitaires. « Le Code du Sport prévoit déjà que les photographies prises lors d’une compétition appartiennent automatiquement aux fédérations sportives, ce qui ouvre la porte à une forme d’appropriation du réel. A l’issue de l’arrivée du Tour de France, des vidéos amateurs ont ainsi été retirées de Youtube à la demande de la société organisatrice du Tour, avec l’accord du CSA, qui dispose en vertu d’une autre loi du pouvoir de fixer les conditions de diffusion de ce type d’images. Et les compétences de cette autorité s’étendent aux manifestations sportives, mais plus largement “aux évènements de toute nature qui présentent un intérêt pour le public“. Réagissons avant qu’il ne soit trop tard et refusons ces monstruosités juridiques ! »

Et cessons de peindre et repeindre Pierre de Coubertin en humaniste qu’il n’était pas. S’il n’en avait tenu qu’à lui aucune femme n’aurait été admise à concourir à une autre épreuve que la couture et le tricot. Pas politiques, les J.O ? Ce n’est pas ce qu’en pensent les militantes du mouvement féministe ukrainien Femen. Habituées du happening seins nus, elles ont manifesté jeudi dernier près de l’hôtel de ville de Londres pour dénoncer cette fois la présence aux JO de pays musulmans comme l’Arabie saoudite où les femmes ne bénéficient pas des mêmes droits que les hommes.

Pas politique lorsque, depuis toujours, des délégations entières boycottent les jeux selon qui en est le pays organisateur ? Et, sans aller jusqu’à rappeler de plus graves incidents, n’oublions pas une certaine remise de médailles. C’était en 1968 à Mexico. Les Américains Tommie Smith et John Carlos, 1er et 3e sur le podium pour le 200 m… Un 200 mètres qui a fait depuis un très long chemin d’humanité, la preuve en images : http://www.lemonde.fr/jeux-olympiques/video/2012/08/02/hors-jeux-le-poing-gante-de-tommie-smith-et-john-carlos-en-1968_1735982_1616891.html

 

La caravane passe à Saint Laurent d’Aigouze

On dit que les chiens aboient quand la caravane passe. En tout cas, on n’entend guère les chiens de garde médiatiques sur le sujet qui préoccupe nos voisins Saint-Laurentais avec le retour annuel des caravanes des gens du voyage.  Nous mentirions un peu à ne pas mentionner que Midi Libre (édition du 25 juillet, page 6) s’est généreusement fendu d’un article de deux lignes.

« Une trentaine de caravanes se sont installées avec l’accord d’un propriétaire sur un terrain privé à Saint-Laurent-d’Aigouze tout en débordant sur le parking de la station essence du supermarché voisin. Ces véhicules-là ont fait l’objet d’un procès verbal pour stationnement illicite. »

Ça c’est du journalisme ! ont immédiatement pointé ceux qui ne trouvent plus leur compte avec la nouvelle couverture médiatique du journal (voir article précédent). La question est d’ailleurs posée dans les commentaires du site du Collectif Saint Laurentais d’Information (CSLI) : « Mais où est notre nouvelle correspondante ML ? », à quoi un autre internaute répond : « Je crois que la correspondante fait la fiesta dans les caravanes, elle qui est si attachée à la musique gitane, y a qu’a la voir les jours de feria à l’imperator ! » ou bien : « En matière de médiation, l’important c’est la pose. Toujours rien dans la presse. Comme pour les ouvriers des salins. À croire que les gens du voyage sont considérés comme des demi-sel. »

En l’absence de couverture et d’enquête il est difficile de se faire une idée de ce qui serait un problème ou n’en serait pas, des nuisances et incivilités ou pas. Ainsi se dit-il que le magasin HU aurait préférer tirer ses rideaux il y a quelques jours par peur des rapines. D’autres notent que ces gens-là ne sont pas venus en train…Mais il se dit surtout que la situation serait due à un conflit de personnes entre un privé et un élu saint-laurentais, une histoire de permis de construire…

Quoi qu’il en soit, une question reste posée : Qu’attendent les responsables des communes ou des communautés de communes pour se mettre en conformité avec la loi au sujet des emplacements réservés aux gens du voyage ?

Le problème des gitans, tziganes et autres romanichels est peut-être récurrent aux yeux de certains, n’empêche que la faiblesse ou la mauvaise volonté de certains élus l’est aussi.

Affaire à suivre.

Lire les autres commentaires sur le site du Collectif :http://collectifstlaurentais.eklablog.com/

 Pour notre part nous concluons avec celui-ci, qui aurait pu trouver sa place dans notre rubrique Poésie, ou pour le moins dans celle de l’humour.

aujourd’hui 26 juillet : Ste Anne

Mais, ne vois-tu rien venir ? 

