Aux urnes, citoyens !

Nous ne doutons pas que parmi les lectrices et lecteurs de Sémaphores, un certain nombre a soutenu le Front de Gauche et la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Dès lors que les résultats ont pu susciter quelques déceptions légitimes, il nous semble nécessaire d’apporter quelques précisions en regard de ce que la presse et les médias officiels ne diffusent pas toujours de manière claire. Il semblerait qu’un certain nombre d’électeurs aient en tête de manifester leur déception par une abstention ou un vote blanc. Nous disons : Attention Danger !

Ne pas être représenté au deuxième tour de l’élection ne doit pas altérer les convictions profondes de chacun. L’objectif premier était de chasser du pouvoir Nicolas Sarkozy et il doit le rester. Pas une voix ne doit manquer pour atteindre cet objectif.

A l’attention particulière de celles et ceux qui se sont retrouvés dans les propositions du Front de Gauche, voici ce que Jean-Luc Mélenchon écrit sur son blog (extraits).

« Je souhaite qu’on fasse connaître ma position dans les termes exacts que je lui donne. Je suis déterminé à militer pour convaincre le plus de monde possible de voter pour rejeter Nicolas Sarkozy en utilisant le bulletin de vote François Hollande. Ceci posé sans ambiguïté je désapprouve toute utilisation de mon nom pour m’associer à je ne sais quel rassemblement autour du candidat et du programme des socialistes. Ceux qui croient bien faire en agissant de la sorte font en réalité une terrible erreur. Il faut convaincre et non contraindre. Pour moi, il ne s’agit pas de convaincre du programme de François Hollande, ce n’est pas le nôtre. Je veux convaincre de voter pour battre Sarkozy. Cela suffit. Au deuxième tour on élimine.

Toutes celles qui ont en commun de proposer des débats de substitution à la question du partage des richesses, ou bien qui réservent à Le Pen l’exclusivité de l’expression de la colère populaire sont destinées à aveugler plutôt qu’à éclairer.

Une question qui risque de se perdre en route, si on accepte les bavardages sans fin à propos du Front National, c’est évidemment celle de la méthode pour parvenir à battre Nicolas Sarkozy. Car contrairement à ce qui pourrait se croire trop facilement, voilà qui n’est pas joué d’avance.

Pour être plus clair, je sais qu’un nombre non négligeable de nos électeurs ne sont pas prêts à voter pour François Hollande.

On nous dit que ce serait le cas de 15 à 20 % de nos votants de ce premier tour. Ce pourrait être décisif. Les gesticulations de « Libération » et des autres organes socialistes hostiles au Front de Gauche sont donc totalement contre-performantes. Je connais les raisons qu’ont tant des nôtres de refuser de donner leur voix. Ils n’ont pas l’habitude de la donner sans donner aussi leur confiance. Il n’y a rien à dire contre leur honnête sincérité. Mais je voudrais les convaincre que leur résistance prend toute sa dimension s’ils ne vivent pas le vote Hollande comme une allégeance mais comme le moyen d’une action autonome et conquérante de plus longue haleine. La nôtre. La marche vers la révolution citoyenne.

Le renversement de Sarkozy est le préalable de tout changement. »

Jean-Luc Mélenchon

Lire le texte intégral sur le blog, ainsi que l’analyse des résultats dans certaines villes : http://www.jean-luc-melenchon.fr


Jean-Luc Mélenchon – BFM TV – 24.04.12 par lepartidegauche

 

Par ailleurs c’est l’occasion de faire connaître le journal Cerise, à travers ce numéro spécial consacré au compte-rendu des élections en ce qui concerne le Front de Gauche et aux actions à venir. Vous pouvez l’ouvrir ou le télécharger en cliquant sur le lien : CerisesNumeroSpecialok

Alarme, citoyens !

Très bel édito d’Edwy Plenel en ligne depuis mardi 24 et dommage pour ceux qui ne sont pas encore abonnés à Mediapart, l’un des très rares organes d’une presse encore libre et indépendante. Ne pouvant reproduire l’intégralité de l’article, en voici néanmoins les lignes de force.

