Un costard pour Arnaud

Quand Bibi est en colère, il ne l’envoie pas dire. Mais il a raison, y a des infos qui vous restent en travers. Par exemple lorsque Le Canard Enchaîné nous rappelle les propos que notre playboy de Saône et Loire, Arnaud Montebourg, n’a pas hésité à tenir (le 17 février) devant les grands patrons.

«Il y a trop de rigidités en France. Le Code du Travail, les 35 heures, les seuils. Il faut soutenir les entreprises en débloquant tout ça».

Depuis, paraît qu’Arnaud a démenti les yeux dans les yeux d’Elkabbach avoir dit ça. C’est la presse qu’a tout inventé et faudrait plumer le Canard. Problème, le Canard ne dément pas, et quand bien même. Car les fractures s’agrandissent, cher Arnaud, et pas seulement celles qui permettraient de libérer le gaz de schiste. Alors, sans en ajouter car c’est si bien dit, nous partageons cet état d’âme dont Bibi nous gratifie aujourd’hui.

« Pourtant, Arnaud, à défaut de t’aimer, je n’avais rien contre toi. Mais avec ton exhibitionnisme de la Grandeur, qui crois-tu aujourd’hui impressionner ? Tu bombes le torse en marinière, tu cours les Champs-Élysées en paradant avec Manuel Valls, tu fais le fanfaron devant le peuple de Florange pour sourire aussitôt à Aphatie, à De Caunes (l’ex d’Elsa) et à taper dans le dos de l’impressionnable syndicaliste, Édouard Martin. Certes, je n’irais pas jusqu’à dire que tu fais partie de ce ramassis de nullités qui viennent s’auto-congratuler chaque jour devant les écrans des Télés-Poubelles. C’est vrai qu’à un certain moment de ton ascension politique, avec Vincent Peillon, tu avais témoigné sur le Blanchiment d’argent dans la lessiveuse luxembourgeoise avec courage. Mais nous étions, y a longtemps, très longtemps, en 2001.

Depuis, jolies femmes et plans com’ à l’appui, tu te fabriques un «charisme» proche du néant, tu es rentré, rigolard et «cocardier», dans cette Noblesse new-look, tu en épouses les contorsions et les esquives, tu te vautres dans les petits calculs et grandes mesquineries à l’approche de 2017. J’ai même appris que tu avais rectifié ta stratégie d’esbroufe : plus besoin d’aller rendre visite aux entreprises qui ferment et jettent leur personnel à la rue (ça fait de mauvaises images sur BFM et au JT de TF1), tu préfères te pavaner dans les (rares) entreprises soi-disant sans problèmes. C’est que – comme tous tes amis socialistes occupés à se mettre en scène – tu confonds la visibilité sociale avec la popularité. Pauvre de toi.

Arnaud, tu es en train de devenir l’archétype de tout ce que les gens de Gauche commencent à haïr : ce besoin de légitimité, de distinction, de reconnaissance à tout prix, à n’importe quel prix (surtout au prix du Capital), ce besoin qui enfle chez toi dans le même temps où – à l’opposé – le ressentiment du populo grandit, ressentiment que tu ne vois même pas et qui te jettera sans regret dans les poubelles de l’Histoire. »

Pour ceux qui veulent découvrir Bibi, le costard complet se trouve ici : http://www.pensezbibi.com/categories/pensees-politiques/les-trois-freres-francois-pinault-francois-hollande-et-arnaud-montebourg-15820#more-15820

Abracadabrantesque

Pour comprendre le côté abracadabrantesque de cette histoire, il faut se souvenir que lorsque Mediapart avait fait état d’un document qui ouvrait des soupçons sur les financements libyens de Nicolas Sarkozy, ce dernier était monté au créneau en portant plainte pour usage de faux.

Mais voilà : comment pouvait-il savoir qu’il s’agissait d’un faux ? Et c’est là qu’intervient Jomode Elie Getty. On va l’appeler JEG car c’est plus court et que, de toute façon, le bonhomme est connu en France sous une dizaine de patronymes différents ! (du moins l’était-il car il est en cavale). Mais c’est bien JEG que Mediapart a reçu par deux fois dans ses locaux, le même qui a commencé par dire que le document cité plus haut était un faux, et c’est sur les dires de ce faux témoin que Nicolas Sarkozy s’est appuyé devant les juges pour tenter de discréditer Mediapart au sujet des soupçons de financements libyens.