 » Je ne vois que le train qui charroie,

des gitans qui festoient,

un quartier qui bougeoie, 

des crottes de barzoïs

une bande d’élus très sournois,

un conseil qui merdoie,

des commerçants qui s’apitoient,

une gouvernance aux abois,

une administration qui fonctionne de guingois,

un nain rabat-joie, 

une absence totale des vingt-trois,

un chef qui louvoie, 

à la forte estime de soi.

une correspondante lamproie « 

Le Collectif Roosevelt 2012

« Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde » écrivait Václav Havel quelques semaines après la chute du Mur de Berlin.

En 1989, ce sont des femmes et des hommes « sans la moindre importance » qui ont changé le cours de l’Histoire. Vingt ans plus tard, le système néolibéral s’effondre à son tour. C’est à nous, les citoyens, de dire dans quelle société nous voulons vivre. Société d’injustice et de chaos ou société d’équilibre et de convivialité ? A nous de choisir. A nous d’agir.

Dans un article du Nouvel Observateur, Pierre Larrouturou reprend l’appel sous le titre « Crise : l’appel pour un new deal à la française ». Extrait ci-dessous, article entier ici.

Fatalité ou opportunité ? La gauche gagne les pleins pouvoirs alors que notre pays replonge dans la crise et que l’Unedic annonce que « le nombre de chômeurs va augmenter de 400.000 d’ici la fin 2013 » si la croissance tient bon… Or le plus probable est que la croissance ne tiendra pas : aux États-Unis, la dette totale dépasse 360% du PIB et, en Chine, la bulle immobilière explose : les ventes de logement ont baissé de 25% au premier trimestre. « La prochaine crise risque d’être plus grave que celle de 1930 », affirme le gouverneur de la Banque d’Angleterre.

Sans un changement radical de nos politiques, le chômage et la précarité vont exploser. En 2014, une droite dure gagnera les municipales et prétendra incarner l’alternative. Comment éviter ce sinistre scénario ? Comment vaincre la crise ? En s’inspirant de ce qu’a fait Franklin Roosevelt en 1933.

Quand Roosevelt est élu, les États-Unis sont sinistrés mais il change la donne avec une rapidité étonnante. L’activité législative est prodigieuse : en trois mois, Roosevelt fait adopter plus de réformes que Herbert Hoover en quatre ans. Son objectif n’est absolument pas de « rassurer les marchés financiers » mais de les dompter. Et il y parvient.

Pour pousser nos dirigeants à l’audace, nous avons créé le collectif Roosevelt 2012 : avec Stéphane Hessel, Edgar Morin, Susan George, Michel Rocard, Dominique Méda, Lilian Thuram, Bruno Gaccio, Roland Gori, la Fondation Abbé Pierre, Gaël Giraud, la Fondation Danielle Mitterrand, Génération précaire et bien d’autres. Notre objectif est simple : dire la gravité de la crise et avancer 15 solutions que le nouveau président doit mettre en œuvre sans tarder comme Roosevelt en 1933. Si vous partagez notre envie de provoquer un sursaut, rejoignez-nous vous aussi en signant les 15 propositions de réformes sur roosevelt2012.fr.

Pierre Larrouturou 

Télécharger ici le Manifeste Roosevelt 2012 pour en savoir plus : NousAvonsDecideDAgir_collectif-Roosevelt2012

Aller sur le site pour en découvrir beaucoup plus : http://www.roosevelt2012.fr/

 Autour du groupe Roosevelt 2012, ils et elles s’engagent :

Curtis Roosevelt (petit-fils de Franlin D.Roosevelt), Stéphane Hessel, Edgar Morin, Pierre Larrouturou, Claude Alphandery, Bruno Gaccio, Michel Rocard, Lilian Thuram, Cyril Dion, Olivier Berruyer, Caroline Fourest, Robert Castel, Aurélie Trouvé, Arnaud Montebourg (a signé étant député), Jean Launay, Jean-Marc Ayrault (a signé étant député), Etc.

Déjà 74 504 citoyens engagés. Des groupes Roosevelt 2012 se créent à Bruxelles, en Italie et en Espagne.

Détruire un homme !

Un bon nombre de journalistes-racailles a tenté ces derniers temps d’abaisser Jean-Luc Mélenchon au prétexte qu’il aurait des amis antisémites. L’infâme antisémite en question ne serait autre que le compositeur Mikis Theodorakis, dont Méluche avait osé reprendre un appel sur son propre blog.

