« Podemos » et la machine à perdre ?

Par Jean Ortiz.

Podemos a commencé à ouvrir une brèche dans laquelle peuvent s’engouffrer d’autres forces alternatives. Son concept de « caste », l’opposition peuple/caste (élites), sa priorité accordée à la lutte contre l’austérité et la corruption, mobilisent ou remobilisent des couches abstentionnistes, une partie de la jeunesse…

Podemos, en partie issu, mais qui diffère beaucoup, du M15 (Mouvement des Indignés, 2011), dans les premiers mois de sa naissance (début 2014), a adopté un positionnement radical, antisystème, afin de faire reculer le consensus bipartite, et parvenir au gouvernement.

pablo-iglesias_DRDepuis le printemps 2015, sous l’impulsion de son leader Pablo Iglesias, Podemos a recentré sa stratégie (Voir article «Podemos : Notre stratégie », Le Monde diplomatique, juillet 2015) pour la « modérer » afin qu’elle soit plus « rassembleuse », qu’elle occupe « la centralité » du champ politique. Podemos a donc mis de l’eau dans son vin, évacué des problèmes centraux, par trop « radicaux », et qui, selon lui, ne sont pas des priorités et divisent les Espagnols :
un processus constituant
la forme de l’État : République (fédérale ? confédérale ?), ou monarchie ?
la renégociation de la dette
les bases militaires nord-américaines en Espagne
la laïcisation
le féminisme, etc. Lire la suite

Avec le peuple grec

OXI, NON, NO, NEIN, NIET, NIB, WALOU

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Grèce : la presse française a des trous de mémoire

30 juin 2015 | Par Hubert Huertas

On retrouve en 2015 le clivage passionnel engendré par le référendum de 2005 sur le traité européen. D’un côté les experts, ceux qui sont sûrs de leur savoir, et de l’autre les « menteurs », les « imbéciles », ou les « irresponsables », qui soutiennent Alexis Tsipras et son appel au peuple. Pourtant, à lire la presse de cette semaine particulière, les procureurs ont des problèmes de mémoire.
Sur France Inter, ce mardi matin, Bruno Le Maire était catégorique : « Alexis Tsipras a menti au peuple grec. » Il faut dire que la tonalité de la presse pouvait lui donner des ailes.
Dans Le Monde, le référendum était qualifié de « défausse », de « faiblesse » et de « chantage » : « La seule voie est que M. Tsipras donne enfin aux créanciers européens les gages d’une volonté réelle d’engager la modernisation de l’État. » Dans Les Échos, on pouvait lire que « si les Grecs répondent non, ce sera comme un refus à l’offre de la zone euro ». Dans L’Opinion, Nicolas Beytout, ulcéré, souhaite que « les Grecs votent « non » et qu’ils donnent le moyen aux Européens de se débarrasser de ce fardeau impossible ». Pour L’Alsace, le premier ministre grec « a confondu une demande d’aide avec une extorsion de fonds ». Dans Le Figaro, « l’appel au peuple » est analysé comme « un leurre, un mouvement d’esquive qui cache le vide sidéral de son projet politique ».
Bigre ! Diantre ! Fichtre ! Tous les jurons chantés par Brassens pourraient y passer. Alexis Tsipras serait un menteur, un crétin, un lâche, un voleur…

Ce qui frappe, si l’on s’en tient à cette rafale d’après l’annonce du référendum, c’est sa vigueur définitive. La certitude absolue dans la distribution des rôles. D’un côté les instances européennes, jointes aux fameux « créanciers », qui laisseraient la porte ouverte et seraient chagrins que leurs offres généreuses soient méprisées, et de l’autre un aventurier, quasiment un braqueur, qui claque la porte au nez de ses interlocuteurs.
Et ce qui frappe encore plus, c’est de consulter la presse de la semaine dernière. Sept jours ce n’est pas long, mais c’est assez pour changer du tout au tout.

Ainsi, lundi 23 juin, sous la plume de Jean Quatremer, Tsipras était un homme sérieux. Humilié, politiquement ridicule sur les bords, mais finalement raisonnable : « Athènes a rempli 90 % des demandes », titrait Libération, en notant que la Grèce « a dû se résoudre à proposer de tailler dans ses dépenses et d’augmenter ses impôts ». « L’accord devrait être conclu », annonçait le journal, en soulignant que les dix-neuf chefs d’État parlaient de « bonne base ». Les Échos confirmaient l’analyse : « Tsipras s’est résigné à faire des propositions plus réalistes portant sur huit milliards d’économie en deux ans. »
Donc Athènes n’était pas dans la surenchère…

Le jeudi 26, changement de ton. Soudain, le ministre finlandais Alexander Stubb ne voyait plus rien à l’horizon : « Nous n’avons pas vu de propositions concrètes. » Bigre… En trois jours Tsipras venait de passer de 90 % de chemin accompli à 0 % d’effort. Que s’était-il passé ? On achoppait d’une part sur la question de la dette, mais, comme le pointaient Les Échos en sous-titre et en gros caractère, dans un article du jeudi 25 juin intitulé « La tension jusqu’au bout » : « Les nouvelles demandes du FMI ont compliqué l’obtention d’un accord. »
Il s’avérait le vendredi qu’en dépit de cinq mois de négociations et de multiples concessions de la part de la Grèce de Syriza, concessions enregistrées et reconnues par les instances européennes, le débat n’avançait pas et s’enferrait dans une dimension non plus économique mais purement politique. Il s’agissait de « corneriser » le mauvais exemple grec, en faisant manger son chapeau au premier ministre élu en janvier.