Dans les faits, Mediapart rencontre Jomode Elie Getty au début de l’année 2012. Il s’était présenté comme un militant toubou – une ethnie du Sud libyen. Il était entré en contact avec la rédaction pour dénoncer une surveillance dont il disait avoir été l’objet en tant qu’opposant déclaré à Mouammar Kadhafi, de la part des services de police français, à l’époque de la « lune de miel » entre Nicolas Sarkozy et l’ancien dictateur libyen. (Cela est vrai au demeurant, comme l’aurait été la surveillance de tout opposant à Kadhafi lors de sa venue en France).

Entre les deux chefs d’état, Missouri_photo Reuters

D’ailleurs, dès la fin de la guerre de Libye, à l’automne 2011, Jomode Elie Getty apparaît dans les médias comme le porte-parole des Toubous à Paris. « Nous voulons un des trois ministères clés que sont le pétrole, les affaires étrangères ou l’intérieur », déclare-t-il au Monde qui le présente, en septembre 2011, comme le « fondateur » du Conseil national toubou, « installé à Paris depuis plus d’une décennie mais en relation permanente avec les membres toubous du Conseil national de transition libyen (CNT) ».

Mediapart décide de prendre ses distances avec JEG après avoir découvert qu’il tentait de nouer des relations d’affaires avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, l’un des principaux protagonistes de l’affaire Karachi et artisan du rapprochement franco-libyen entre MM. Sarkozy et Kadhafi. On sait qu’il rencontrera le marchand d’armes au moins vers mi-2012, et peut-être est-ce en le sachant en si « bonnes » relations que Nicolas Sarkozy va s’appuyer sur la déposition de JEG, sans savoir qu’il a affaire avec un mythomane, habitué des fausses déclarations et mis en cause dans plusieurs tentatives d’escroquerie. Lire la suite

PSA : et en plus, ils volent l’État !

Ce billet a été posté par CAC35 dans le Club Mediapart et ailleurs. Il est indispensable d’en connaître les principaux arguments afin de ne plus rapporter n’importe quoi, rapport Sartorius ou pas, sur le groupe Peugeot.

Au vu des derniers dividendes réservés aux actionnaires, il est clair que les raisons invoquées pour les suppressions d’emplois à venir ne sont que mensonges. Et puis il faut cesser cette novlangue qui voudrait faire passer pour des « plans sociaux » ce qui n’est que licenciements économiques, doublés ici de licenciements boursiers. Tant qu’une loi (pourtant déjà prête) ne viendra pas les sanctionner sévèrement, on ne voit pas comment le redressement pourrait être productif. Et si l’on tient à ce qu’il le soit un jour, de préférence proche, il est temps de lancer le débat sur la nationalisation ou la renationalisation de ce qui a été confisqué au nom de politiques économiques qui ont maintenant montré leurs limites. Aucun patron, nulle part sur la planète, n’est irremplaçable, à plus forte raison lorsqu’il rejoint le clan des voyous.

Voici donc quelques données selon le groupe Cac-35, dont on ne peut que se demander si elles sont arrivées entre les mains de notre ministre redresseur et pour le moment improductif Montebourg. Si oui, on peut vraiment s’inquiéter de la suite, Florange et Gandrange inclus.

« Le projet de fermeture des sites d’Aulnay sous Bois et d’Hordain, ainsi que les menaces de fermeture sur celui de La Janais à Rennes sont inacceptables et injustifiés. Qui peut sérieusement croire à la farce du recul d’activité due à la faiblesse du marché alors que la baisse globale des ventes résulte essentiellement de son retrait du marché iranien décidé par les financiers américains liés au groupe Général Motors ? Accepter ce plan « social » serait une catastrophe pour la survie du groupe, pour les sous traitants locaux et pour les ressources des collectivités locales.
La direction avance comme argument des pertes financières importantes alors que chacun sait qu’il n’en est rien et que de l’argent, il y en a et même énormément. Il s’agit uniquement d’une stratégie financière à court terme, à l’image des orientations du capitalisme qui a choisi la financiarisation plutôt que la production, et qui a mené la société toute entière à la crise mondiale la plus importante depuis 1929.
Nous affirmons d’autant plus notre solidarité pleine et entière avec les salarié(e)s de PSA que la direction et les actionnaires de cet empire industriel et financier volent, avec la complicité des gouvernements successifs depuis 30 ans, l’État français et donc les contribuables que nous sommes.

PSA, c’est aussi (et d’abord ?) une banque !