Comme il se trouve que nous avions nous aussi répercuté cet appel dans nos pages sémaphoriennes (voir article du 31/10/2011 ici), les détracteurs souffriront donc que nous publions aujourd’hui la réponse de Theodorakis à leurs propos malveillants. (inutile de préciser, bien sûr, que Mélenchon et Theodorakis ne se connaissent pas.)

Réponse de Mikis Théodorakis à ses détracteurs

Je suis Grec et fier de l’être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l’occupation allemande (1941-1944), non seulement n’a pas exercé de poursuites contre les Juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions.

À l’époque, J’étais moi-même partisan de l’Armée populaire de Libération et je me souviens que nous avions pris sous notre protection de nombreuses familles de Juifs Grecs, que nous nous sommes souvent battus contre les SS pour les sauver et beaucoup d’entre nous l’ont payé de leur vie.

Plus tard, j’ai composé le cycle “Mauthausen” que, notamment en Israël, l’on considère quasiment comme un hymne national. J’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie quand, dans les années 80, il m’a été accordé de diriger cette œuvre sur le site du camp de concentration de Mauthausen, tout d’abord chantée en grec par sa première interprète, Maria Farantouri, puis en allemand par Gisela May et en hébreu par la chanteuse israélienne, Elinoar Moav. Je l’ai dirigée une fois encore sur ces lieux et, depuis lors, l’œuvre enregistrée est diffusée sans interruption sur le site du camp.

En 1972, j’ai bravé le boycottage européen et j’ai donné des dizaines de concerts en Israël, des moments que je qualifierais d’historiques en raison des liens d’amour mutuel qui nous unissaient.

À cette même époque, Yigal Allon, alors Vice-Premier ministre du gouvernement israélien et Ministre de l’Éducation et de la Culture, m’a confié une première mission, celle de transmettre un message de paix à Arafat au nom de son gouvernement. C’est dans cette intention que je l’ai rencontré à Beyrouth et, à cette occasion, j’ai donné une conférence de presse dans une salle. Un groupe de fanatiques Palestiniens avait décidé de m’abattre, car il me considérait comme un complice des Juifs. C’est Arafat lui-même qui me l’a dit le lendemain avec, à ses côtés… le groupe de mes assassins en puissance. Qu’est-ce qui m’a sauvé ? Mon amour authentique pour les deux peuples martyrs : les Juifs et les Palestiniens. Lire la suite

Ah, ces grecs indociles…

encore une info d’enfumage.

D’où viennent ces 70 000 fonctionnaires grecs qui auraient été embauchés en violation des accords? Le chiffre a fait la une du Figaro, qui le reprenait du journal grec To Vima, mais qui a vraiment lu le rapport qui dénonce cela et qui, de toute façon, est issu de la troïka.

En comptabilisant le nombre de fonctionnaires sur l’année écoulée, ce chiffre passe de 692 301 (fin 2010) à 668 035 (fin 2011), soit une baisse nette de 24 266 fonctionnaires, dans le même temps où 40 000 fonctionnaires sont partis à la retraite. Le rapport pointe certes des embauches, mais Okeanews en compte 12 621 et souligne que la troïka juge que 4 885 d’entre elles seraient excessives. Où sont passés les 70 000 ? Mystère.

Alain Salles, qui est correspondant du Monde à Athènes, s’est lui aussi plongé dans le rapport. Toujours pas de 70 000 fonctionnaires embauchés mais il note les dysfonctionnements pointés par la troïka, ce qui l’amène à souligner que « le gouvernement socialiste de Georges Papandréou n’a pas appliqué en 2010 la règle d’un fonctionnaire embauché pour cinq départs, devenue un pour dix en juin 2011. Les recrutements auraient dû, selon ces règles, être au nombre de 8 000. Ils ont atteint plus du double : 16711. » Ainsi nous avons d’un côté les 12 621 d’Okeanews et d’autre part les 16 711 d’Alain Salles. Mais où sont passés les 70 000 ? re-Mystère.

Au service macroéconomie du Figaro, qui a pourtant osé en faire sa une, on avoue ignorer d’où sort ce chiffre. On l’a repris sur To Vima, où l’a repris l’AFP, où s’est servi le journal Le Temps (Suisse), etc. Et on appelle ça de l’info !

