Balayer la mousse

Une rentrée avec un François Delapierre plutôt en forme. Comme on aime.

Lundi 1 Septembre 2014

Il y a la mousse, pour nourrir « l’actu ». Elle se diffuse dans les travées de l’université d’été du PS à La Rochelle. Une ministre est ovationnée : solidaire des « frondeurs », elle a gardé son poste. Les remerciés miment la profondeur de la cicatrice. Faut-il rappeler que Hamon et Montebourg aidèrent leur bourreau à monter sur le trône par une nuit de putsch anti-Ayrault ? Pour quoi faire ? C’était hier, ça ne compte plus. Manuel Valls parvient à se faire applaudir. Il lui suffit de vanter le contraire de ce qu’il fait. Rarement théâtre d’ombres n’a été aussi visiblement déconnecté de toute réalité. Enfin, le vote du budget permettra rapidement d’en juger !

Car il y a aussi le dur. Remarquez qu’on en parle moins. Cette fin de semaine se tenait notamment un sommet de la zone euro. Il y avait là de vrais chefs, en tout cas Merkel. Les conclusions du sommet sont imparables : on continue. Finie la comédie jouée devant les « opinions nationales ». Adieu le bras de fer censé décider de l’identité conservatrice ou social-démocrate des porte-parole des institutions européennes. Le huis-clos a évité à François Hollande l’effort d’un mouvement de sourcil quand a été choisi pour présider le Conseil l’ultra libéral atlantiste Donald Tusk, actuel premier ministre polonais. A l’unanimité s’il vous plaît ! L’italien, la vedette du sommet des sociaux-démocrates, a tu ses critiques à propos du pacte de stabilité : il voulait assurer la nomination de sa ministre au poste de responsable européenne des affaires étrangères. Quand à Hollande, il surveillait sans doute son dû. Petit score mais grand pays, il empoche le commissaire aux affaires économiques. En tout cas il peut le prétendre. Quelle différence ? Car les orientations sont inchangées. Ce sont les mêmes traités et les mêmes recettes qui fixent le cadre malgré leur échec cinglant. Les conclusions du sommet sont là pour les ressasser.

Remarquez, à côté du dur, la mousse joue un grand rôle. Elle est là pour colmater les failles où peuvent s’insinuer les interventions les moins opportunes. Dans l’édifice néolibéral européen, celle dont il faut par-dessus tout se prémunir, c’est l’intervention du peuple, d’où le cauchemar du referendum ou la flétrissure du terme « populisme ». Il faut donc fournir aux citoyens les jeux de rôle qui les maintiennent enfermés dans les murs du système. La mousse y pourvoit. A moins qu’elle n’y parvienne plus. Ce fut récemment le cas en Espagne avec le surgissement du mouvement Podemos, espace politique nouveau, portés par des médias alternatifs. Bref un fruit des failles… Comme celle béante, que révèle l’abstention dans notre pays, que l’on peut voir comme un trou noir ou au contraire comme le berceau de notre renouveau politique.

En tout cas le choix de ce bulletin sera clair : éclairer les failles… et balayer la mousse. Dans quelques semaines des choix décisifs seront faits pour le pays. Nouveau budget, projet de loi de financement de la Sécurité sociale, révision des seuils sociaux, loi de transition énergétique mobiliseront notre attention. De même que nos initiatives pour faire éclater le cadre vermoulu de la Cinquième République et faire éclore la pousse irrésistible de la Sixième. Car pour nous cette faille est avant tout une chance à ne pas manquer d’entrer dans une nouvelle ère.

 

BDS, on continue !

Relancer les négociations pour la paix et l’indépendance de la Palestine

On apprend (Le Monde_1er septembre) que les États-Unis ont exhorté Israël à annuler sa décision de s’approprier 400 hectares de terres en Cisjordanie, à Gva’ot, dans les environs de Bethléem. C’est bien mais loin d’être suffisant, et ce n’est pas le moment de lâcher. Dans ce sens, que nous rejoignons volontiers, le Parti de Gauche a annoncé sa solidarité avec la campagne de boycott BDS. (voir nos articles ici, ici, ici et ).

Un nouvel accord de cessez-le-feu permanent est intervenu à Gaza. Le bilan du conflit – le troisième survenu entre Israël et le Hamas en six ans- est effroyable pour la population de Gaza déjà soumise depuis 2009 à un impitoyable blocus : 2143 morts, dont la moitié sont des femmes et des enfants, près de 15000 blessés, 40000 logements endommagés dont la moitié totalement détruits (1), plus de 400000 déplacés sur une population de 1,8 millions d’habitants dans ce territoire surpeuplé. Du côté israélien, 64 militaires de la force d’intervention israélienne ont été tués, ainsi que quatre civils dont un enfant.

Ces chiffres reflètent le déséquilibre absolu des forces en présence. Nous avons assisté au massacre d’une population civile sans défense, et à des crimes de guerre, qui appellent la ferme condamnation des instances internationales et des sanctions.