Il faut savoir que PSA Peugeot-Citroën n’est pas qu’un groupe industriel, c’est aussi un empire financier présent avec son groupe Société foncière, financière et de participations, la FFP, et sa « Banque PSA Finance », active dans une trentaine de pays dont plusieurs paradis fiscaux (Malte, Suisse, etc.). Ses activités d’assurance sont toutes concentrées à Malte où elles côtoient le recyclage de l’argent dissimulé des armateurs grecs et l’argent illégal de la mafia russe, entre autres…
Cette banque, détenue majoritairement par divers biais par la famille Peugeot, est la « pompe à fric » du groupe et le support de sa financiarisation.

Dividendes versés par Banque PSA au groupe Peugeot et à ses principaux actionnaires (en millions d’ euros)

2006

2007

2008

2009

2010

2011

30/06/2012

Dividendes versés

161

157

167

143

140

155

532

Source : rapport semestriel de Banque PSA Finances au 30/06/2012

Cela signifie qu’au moment où le groupe annonçait 8000 suppressions d’emplois, les principaux actionnaires s’empressaient de passer à la caisse tout en disant qu’ils perdaient de l’argent !

Des milliards d’euros de l’État pour spéculer !

Lorsque la crise a explosé en 2008 et 2009, le secteur automobile a appelé au secours l’État, soit disant pour garantir des prêts que le groupe avait en cours. Ce fut d’autant plus facile à obtenir que l’État, était dirigé par la bande à Sarkozy, tous amis et de la même coterie que les héritiers de la famille Peugeot. L’État n’a alors pris aucune garantie ni participation en contrepartie de son apport de plus de 3 Milliards d’€ d’argent frais.

Le groupe n’avait pas besoin de cet argent public !

Lire la suite

une réponse à la montebourde

extrait d’un article de Corinne Lepage, présidente de Cap 21, paru sur Rue 89 (voir nos liens favoris pour lire l’article intégral)

M. Montebourg, soyez logique et arrêtez de faire la promotion du nucléaire !

1

L’efficacité énergétique

Commençons par l’efficacité et la sobriété énergétique dont l’Etat parle d’autant plus qu’il les combat dans les faits. Le chauffage électrique continue à être favorisé alors qu’il est l’ennemi de l’efficacité pour la bonne et simple raison qu’il est indispensable à la vente de la production d’électricité de base.

Dans ces conditions, les objectifs d’isolation et de très basse consommation ne peuvent être tenus. De plus, le bas coût relatif du prix de l’électricité n’encourage pas à l’économie d’énergie.

La logique voudrait donc que soit abandonné le chauffage électrique de bâtiments, ce qui n’apparaît pas vraiment à l’ordre du jour… De la même manière, le prix de l’électricité devrait être revisité de manière à ce que les besoins de base puissent être satisfaits à des tarifs très faibles, qui augmenteraient en fonction de l’importance de la consommation. Sauf qu’une telle politique est impossible dans un pays qui a dopé et continue à doper le chauffage électrique.

Or, la base de la troisième révolution industrielle et de la ville durable s’appuie sur des habitats a minima peu consommateurs d’énergie, puis producteur, voire exportateurs de l’énergie produite.

2

Les compteurs intelligents

Continuons avec les réseaux. Les « smarts grids » sont à la mode… sauf que les seuls compteurs aujourd’hui proposés aux Français, à savoir le compteur Linky, sont une escroquerie dans la mesure où leur objectif n’est pas du tout de réduire la consommation énergétique des usagers mais de faciliter la gestion de pointe d’EDF.

De plus, ces compteurs, qui devaient être pris en charge par EDF à l’origine, seront en réalité payés par les usagers. Les compteurs intelligents reliés à des réseaux qui le sont également ne sont pas pour demain en France. En effet, ils nécessitent des investissements très importants qui ne sont pas programmés et surtout ne sont pas souhaités car ils s’inscrivent dans la décentralisation énergétique que l’Etat jacobin rejette.

3

Le nucléaire ou les renouvelables

Poursuivons avec la source de la production électrique. Même si le président Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50% d’ici 2025, à l’horizon 2017, il n’y a en réalité aucun changement d’orientation. En effet, la fermeture de Fessenheim promise par le Président apparaît davantage comme un symbole fort que comme un changement d’orientation.

L’abandon de Plogoff n’a-t-il pas été la contrepartie de la réalisation de la totalité du programme nucléaire prévu en 1973 ? Il en est d’autant plus ainsi que la poursuite d’Astrid démontre à l’évidence la volonté du gouvernement de s’engager dans la voie du quatrième générateur et donc de continuer le programme nucléaire, cependant que la poursuite de Flamanville lance l’EPR en France alors même qu’un seul EPR n’a aucun sens sur le plan industriel et économique.