Commençons par bien noter ce titre de l’auteur « Alarme, citoyens ! », car le défi qui attend la Gauche est immense : relever la France d’une déchéance politique annoncée, en refondant une République authentiquement démocratique et sociale. Pour le patron de Mediapart, il est clair que « ce premier tour de l’élection présidentielle résonne donc comme un avertissement pour François Hollande : une victoire à la Pyrrhus le guette s’il ne prend pas suffisamment la mesure du sursaut politique qu’appelle la crise française. »

Force est de remonter à quelques trente ans en arrière, d’abord en septembre 1983 lors de la première percée municipale du Front national à Dreux, puis du premier succès aux élections européennes de 1984 où la liste de Jean-Marie Le Pen avait obtenu plus de 2 millions de voix (10,95 % des suffrages). Déjà à l’époque, des élections locales témoignaient de la renaissance de l’extrême droite française et la classe politique se rassurait à bon compte, sans doute confortée par le très petit nombre de journalistes et d’intellectuels qui osaient pointer cette logique du bouc émissaire qui, tout en prenant ses marques, marquait déjà des points.  Aujourd’hui, relève Edwy Plenel, elle a droit de cité officiel sous un pouvoir de droite – « identité nationale », « civilisation supérieure », « musulman d’apparence », « étrangers trop nombreux », etc.

Et de souligner cette exception française, ce « bonapartisme césariste qui inspire notre présidentialisme (et qui) est d’une dangerosité foncière que la gauche oublie trop souvent à force de s’être résignée à le subir dans l’espoir d’en être parfois bénéficiaire. »

« Dangereuses avant moi, elles le seront toujours après » disait François Mitterrand à propos de nos institutions comme une mise en garde à l’adresse de ses successeurs de gauche.

Par ailleurs, note encore Edwy, alors que « les engagements du Conseil national de la Résistance sont piétinés et que la Constitution républicaine elle-même est bafouée, on aurait pu s’attendre à ce que quelques voix fortes s’élèvent dans cette droite dont le bonapartisme foncier a toujours flatté l’esprit grognard. En prétendant attendre, pour se déterminer d’ici le second tour, les réponses de Nicolas Sarkozy et de François Hollande à ses interpellations, le chef du Modem est à mille lieues de la posture principielle qu’il avait affichée dans sa critique constante de la présidence sortante, et plus près du marchandage politicien. »

Quand à Jean-François Kahn, qui fit pourtant campagne pour François Bayrou, nous ne pouvons que rapporter également son appel : « Pour la première fois depuis des lustres, on entend un discours ouvertement pétainiste sortir de la bouche d’un président de la République encore en place. Quoi qu’on pense de son challenger social-démocrate, l’hésitation n’est plus possible, plus tolérable : tous les républicains, tous les démocrates qui refusent, par patriotisme, le discours de guerre civile et de lacération de notre nation commune, qu’ils se réclament de Jaurès, de Clemenceau, de De Gaulle, de Mendes France ou de Robert Schuman, doivent voter de façon à barrer la route à l’apprenti sorcier et à permettre qu’on tourne cette page ».

Car la politique ne se réduit pas à l’expertise ou à la compétence, comme l’ont trop longtemps imposé les vulgates économiques et financières afin de l’éloigner du contrôle populaire.

L’élection présidentielle est un moyen, et non pas une fin. Aucun chèque en blanc, aucun état de grâce n’attend François Hollande s’il l’emporte. Voter pour lui, utiliser massivement le bulletin de vote à son nom, est le moyen aujourd’hui à notre portée pour rendre possible l’avènement des fins démocratiques et sociales qu’exige la crise française. Et ces fins-là dépendront de nous autant que de lui : de nos exigences, de nos vigilances, de nos mobilisations.

Et Edwy Plenel de clore son édito en rappelant qu’en 1944 Albert Camus écrivait dans le journal Combat : « Élever ce pays en élevant son langage. » L’exact opposé du « Casse toi, pauv’ con », cette insulte qui résume la présidence sortante, son style et son projet.

Chiens de garde jusqu’au bout

Par Mario

Jusqu’au bout les chiens de garde auront triché. L’équité entre les candidats à l’élection présidentielle n’aura guère concerné que leur temps de parole, certes pas leur visibilité ou leur publicité par les médias.

Aux infos du matin (France Inter, au hasard) les blablas condescendants sur les derniers meetings de Bayrou et d’Hollande. Puis, vers 9 heures, revue des derniers sondages : les mêmes, plus Sarkozy, et Marine, et Poutou… tous sauf Mélenchon. Normal, en ces derniers jours de Sainte Pétoche.