La réponse de Tsipras, plus habile que ne l’imaginaient sans doute ses « partenaires » européens, a été encore plus politique. Son référendum a rebattu les cartes. Il était assiégé, c’était à prendre ou à laisser, il devait rendre les armes et signer un accord comme un bourgeois de Calais, la corde au cou, et voilà qu’il a demandé à son peuple s’il voulait avaler la couleuvre.

Sur quoi sa relance débouchera-t-elle ? Nul ne le sait, mais cette manière de renverser la table pour tenter d’y siéger à nouveau ramène la politique au cœur d’une Europe qui se prétendait technique. Il y a du Jules César dans cette façon de franchir le Rubicon (Alea jacta est) ou du De Gaulle, si minuscule face aux puissances en 1940.

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Lire ci-après les communiqués de Syriza Paris et de Podemos Lire la suite

Podemos et la potion magique

Discours de Pablo Iglesias à Lisbonne

Une vidéo peu connue. C’était le 21 novembre dernier à Lisbonne. Des représentants des formations Podemos (Espagne), Syriza (Grèce), Sinn Féin (Irlande) prenaient la parole à l’occasion de l’évènement organisé par le Bloco de Esquerda (Portugal). Ces partis forment avec d’autres formations de la gauche européenne le groupe parlementaire GUE/NGL au parlement européen http://www.guengl.eu

 

Bonus sémaphorien : bien que nous l’ayons déjà partagée dans ces pages, nous remettons cet extrait d’une intervention de Tommy Douglas en 1944 à laquelle Pablo Iglesias fait allusion dans son discours : l’histoire des souris qui élisent des chats. À l’approche d’élections, il est toujours bon de se souvenir de certains mécanismes, surtout ceux qu’il faut combattre.

 

des nouvelles de Grèce, d’Espagne et de la 6ème

 

Chers partisans de la 6e République,

À Athènes dans les urnes le 25 janvier et à Madrid dans la rue le 31 janvier, le peuple a fait entendre sa voix : À bas l’oligarchie ! Vive la démocratie !
À notre tour : faisons grandir notre Mouvement pour la 6e République !

Désignons une assemblée représentative de notre mouvement !

Du 20 février au 18 mars, le M6R se dote d’une assemblée représentative. C’est le moment de l’auto-organisation du mouvement qu’avaient proposée les 50 initiateurs du M6R. Pour ne rien rater du processus, suivez les actus du site et les comptes Facebook et Twitter. C’est ensemble que nous allons réussir la nouvelle étape de notre mouvement.

Pour pouvoir voter, inscrivez-vous sur « Nous le Peuple » !

Rien n’est définitif, tout se construit ensemble, rejoignez l’agora du M6R ! La moitié de l’assemblée sera élue par les signataires du mouvement. Le vote aura lieu par Internet sur la plateforme « Nous le Peuple ». C’est le moment de s’inscrire ! Les candidatures du plus grand nombre de partisans sont fondamentales : elles seront déposées sur notre réseau citoyen et organisées par région afin de respecter la représentativité géographique du mouvement. Tout le monde peut participer !

Demain est à nous !

Discours prononcé par Pablo Iglesias Turrion, candidat de la GUE à la présidence du Parlement européen le 1er juillet 2014

C’est un honneur pour moi que de m’adresser à vous pour présenter ma candidature à la présidence de cette chambre. Ce Parlement est appelé à représenter la souveraineté de l’Europe et nous nous devons d’être à la hauteur de ce que cela signifie aujourd’hui.

Le rêve de l’Europe a été enseveli plusieurs fois mais a toujours su renaître. C’est ainsi qu’il y a presque 70 ans, l’Europe s’éveilla à nouveau à travers la résistance de ses peuples contre le fascisme, par les survivants des camps d’extermination où ils donnèrent leur vie pour la justice et la liberté. Des milliers de mes compatriotes, qui s’étaient battus en défense de la démocratie en Espagne, ont participé à cette lutte et à ce rêve de justice. Vous ne pouvez pas imaginer la fierté que je ressens en tant qu’Espagnol du fait que les premiers tanks qui entrèrent pour libérer Paris aient été conduits par des combattants espagnols. Aujourd’hui, alors que l’intolérance et la xénophobie nous menacent à nouveau, je veux revendiquer la mémoire européenne de l’antifascisme et celle de tous les peuples amoureux de liberté et de démocratie.

Mesdames et Messieurs, ce que notre continent et notre Histoire ont de meilleur s’est forgé dans les révolutions qui ont rendu le peuple sujet de droits, au-dessus des rois, des dieux, des nobles et des grands propriétaires. Le meilleur patrimoine que possède l’Europe est la volonté de ses citoyens d’être libres et de ne servir personne. N’être le serviteur de personne, c’est cela la démocratie. Lire la suite