Le Qatar et le foot

Une fois n’est pas coutume… C’est ainsi que nous dérogerons en ce début de semaine à nos habitudes sémaphoriennes de ne pas parler de sport, ni de faire de pub. Nos lecteurs pardonneront sans doute. Et merci le Huffpost.

 

Pouvoir, argent et conférences

Pouvoir, argent et conférences : l’intenable mélange des genres de Nicolas Sarkozy

ndlr : cet article est paru le 14 décembre 2014, sous la plume d’Ellen Salvi (Mediapart). Nous rappelons que s’abonner à Mediapart ne constitue pas une dépense mais un investissement dans la presse libre et indépendante (http://www.mediapart.fr/).

Nicolas Sarkozy rentre tout juste du Qatar, où il a donné sa première conférence rémunérée depuis son élection à la tête de l’UMP. Bien décidé à conserver ses privilèges d’ancien président, le nouveau patron de l’opposition entend également garder ses bureaux de la rue de Miromesnil et les collaborateurs payés par l’État qui vont avec. Parmi eux, sa “conseillère affaires étrangères” qui gère en fait son agenda de conférencier de luxe. Entre mélange des genres et intérêts particuliers.

Est-ce que j’ai changé ? Non. J’aime toujours autant la politique. » En faisant son mea culpa le 2 décembre, face aux députés UMP, Nicolas Sarkozy n’est pas allé jusqu’au bout de sa pensée. Est-ce qu’il a changé ? Non. Il aime toujours autant la politique, le pouvoir… et l’argent. « Il ne peut pas s’en empêcher, comme écrivaient dès 2008 les journalistes Renaud Dély et Didier Hassoux dans Sarkozy et l’argent roi (éd. Calmann-Lévy). Le Président est un enfant. (…) Comme tous les enfants, il aime deux choses : le chocolat, dont il se régale dès qu’il le peut, et tout ce qui brille. Son rapport à l’argent est intime, étroit, permanent. »

Nicolas Sarkozy en conférence à Doha (Qatar), le 11 décembre 2012. © Reuters


Ses nouvelles fonctions de patron de l’opposition, la situation financière catastrophique de son parti – dont les seules dettes bancaires s’élèvent à 76,2 millions d’euros – et les nombreux obstacles qu’il doit contourner s’il veut assouvir ses ambitions pour 2017, n’y changeront rien. L’ex-chef de l’État entend bien continuer à « faire du fric », comme il le répète élégamment depuis plusieurs années. « Je fais ça (président – ndlr) pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton, 150 000 euros la conférence », confiait-il à ses proches dès 2008, quelques mois seulement après son entrée à l’Élysée.

Il ne leur avait pas menti. À peine l’épreuve du 6 mai 2012 passée, Nicolas Sarkozy a mis ses plans lucratifs à exécution. Pendant deux ans et demi, alors que sa famille politique sombrait dans l’indifférence générale – et dans la sienne en particulier –, l’ex-chef de l’État, devenu conférencier de luxe, a parcouru le monde pour discourir devant des salles acquises à sa cause. Un coup à Las Vegas, un autre à Brazzaville, un autre encore à Monaco. La plupart du temps pour le compte de ces banques qu’il aimait tant vilipender durant son mandat, mais qui ont l’avantage de payer rubis sur l’ongle. « Tu comprends, je ne veux pas que ma femme me voie comme un chômeur », se justifiait-il devant un convive, lors d’un dîner organisé à l’été 2012.

Si l’on en croit les journalistes Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel, auteurs de Ça reste entre nous, hein ? (éd. Flammarion), la vingtaine de prestations qu’il a effectuées en l’espace de dix saisons lui auraient permis d’engranger quelque 2 millions d’euros d’émoluments. À côté, les 363 615 euros de pénalités, dues aux irrégularités financières de sa campagne de 2012, qu’il vient de généreusement rembourser à l’UMP, pourraient presque passer pour une paille.

Bien avant qu’il ne l’officialise, Nicolas Sarkozy avait posé deux conditions à son retour : conserver ses privilèges d’ancien président – dont son bureau de la rue de Miromesnil et les collaborateurs payés aux frais de l’État qui vont avec – et poursuivre son cycle de conférences rémunérées. C’est donc tout naturellement que le nouveau patron de l’opposition s’était rendu à Séoul (Corée du Sud) le 14 octobre, en pleine campagne pour la présidence de l’UMP, pour prendre la parole au World Knowledge Forum. Et c’est avec autant de naturel qu’il s’est envolé le 6 décembre, soit une semaine seulement après son élection, pour Doha, où l’avait invité la Qatar National Bank. « Logé au Four Seasons non loin de Jean Todt ou de Salma Hayek, Sarkozy a profité de son séjour pour s’entretenir avec l’émir du Qatar Tamim Al Thani », a précisé Paris Match, qui a révélé l’information.