Et ils ont raison d’avoir peur. Mais s’ils croient pouvoir occulter plus longtemps ce qui se passe autour de Mélenchon et du Front de Gauche c’est qu’ils n’ont pas bien saisi (ou ne veulent pas entendre) ce qui est en mouvement dans une grande partie du peuple, et pas seulement en France. C’est comme un iceberg qui se détache de la banquise Austérité. S’il est un Titanic de la finance qui veut réécrire l’histoire… qu’il s’y essaie. Ou que d’autres affrètent leurs pédalos.

En attendant, ils étaient 60 000 au meeting de fin de campagne du Front de gauche à Porte de Versailles.  22 000 internautes étaient en ligne  » en live », et deux heures plus tard près de 160 000 personnes avaient déjà visionné sur dailymotion la vidéo du meeting.

Alors, comme il n’a été retransmis sur aucune chaîne de télé (BFM a retransmis à la même heure un ancien meeting de Bayrou et LCP un vieux meeting de Hollande) et vu que les journaux télé ont tout passé sous silence, il m’a paru d’intérêt public de le proposer sur ces pages, ne serait-ce qu’au titre du combat contre la censure, « cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs » disait Hugo.


Jean-Luc Mélenchon – Discours de Paris Porte de… par lepartidegauche

 

Le plan de bataille des financi€rs

Le lancement par la société allemande Eurex d’un nouvel outil de spéculation sur la dette française sonne comme un avertissement des marchés financiers en direction des prétendants à la présidence de la République Française. Une sorte d’intimidation qui dit « vous n’avez pas le choix, nous sommes les plus forts, vous devrez vous soumettre à la loi des marchés ». Ces affameurs sans morale ont juste oublié que derrière certains candidats à l’élection se trouve une force qui s’appelle Le Peuple. A ces messieurs-dames qui n’auraient pour toute culture que celle des chiffres et du papier-monnaie, nous les invitons fraternellement à réfléchir à cette phrase de Victor Hugo :

« Rien n’arrête un mouvement dont le temps est venu ! »

Les deux vidéos ci-après ont été réalisées par Les mutins de Pangée

Grèce : « On ne doit rien ! On ne vend rien ! On ne paie rien ! »

Ce reportage d’Olivier Azam a été tourné les 28 et 29 Février 2012.

C’est au cours de la visite de la délégation solidaire de syndicalistes et militants associatifs européens en Grèce, qu’un Mutin de Pangée est allé recueillir quelques témoignages avec sa caméra, notamment sur le piquet de grève de l’aciérie Halivourgia.

« Les Mutins de Pangée » est une coopérative audiovisuelle et cinématographique de production, de distribution et d’édition. Les membres de la coopérative – réalisateurs, producteurs, reporters, techniciens, programmateurs – s’appuient sur leurs expériences communes acquises au sein de la « télévision libre » Zalea TV (1999-2007)

Découvrir et soutenir Les Mutins de Pangée : http://www.lesmutins.org/

Feuille de route de François Hollande en cas d’élection

Voici la « feuille de route » de François Hollande pour la première année de son quinquennat s’il était élu. 35 mesures réparties en trois périodes jusqu’en juin 2013.

ENTRE LE 6 MAI ET LE 29 JUIN 2012 :

  • réduction de 30% de la rémunération du chef de l’État et des membres du gouvernement
  • « charte de déontologie et publication des déclarations d’intérêts par les membres du gouvernement » et des cabinets
  • augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire (décret)
  • blocage pour 3 mois des prix des carburants (décret)
  • caution solidaire pour permettre aux jeunes d’accéder à la location (décret)
  • garantie pour l’épargne défiscalisée (livret A et livret d’épargne industrie, successeur du Livret de développement durable) d’une rémunération supérieure à l’inflation et doublement de leur plafond, pour mieux financer le logement social, développer PME et innovation
  • mémorandum « proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance pour modifier et compléter le Traité de stabilité et réorienter la construction européenne vers la croissance – dès fin mai, en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin »
  • annonce aux partenaires de l’OTAN du retrait des troupes d’Afghanistan d’ici fin 2012 (G8 à Camp David 18-19 mai, Sommet de l’OTAN à Chicago, 20-21 mai)
  • abrogation de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers
  • droit de partir en retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités (décret)
  • fixation d’un éventail de 1 à 20 des rémunérations dans les entreprises publiques (décret)
  • circulaire sur la lutte contre les « délits de faciès » lors des contrôles
  • « gel conservatoire d’une partie des dépenses » dans l’attente du rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques (publié fin juin)
  • arrêt de la RGPP et lancement du « Projet de refondation et de modernisation de l’action publique » Lire la suite