Mais si le chiffre a toutes les chances d’être faux, le message qu’il colporte est loin d’être innocent. Le journal To Vima est réputé pour sa proximité avec la troïka, pro-mémorendum et politique d’austérité à la Merkel. Difficile d’oublier qu’au même moment Antonis Samaras, le nouveau premier ministre grec fraîchement élu sort de l’hosto pour décollement de rétine, ou que son ministre des finances, lui aussi hospitalisé, vient de démissionner pour raisons de santé. Quel rapport ? Eh bien que tous ces petits bobos ou ces grands malades incapables de constituer un gouvernement ont contraint la troïka à retarder sa venue prévue à Athènes. Mais là-bas, personne ne dit « le changement c’est maintenant ». Non, le message fuité reste clair : vous n’avez pas tenu vos engagements, vous pouvez vous asseoir sur vos gels de baisse du nombre de fonctionnaires.

Non mais ! Qui croyez-vous qui commande !

Réflexions à partir de Toulouse et Montauban

Par Mario, billet d’humeur, et même de sale humeur. Ce sera néanmoins ma revue de presse du jour sur cette tuerie de Toulouse qui nous fait saigner le cœur et nous prend aux tripes. Certes il y a un coupable et nous savons malheureusement son nom (je dis ça (malheureusement) en référence aux quelques mots de JL Mélenchon ci-après). Mais saurons-nous faire la différence entre coupable et responsable ? Saurons-nous tirer leçon une bonne fois pour toutes? Saurons-nous faire que notre minute de silence compassionnel ne soit que le début d’une profonde réflexion de chacun pour chacun et pour tous ? En bref, qu’allons-nous pouvoir construire à partir de ce qui nous détruit tant ou tente de le faire ?

Je ne commenterai pas au-delà de la décence cette photo ci-contre qui a fait le tour des unes de journaux, presse étrangère comprise. Une fois de plus elle renvoie à cette détestable manière lapidaire que les médias choisissent pour véhiculer l’info. Les chiens de garde de l’éditocratie n’en ratent jamais une pour ajouter de l’horreur à l’ignoble, ou l’inverse, qu’importe ! Confrontés à cette photo éditoriale, bon nombre de lecteurs et internautes n’auront vu que l’enfant juif. Les réactions primaires, celles qui nous sont arrachées face à l’horreur, auront soulevé bien des questions dès lors que l’actualité place en exergue tel événement et met en veilleuse tels autres, pour ne pas dire tant d’autres. Et les jeunes manouches virées du train par un contrôleur de train efficace ? ont demandé certains. Et les enfants syriens, afghans, palestiniens qui tombent sous les balles ? surenchérissent d’autres. Et leur humanité n’est pas moins à fleur de peau. Mais quelles questions restent-elles encore légitimes quand leur point de naissance n’est que la folie meurtrière des hommes ?  S’il y a lieu, urgence même, à cesser les amalgames et ouvrir une profonde réflexion sur le tumulte de notre époque, allons-nous pouvoir compter sur nos hommes politiques, eux sensés éclairer le chemin ? Lire la suite

au cinéma: les nouveaux chiens de garde

Ce film documentaire passe dans toute la France, ce qui ne veut pas dire dans tous les cinémas.

synopsis : Les nouveaux gardiens de l’ordre établi sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques. Lorsque l’information est produite par les grands groupes industriels du Cac40, la presse peut-elle encore jouer un rôle de contre-pouvoir démocratique ?

bande annonce

EN SALLE DÈS LE 11 JANVIER

– MONTPELLIER – LE CINEMA DIAGONAL CAPITOLE

– CARCASSONNE – LE CAP CINEMA : Projection-Rencontre le mardi 7 février à 21h en présence de Serge Halimi

– BRIANCON – LE CINEMA EDEN

– PERPIGNAN – LE CINEMA CASTILLET

EN SALLE DÈS LE 25 JANVIER

– MARJEVOLS – LE TRIANON

– SOMMIERES – LE CINEMA VENISE

– AVIGNON – UTOPIA : Projection-Rencontre le vendredi 27 janvier à 20h30 en présence de Mathias Reymond (ACRIMED)

– AIX-EN-PROVENCE – LE JEAN RENOIR : Projection-Rencontre le mardi 31 janvier en présence de Gilles Balbastre

– AIX-EN-PROVENCE – LE MAZARIN

– CHATEAUX ARNOUX – LE CINEMATOGRAPHE

EN SALLE DÈS LE 1er FEVRIER

– MARIGNANE – LE SAINT EXUPERY

EN SALLE DÈS LE 8 FEVRIER

– PONT SAINT ESPRIT – LE CINE 102 : Projection-Rencontre le vendredi 20 janvier à 21h00 en présence de Gilles Balbastre

– TARASCON – LE CINEMA REX

– FORCALQUIER – LE BOURGET

– LUNEL – LE CINEMA ATHENEE

La liste complète sur la France :

http://www.casseursdepub.org/images/Nouveaux_chiens_de_garde.pdf