Dès lors, même si le gouvernement semble vouloir se montrer plus favorable aux énergies renouvelables, il reste largement improbable que l’engagement de la France de produire 23% de son énergie à partir des renouvelables en 2020 puisse être tenu.

Dans le même temps, l’Allemagne vise 40% avec le développement industriel y afférent. Or, la troisième révolution industrielle repose sur l’envol de l’industrie des renouvelables et le stockage de l’électricité notamment produite de manière intermittente.

4

Et les gaz de schiste ?

Finissons ce rapide panorama avec les énergies productrices de gaz à effet de serre. Le fait que la question des gaz de schiste, malgré les engagements courageux de madame Batho, reste ouverte après les déclarations du ministre Montebourg est symptomatique d’une croyance dans une croissance fondée sur les gaz de schiste comme dans le modèle américain. Il est évident que cette orientation tourne le dos à la troisième révolution industrielle qui permet de sortir de la dépendance pétrolière comme de la dépendance nucléaire.

Alors, monsieur le ministre, chiche pour la troisième révolution industrielle ! Mais dans la vraie vie. Pas dans l’incantation. Dans la cohérence. Pas dans les choix contreproductifs.

En passant par la Bourgogne avec Amazon

Heureux Bourguignons ! Le géant américain Amazon va créer mille emplois à Chalon sur Saône. Aubaine pour de futurs non-chômeurs, qui la doivent sans doute au ministre du redressement productif, qui est également président du Conseil général de Saône-et-Loire, et donc Arnaud Montebourg.

1000 emplois ! Impossible de rater l’événement puisqu’un TGV entier de journalistes a fait le déplacement et que même France 2 s’est fendue de l’info au 20 heures. Tout ça pour savoir quoi ? Par exemple si on veut savoir si ces emplois correspondent à mille CDI… euh… Faut pas déconner, quand même ! Et les subventions publiques, y a des subventions publiques, hein ? Ben…euh… faut voir. A quelle hauteur est la participation de l’impôt national pour chacun de ces emplois ? Faut voir, on vous dit ! Bon, bon, vous fâchez pas, Arnaud. Juste une dernière question, alors. Pourquoi le siège social d’Amazon Europe est-il installé au Luxembourg ? Y aurait pas un peu de fiscalité arrangeante là-dedans ? Allez, dégagez, vous m’emmerdez avec vos questions.

Voyage avec Samsonite

Arnaud Montebourg condamné pour diffamation… Vous le saurez : vous pouvez traiter votre patron d’incapable ou de voyou mais pas d’escroc. La justice a estimé qu’en l’occurrence le mot était diffamatoire. Les mots peuvent-ils avoir autant de différence de sens selon qu’ils sont prononcés dans un prétoire ou ailleurs ?

Petit coup d’œil sur un dictionnaire. Escroquer : s’approprier, tirer quelque chose de quelqu’un par fourberie, par manœuvres frauduleuses. V. extorquer, soustraire, voler, dérober, s’emparer, tromper…

Il se peut que les gens de Sea-France mis en cause par Montebourg n’aient eu aucune de ces intentions. Mais qu’en sait-on vraiment avant expertise approfondie lorsque les entreprises affichent si peu de transparence dans leurs plans d’austérité et de licenciements ? Dès lors que l’on veut bien gratter par delà le vernis, quel patron voyou n’est-il pas, de fait, un escroc ?

Voici par exemple, résumée, l’affaire Samsonite que Jean-Luc Mélenchon découvre dans la circonscription du Pas-de-Calais où il est candidat. Le 16 mai dernier, en soutien aux ex-salariés venus en nombre au TGI de Paris, il assistait au procès des repreneurs de l’usine Samsonite de Hénin-Beaumont. Les lignes qui suivent sont reproduites telles quelles depuis son blog, claires et édifiantes sur ces mécanismes capitalistes qui peuvent pourrir l’économie d’une région en n’importe quel point du globe.

