À la limite du subliminal…

Saviez-vous que certains panneaux publicitaires ne peuvent être vus que par vos enfants ?

L’exemple ci-après a été mis en place en Espagne par l’agence publicitaire Grey Spain pour la ANAR Fundacion qui s’occupe de la maltraitance envers les enfants. Pour le cas, c’est bien évidemment une noble cause. N’empêche qu’il y a lieu d’y réfléchir par deux fois en imaginant ce que certaines marques pourraient faire du procédé. En effet, ce nouveau type de publicité ne s’affiche pas de la même manière selon que vous êtes enfant ou adulte, même si vous la regardez tous les deux en même temps.

Si le système est déclaré « innovant », la technique qui permet ce procédé date déjà de 1940, depuis la découverte de cette « imagerie lenticulaire » qui permet de voir des images différentes selon le point de vue. Ce qui est pris en compte ici est que, à moins d’être nain(e), un adulte mesure en moyenne plus d’1,47 mètre. Si c’est votre cas, vous verrez l’affiche suivante :

Le slogan vous interpelle en disant : « Parfois, la violence faite à un enfant n’est visible que par celui qui en souffre ». Tandis que l’enfant à vos côtés découvrira le même visage mais portant cette fois des blessures et des ecchymoses, et le message devient : « Si quelqu’un te fait du mal, téléphone-nous et nous t’aiderons » suivi d’un numéro de téléphone.

quelques données sur le procédé pour ceux que ça intéresse (c’est en anglais mais l’image dit tout).

 

L’occasion de rappeler qu’en France la Fondation pour l’Enfance a repris sa campagne contre les violences faites aux enfants, car il est toujours estimé que plus de 50% des parents frappent leurs enfants avant l’âge de deux ans !

Le Dr Lazimi, qui est conseiller pour la Fondation, explique que « leur répétition (de gifles ou de fessées) entraîne une libération d’hormones de stress, peur et incompréhension » et peut « perturber le développement cérébral, l’affectivité, la relation avec les parents, entraîner des pathologies et, avec l’avancée en âge, une perte de confiance et d’estime de soi ».

Note : le gamin sur la vidéo est le propre fils du réalisateur du clip. Il n’a bien évidemment pas reçu de vraie gifle pour ce tournage, l’effet choc est dû à un traitement 3D de l’image qui a demandé 2 mois de boulot !

À part ça, 32 pays ont déjà légalement interdit les violences éducatives en direction des enfants. La France ne l’a toujours pas fait et la proposition de loi déposée en 2010 par l’ex-députée UMP Edwige Antier n’a pas donné suite… Panpan cucul, ça continue.

Dossier PUB

Plutôt sympa _et pour le moins parlante_ cette affiche 2013 d’une rentrée sans marques. L’occasion de signaler d’autres luttes qui n’ont pas souvent de micros tendus, à savoir « Casseurs de Pub » et « RAP » (Résistance à l’Agression Publicitaire).

Non à la tyrannie des marques Alors que la publicité est déjà omniprésente dans quasiment dans tous les espaces (télévision, magasine, internet, rues, transports en commun, tables de cafés,…), elle s’introduit de plus en plus dans les milieux scolaires et ce sous plusieurs formes : les enfants et les jeunes sont utilisés comme des hommes-sandwichs via les vêtements siglés qu’ils portent. Les marques continuent de cracher leur propagandes avec des fournitures scolaires et parascolaires siglées de plus en plus folklorisées. Le tout pour mieux imprégner les esprits des plus jeunes dans un imaginaire tourné vers l’idéologie et l’esclavage mental de la surconsommation.

Non aux marchands qui remplacent les enseignants. Résistance à l’agression publicitaire et Casseurs de Pub alertent depuis plusieurs années les députés au sujet de la publicité à l’école. La législation actuelle (circulaire Lang du 28 mars 2001 nommée « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ») permet en effet une marchandisation de l’école toujours plus inquiétante. Les gouvernements successifs se gardent bien, depuis plus de 10 ans, de remettre en question cette circulaire Lang. Aujourd’hui, cela devient normal au point que même les patrons du CAC 40 passent dans les écoles via cette porte ouverte pour vociférer leur propagande et éduquer (voire même dresser) les plus jeunes à leurs modes de vie et leurs normes dont les intérêts sont privés et contraires à l’intérêt général (voir plus bas un article d’Acrimed sur le « Coaching patronal au collège »). Grâce à cette circulaire et sous couvert de contenu pédagogique, les marques remplacent petit à petit l’enseignant. Pourtant, les marques religieuses ou idéologiques sont contraires aux principes de neutralité et de laïcité si elles introduisent une soumission à une autorité et à des valeurs contradictoires à celles de l’école.

R.A.P. et Casseurs de Pub appellent tous les citoyens à envoyer une lettre à leur député afin de demander le retrait de la circulaire Lang du 28 mars 2001 nommée « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ».

Un modèle de lettre est visible sur les sites internet de R.A.P. et Casseurs de Pub : www.antipub.org/ http://www.casseursdepub.org/

Résistance à l’agression Publicitaire (R.A.P.) et Casseurs de Pub

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