Le hameau des Buis, éco-village

Au Hameau des Buis, au cœur de l’Ardèche, se joue depuis dix ans une aventure humaine peu ordinaire. Autour d’une école à la pédagogie innovante s’est construit un écovillage, rassemblant ceux qui veulent vivre différemment, en conjuguant acquis de la modernité et sobriété écologique.

C’est un village qui s’est construit à l’envers. L’école bien avant les premières maisons. Les enfants y ont précédé les habitants. Autant dire que ce hameau, perché sur une colline rocailleuse de l’Ardèche, à équidistance entre Aubenas et Alès (Gard), est loin d’être ordinaire. L’école d’abord, ou plutôt « La ferme des enfants ». Elle est ouverte en 1999 par Sophie Rabhi-Bouquet, fille de l’écologiste Pierre Rabhi.

En 2007, la première famille emménage. Et découvre ce qu’est une maison bioclimatique : nul besoin, ou presque, de chauffage en hiver ni de climatisation en été. L’orientation des baies vitrées, l’isolation thermique et phonique, la superposition de pierres et des vitres, aidée par l’ombre de la végétation en été, leur permet « de se défendre toute seule ». Résultat, selon Laurent Bouquet : les habitations consomment en énergie (électricité, chauffage au bois…) moins de 40 kwh/m2, soit quatre fois moins que la consommation moyenne [1] ! Une économie d’argent pour les résidents, une économie de CO2 pour l’atmosphère, une économie énergétique pour le pays.

Article et vidéo ici : http://www.bastamag.net/article3343.html

autres articles de Sémaphores liés :

Des cultures et des villes

Marinaleda, un village en Utopie

Des guerilleros verts au colibri (r)évolutionnaire

Y-a-t-il une vie avant la mort ?

Sandrine Bélier, Allain Bougrain-Dubourg, Cécile Duflot et Pierre Rabhi aux Journées d’été des Verts/Europe Écologie de Nîmes en 2009

De la maternelle à l’Université on est enfermé, on appelle ça un bahut, tout le monde travaille dans des boites, des petites, des grandes boites, pour aller s’amuser on va aussi en boite, on y va avec sa caisse, et puis vous avez la dernière boite où on stocke les vieux, en attendant la dernière boite que je vous laisse deviner. Voilà pourquoi je me pose la question  » Existe-t-il une vie avant la mort ? »

Cet enfermement, qu’il n’hésite pas à qualifier d’incarcération, ne pouvait qu’interroger très tôt l’homme du désert qu’est Pierre Rabhi. Qui ne le connaîtrait pas encore découvrira le résumé de sa biographie qu’il en fait lui-même en début de cette vidéo que nous proposons. Elle fut enregistrée à Paris, dans le cadre de Ted-x, en janvier 2011, et dure donc les 18 minutes habituelles.

D’autres se souviendront qu’il fut poussé par son entourage à se présenter aux élections présidentielles de 2002, du moins pour une pré-campagne où il n’obtint que 184 parrainages d’élus, ce qui donna naissance au Mouvement Appel pour une insurrection des consciences (MAPIC). On ne s’étonnera pas qu’il ait fait partie du comité éditorial du mensuel La Décroissance et soit vice- président de l’association Kokopelli qui œuvre pour la protection des semences et la biodiversité. Mais là ne serait qu’une infime part de ses réalisations en divers endroits du globe depuis 1978, et ne montrerait qu’une facette de ce personnage en qui nombreux s’accordent à voir « un exemple vivant ». (voir la page qui lui est consacrée sur Wikipedia)

Le site Arrêt sur Image a profité de l’été 2012 pour lui consacrer une émission à domicile (c’est réservé aux abonnés mais des extraits sont déjà disponibles sur la Toile) et ce sera notre troisième volet sémaphorien consacré à ces « Voix alternatives ».

« Les alternatives ? Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer au solaire… et exploiter votre prochain, ce n’est pas incompatible, ce ne sont pas des alternatives. » dit encore Pierre Rabhi avant de conclure que si nous ne plaçons pas d’urgence l’humain et la nature au centre de nos actions, alors « il y a de fortes chances pour que notre espèce ne soit qu’un accident ».