« Podemos » et la machine à perdre ?

Par Jean Ortiz.

Podemos a commencé à ouvrir une brèche dans laquelle peuvent s’engouffrer d’autres forces alternatives. Son concept de « caste », l’opposition peuple/caste (élites), sa priorité accordée à la lutte contre l’austérité et la corruption, mobilisent ou remobilisent des couches abstentionnistes, une partie de la jeunesse…

Podemos, en partie issu, mais qui diffère beaucoup, du M15 (Mouvement des Indignés, 2011), dans les premiers mois de sa naissance (début 2014), a adopté un positionnement radical, antisystème, afin de faire reculer le consensus bipartite, et parvenir au gouvernement.

pablo-iglesias_DRDepuis le printemps 2015, sous l’impulsion de son leader Pablo Iglesias, Podemos a recentré sa stratégie (Voir article «Podemos : Notre stratégie », Le Monde diplomatique, juillet 2015) pour la « modérer » afin qu’elle soit plus « rassembleuse », qu’elle occupe « la centralité » du champ politique. Podemos a donc mis de l’eau dans son vin, évacué des problèmes centraux, par trop « radicaux », et qui, selon lui, ne sont pas des priorités et divisent les Espagnols :
un processus constituant
la forme de l’État : République (fédérale ? confédérale ?), ou monarchie ?
la renégociation de la dette
les bases militaires nord-américaines en Espagne
la laïcisation
le féminisme, etc. Lire la suite

Podemos et la potion magique

Discours de Pablo Iglesias à Lisbonne

Une vidéo peu connue. C’était le 21 novembre dernier à Lisbonne. Des représentants des formations Podemos (Espagne), Syriza (Grèce), Sinn Féin (Irlande) prenaient la parole à l’occasion de l’évènement organisé par le Bloco de Esquerda (Portugal). Ces partis forment avec d’autres formations de la gauche européenne le groupe parlementaire GUE/NGL au parlement européen http://www.guengl.eu

 

Bonus sémaphorien : bien que nous l’ayons déjà partagée dans ces pages, nous remettons cet extrait d’une intervention de Tommy Douglas en 1944 à laquelle Pablo Iglesias fait allusion dans son discours : l’histoire des souris qui élisent des chats. À l’approche d’élections, il est toujours bon de se souvenir de certains mécanismes, surtout ceux qu’il faut combattre.

 

Demain est à nous !

Discours prononcé par Pablo Iglesias Turrion, candidat de la GUE à la présidence du Parlement européen le 1er juillet 2014

C’est un honneur pour moi que de m’adresser à vous pour présenter ma candidature à la présidence de cette chambre. Ce Parlement est appelé à représenter la souveraineté de l’Europe et nous nous devons d’être à la hauteur de ce que cela signifie aujourd’hui.

Le rêve de l’Europe a été enseveli plusieurs fois mais a toujours su renaître. C’est ainsi qu’il y a presque 70 ans, l’Europe s’éveilla à nouveau à travers la résistance de ses peuples contre le fascisme, par les survivants des camps d’extermination où ils donnèrent leur vie pour la justice et la liberté. Des milliers de mes compatriotes, qui s’étaient battus en défense de la démocratie en Espagne, ont participé à cette lutte et à ce rêve de justice. Vous ne pouvez pas imaginer la fierté que je ressens en tant qu’Espagnol du fait que les premiers tanks qui entrèrent pour libérer Paris aient été conduits par des combattants espagnols. Aujourd’hui, alors que l’intolérance et la xénophobie nous menacent à nouveau, je veux revendiquer la mémoire européenne de l’antifascisme et celle de tous les peuples amoureux de liberté et de démocratie.

Mesdames et Messieurs, ce que notre continent et notre Histoire ont de meilleur s’est forgé dans les révolutions qui ont rendu le peuple sujet de droits, au-dessus des rois, des dieux, des nobles et des grands propriétaires. Le meilleur patrimoine que possède l’Europe est la volonté de ses citoyens d’être libres et de ne servir personne. N’être le serviteur de personne, c’est cela la démocratie. Lire la suite