Appel international en soutien au Front de Gauche

Ils sont dirigeants de mouvements politiques ou sociaux, universitaires, écrivains, artistes. Ils sont Européens, citoyens du monde arabe, Américains du Sud et du Nord et même de Corée du Sud. Ce sont pour l’instant 165 personnalités venues de 36 pays qui, en lutte contre «les ravages sociaux et écologiques du capitalisme mondialisé», s’engagent avec cet appel international pour le succès du mouvement du Front de Gauche. Voici le texte qu’ils ont fait parvenir à Mediapart :


Nous, universitaires, intellectuels, écrivains, artistes, dirigeants de forces politiques, de syndicats, de mouvements sociaux et citoyens, sommes engagés dans la construction de fronts politiques et sociaux, démocratiques et populaires, pour combattre les ravages sociaux et écologiques du capitalisme mondialisé et ses oligarchies. Et ce, aussi bien dans nos pays respectifs qu’à l’échelle internationale.

Nous constatons que, partout, les résistances et les luttes se multiplient et s’organisent. Elles contribuent à l’émergence d’un vaste mouvement planétaire des idées ; celui qui inspire déjà, en Amérique latine, des formes de construction régionale fondées sur la solidarité et la souveraineté populaire, ainsi que des mesures gouvernementales de rupture avec le néolibéralisme.

Depuis la crise financière de 2008, l’Europe, pilier du capitalisme mondialisé et de son ordre globalitaire, est devenue l’épicentre de la crise mondiale. Ses peuples subissent de brutales politiques d’ajustement structurel en tous points semblables à celles que les pays du Sud, entre autres, ont connues dans les années 1990 et au début des années 2000.

Les acteurs sont en partie les mêmes : gouvernements conservateurs ou sociaux-démocrates et Fonds monétaire international (FMI). Se sont adjoints à ce dernier, la Commission européenne et la Banque centrale européenne pour former la sinistre et toute-puissante « troïka » qui administre désormais ses remèdes cruels aux populations.

L’histoire nous enseigne que lorsque l’Europe est prise de convulsions, c’est le monde entier qui peut vaciller. Pour l’empêcher de sombrer dans l’austérité à perpétuité, la récession généralisée et dans un projet politique autoritaire et réactionnaire, la montée en puissance, en France, du Front de gauche, aux côtés des autres forces progressistes européennes, est une bonne nouvelle, en même temps qu’une nécessité. Car la voix de la France compte dans le monde, lorsqu’elle s’inscrit dans la tradition des Lumières, de la Révolution de 1789, de la Commune, du Front populaire, de la Résistance.

Le Front de gauche incarne tout le potentiel renouvelé de cette grande tradition du socialisme historique, de l’émancipation sociale, du progrès et de la construction d’un intérêt général humain. Il prend aussi en compte l’enjeu du XXIe siècle que constitue la compréhension de l’unicité de notre écosystème et l’urgence de le préserver par une reconversion écologique à l’échelle mondiale qui tienne compte de la dette écologique que les pays industrialisés ont à l’égard des autres pays.

Grâce au Front de gauche, la France peut contribuer de manière significative à la construction d’une autre Europe et d’une autre mondialisation. C’est pourquoi l’enjeu d’y construire une autre gauche ayant tiré le bilan de l’échec et de l’écroulement du communisme d’État, en même temps que celui de la conversion de la social-démocratie à un social-libéralisme d’accompagnement et de rafistolage du système capitaliste globalisé, est crucial. Crucial pour la France et l’Europe, mais aussi pour le reste du monde.

Nous pensons que la réussite du Front de gauche et de son candidat à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012, Jean-Luc Mélenchon, peut concourir au renouveau et au renforcement d’un internationalisme de combat contre la finance mondialisée. C’est pourquoi nous souhaitons un plein succès au Front de gauche et exprimons notre solidarité avec son candidat.

Voir la liste complète des 165 premières signatures : Lire la suite

Eva Joly sur Mediapart

Comme l’avait été François Bayrou le mois dernier, Eva Joly était l’invitée de Mediapart le jeudi 23 février à 20h30, Jean-Luc Mélenchon sera l’invité le 23 mars, puis François Hollande le 13 avril.

Nous ferons un rappel pour les candidats à venir mais déjà, pour celles et ceux qui auraient raté ces émissions ou souhaiteraient les revoir, nous plaçons les deux vidéos après la balise et rappelons qu’elle sont en accès libre sur Mediapart.

voir les vidéos en intégralité

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