« (…) Voilà maintenant plus de cinq ans que les salariés de cette usine ont entamé une bataille judiciaire contre leur ex-employeur. Il en faut du courage pour tenir bon tant de temps ! Et face à quel monstre ! Derrière la marque Samsonite se cache un fonds de pension américainBain Capital – créé par Mitt Romney, le futur candidat républicain à la maison blanche. Cette histoire est celle d’une faillite frauduleuse organisée pour économiser les couts de licenciements et présenter un bon cours de l’action avant la revente juteuse de l’entreprise. Voyez ça. En 2005, l’entreprise américaine Samsonite, florissante, cède son usine de Hénin-Beaumont au repreneur « Energy Plast ». L’usine est alors censée se reconvertir pour fabriquer des panneaux solaires. Personne n’a jamais vu ce plan de production. La comédie a été parfaitement jouée. Seuls quelques syndicalistes avaient flairé un coup tordu. Et de fait, aucune production ne sortira de l’usine ! Jamais un seul panneau solaire n’a été produit ni même envisagé. En 2007, l’entreprise est donc liquidée. Et les 205 salariés sont licenciés. Mais ceux-là ne se laissent pas faire ! Ils crient à la faillite frauduleusement organisée ! Ils entament leur combat judiciaire. En 2009, la justice leur donne raison sur toute la ligne par trois jugements. Le premier annule la vente de l’usine par Samsonite au repreneur, comme frauduleuse. Le second jugement condamne Samsonite à payer les salaires dus jusque-là aux salariés qui n’auraient pas dû être licenciés. Un troisième jugement, pénal celui-là, condamne à de la prison ferme les trois repreneurs de l’usine pour avoir sciemment provoqué la faillite de l’entreprise et détourné 2,5 millions d’euros. C’est alors le procureur lui-même qui utilisera l’expression de « patrons voyous » pour qualifier les responsables de ce désastre. Ayant fait appel de cette condamnation pénale, ces derniers sont donc jugés une nouvelle fois. A cette occasion l’avocat des travailleurs a voulu élargir l’affaire pour qu’elle aille au fond du dossier. Il a souhaité un complément d’enquête pour faire connaitre la responsabilité du fond de pension propriétaire de Samsonite dans cette manœuvre. Les ex-salariés de Samsonite comptent bien faire condamner directement le fonds de pension américain Bain Capital pour avoir utilisé un repreneur bidon pour se débarrasser d’une usine. En effet aux États-Unis ce fonds fait l’objet d’un nombre record de procédures pour ce même type de pratique ! Courageuse et déterminée, la syndicaliste qui mène le combat déclare : « j’irai jusqu’aux états unis s’il le faut pour que justice nous soit rendue ! »

Alors si ces messieurs de la justice voulaient bien revisiter leur vocabulaire… Par n’importe quel biais qu’on le prenne, un patron voyou est forcément aussi un escroc.

Communiqué du courant Montebourg

Communiqué :

La désignation des candidats pour les élections législatives s’est faite, dans l’Hérault à huis clos entre élus locaux partisans de Hollande et d’Aubry. Aucun représentant du courant

Montebourg n’a été invité à ces tractations pas plus que la commission dite de la tutelle n’a jugé bon d’en intégrer au moins un depuis les Primaires. Aucun n’a été retenu pour représenter les socialistes aux élections législatives.

Ce résultat inacceptable appelle les remarques suivantes :

◊ Cette décision est la négation totale des résultats des primaires citoyennes dans l’Hérault. Sachant qu’une circonscription est réservée à l’accord Verts-PS, il reste 8 circonscriptions pour les candidats socialistes. Avec 40 % des voix de Hollande et 8, 5% des voix de Royal, ces courants obtiennent 4 candidats sur 8. Avec 25 % des voix de Aubry ce courant obtient 4 candidats. Les courants Montebourg (19 % des voix) et Vals (7 %) sont totalement privés de représentants. Deux circonscriptions auront des femmes candidates alors que les textes votés par le PS auraient voulu qu’il y en ait quatre.

◊ Les militants partisans de Montebourg sont les bienvenus quand il s’agit de mener à bien une rénovation problématique au niveau national et local, mais ils n’ont pas leur place dans la recomposition du parti surtout quand vient l’heure des élections. Tout se passe comme si les appareils et les caciques se vengeaient de Primaires qu’ils n’auraient jamais vraiment acceptées. Exclure 27% de cet électorat en est le remarquable résultat.

◊ Les représentants du courant Aubry auront du mal à nous faire croire que c’est le courant Hollande qui est seul responsable. Et vice-versa. Merci à tous. Qu’on ne compte pas sur nous pour cautionner, sur un champ de ruines démocratique les diverses procédures de réconciliation d’une Fédération en crise. Le mouvement lancé par Arnaud Montebourg s’est constitué avec succès ce 29 novembre dans l’Hérault. Il continuera le combat de la rénovation du socialisme et de la politique autrement.

A Montpellier, le 30 novembre 2011

Le coordinateur du Mouvement chargé des relations avec le Parti socialiste,

Michel Calvo