Au final, une nouvelle fois la démonstration a été faite qu’il n’existe pas de solution militaire à la question palestinienne.

Le Parti de Gauche appelle donc à donner une impulsion nouvelle à la campagne « Boycott-Désinvestissement-Sanctions » à travers le monde et d’abord en Europe, qui doit peser sur Israël pour obtenir :

  • la levée totale du blocus de Gaza
  • la reprise de négociations sérieuses aboutissant à la création d’un État palestinien indépendant et souverain vivant en paix à côté d’Israël
  • – la reconnaissance du droit au retour de tous les Palestiniens

(1)  Voir la visite virtuelle des quartiers de Gaza les plus touchés que nous avions proposé ici.

Remue-méninges en cours…

mis à jour mercredi 27 août

C’est l’heure des universités d’été et autres remue-méninges des partis. L’occasion de donner des nouvelles de ceux qui se bougent pour autre chose que des strapontins et des portefeuilles. (Discours de JL Mélenchon pour le Parti de Gauche, suivi d’une interview d’Eva Joly pour EE-LV, suivi de Pierre Larrouturou pour Nouvelle Donne)

Discours de clôture du Remue-Méninges 2014


« 2017 sera une insurrection ! » – J-L Mélenchon… par lepartidegauche

extrait de l’interview publiée dans le Dauphiné Libéré le jeudi 21 août 2014

Le Dauphiné – Le Front de gauche est-il mort ?

« Le Front de gauche a été un acteur majeur de la dernière présidentielle, donc un tel acquis ne doit pas être dilapidé. Mais le Front de gauche souffre actuellement de n’être qu’un cartel, sans participation populaire. Vous savez, le système actuel n’a pas peur de la gauche, mais il a peur du peuple. Le Front de gauche doit cesser ses palabres entre dirigeants et se tourner vraiment vers le peuple, et le fédérer. Il y arrivera sur des perspectives fortes de rupture avec le système. Il faut trouver les moyens d’en finir avec la monarchie républicaine. Il faut mettre en route la VIe République et la Constituante, cette assemblée dont le travail sera de réorganiser tous les pouvoirs, avec le peuple. »

Le Dauphiné – Un exemple d’action de cette Constituante ?

« Donner aux électeurs la possibilité d’un référendum révocatoire qui leur permettrait de décider si tel ou tel élu peut rester en place. Cela existe au Venezuela ou aux États-Unis. En France, ce serait une vraie bombe contre le système actuel. Et la politique en serait changée du tout au tout.

Le Dauphiné – Il y a quelque temps, vous tendiez la main aux écologistes en citant l’exemple des municipales à Grenoble.

« Ce qui s’est passé à Grenoble est une anticipation qui me fait rêver. L’anticipation d’une gauche sortie des clous de la traditionnelle alliance avec le PS, d’une gauche inventive, d’une gauche fière d’innover et de proposer autre chose. On ne doit pas voir ce qui s’est passé à Grenoble comme une simple péripétie locale. C’est un sentiment qui monte au sein des militants écologistes, je crois. »

La primaire de l’espoir, l’autre primaire de la gauche

Eva JOLY députée européenne Europe Écologie et Julien BAYOU conseiller régional Île-de-France EE-LV 22 août 2014 à 07:42

Et si au lieu d’être obsédés par le socialisme gouvernemental, nous tentions d’ouvrir un autre chemin pour 2017 ? Selon Eva Joly, ancienne candidate à l’élection présidentielle et Julien Bayou, conseiller régional Île-de-France, une alliance politique est nécessaire pour trouver les voies de la confiance populaire.

Mettons les pieds dans le plat. Le progrès écologique et social est en panne. Si la politique conduite par le gouvernement est à ce point éloignée des aspirations de millions d’électeurs écologistes et de gauche, ce n’est pas par hasard. Cette situation est le fruit de la faiblesse et de la division des forces qui réclament une autre politique. Certes, la détermination de François Hollande et de Manuel Valls est grande. Mais elle n’explique pas tout. Le plus déterminant à nos yeux, c’est la responsabilité de celles et ceux qui, réclamant une autre politique, sont incapables de peser politiquement sur le cours des choses. Revenons sur la période écoulée. Deux stratégies étaient possibles : la participation pour faire bouger les choses de l’intérieur (celle que EE-LV a menée en vain), la critique de l’extérieur (celle notamment du Front de gauche). L’une et l’autre ont montré leur limite, échouant à peser réellement sur le quinquennat. Pourtant celles et ceux qui veulent une autre politique ne sont pas condamnés à être minoritaires

En 2017, une candidature pour l’emporter

La vérité, c’est que les forces qui réclament une autre politique sont sidérées par le Parti socialiste. Soient elles s’y rallient, soient elles le fustigent, mais toujours elles en font le centre de leur stratégie politique. Et si au lieu d’être obsédés par le socialisme gouvernemental, nous tentions d’ouvrir un autre chemin pour 2017 ? Lire la suite