Nicolas Sarkozy et l’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al-Thani, en 2008. Ce dernier a transmis le pouvoir à son fils en 2013. © Reuters

Cette escapade qatarie mérite que l’on y prête attention. D’abord, parce que ce n’est pas la première fois – loin s’en faut – que Nicolas Sarkozy prend un avion pour Doha. Lire la suite

Brésil : un mondial immonde !

Un document à voir absolument concernant les différents problèmes posés aux Brésiliens par la Coupe du Monde. http://copaparaquem.com/fr/

Brésil 2014 : Nos vies valent plus que le Football !

Depuis plusieurs semaines des familles des bidonvilles de Rio de Janeiro et d’autres grandes villes brésiliennes se mobilisent contre les expulsions massives de leur logement pour les raisons de coupe du monde de football.
Il y a deux semaines, le réseau international « Active Generation » et la plateforme progressiste We Sign It ont lancé une campagne à la demande des familles expulsées pour mettre la pression sur les autorités de la FIFA, pour demander l’arrêt des expulsions et le relogement des familles expulsées.
Cette pétition a mobilisé 45000 personnes en moins d’une semaine.
Nous voulons intensifier cette campagne pour mettre la pression à la mafia du foot et ainsi forcer les media à s’y intéresser. Pour cela :
1)     Signez et faites signer tous vos amis pour ceux qui l’ont pas encore fait,
2)     Diffusez le lien de la pétition dans vos blogs, journaux, radios, tv,
3)     Diffusez le lien de la Pétition via tous les réseaux sociaux..
Nous demandons au maire de Rio Eduardo Paes, le gouverneur de l’Etat de Rio Luiz Fernando de Souza (Pezão) et au président de la FIFA Joseph Sepp Blatter d’arrêter cette honte.

S’il vous plaît signez et partagez.

A savoir : une autre pétition lancée sur la plateforme Avaaz tourne également, plus directement adressée au sieur PLATINI, Director of The UEFA.
Lien :
http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_Michel_PLATINI_Directeur_de_la_FIFA_Stopper_le_massacre_humain_et_ecologique_qui_se_deroule_au_Bresil/?tDMdFab

Sélection Sémaphores parmi la flopée d’articles, celui de Schiffer paru le 10 juin dans Agoravox, pour prendre aussi quelques réflexions d’avance sur la prochaine saloperie footbalistique au Qatar.

Brésil : un mondial immonde !

La noble loi du sport serait-elle donc en train de devenir, conformément à cet air vicié du temps présent, l’ignoble loi du marché ? Et ce, comble de cette « horreur économique » que dénonça naguère le poète Arthur Rimbaud, sans que personne ne s’en scandalise, ni même ne s’en émeuve, sinon du bout des lèvres : histoire de se faire, en guise d’insidieux mais efficace d’alibi, bonne conscience ?

On savait depuis longtemps déjà que le sport de haut niveau – celui pour lequel la compétition humaine se confond désormais avec la stratégie financière – ne jouissait guère d’une conscience sociale très développée : que les stars du foot, tels Christiano Ronaldo ou Lionel Messi, gagnent en un an, pour taper dans un ballon, ce que le commun des mortels ne gagne pas en toute une vie, en matière de salaire, ne l’a jamais vraiment dérangé. Pas même en ces temps de crise où notre chère Union Européenne, adepte de la mondialisation tous azimuts, pratique une drastique politique d’austérité, tandis qu’elle ne cesse de renflouer ses banques, à l’encontre de sa population !

Au contraire, cette flagrante injustice économique, particulièrement indécente, a toujours été justifiée, sous prétexte que la carrière d’un sportif était limitée dans le temps, par les athlètes eux-mêmes : il faut faire son business le plus vite possible, quitte à se doper quelque peu pour améliorer ses performances (un certain Lance Armstrong, champion toutes catégories de la dope, en sait quelque chose, lui qui a totalement discrédité, avec un aplomb défiant tout cynisme, une course cycliste telle que le Tour de France), avant que l’âge ne vienne altérer la condition physique.

LE MONDIAL DE LA HONTE

Mais ce que l’on savait moins, en revanche, c’est que ce même monde du sport – du moins celui, encore, de haut niveau – était également dénué, chose plus grave, de toute conscience morale. Lire la suite