Suite papale n°2

Le pape François était en visite officielle à Strasbourg ce 25 novembre au siège du Parlement européen.
Il a évoqué les racines chrétiennes de l’Europe et appelé à une « Europe qui soit capable de faire un trésor de ses propres racines religieuses », car ainsi elle resterait plus facilement « exempte de tous les extrémismes qui se répandent dans le monde moderne, à cause, entre autres, du grand vide auquel nous assistons en Occident. (…) C’est l’oubli de Dieu et non sa glorification qui génère la violence. »


Mélenchon : « Un Parlement n’est pas le lieu d… par lepartidegauche

Suite, par Mario, apostat et cependant chrétien :

C’est très bien que le pape François veille à bien nous rappeler les prétendues « racines chrétiennes » de l’Europe, tout comme Marine Le Pen nous rappelle à celles de la France. Reste à savoir de quelle France on parle, de quelle chrétienté, et à quelle Histoire on se réfère.

Avant que de devoir son nom à un certain Clovis qu’on voudrait roi des Francs, il convient de rappeler qu’il était avant toute chose un Mérovingien et que, comme tous les dignes descendants de Mérovée, ses dévotions allaient à un paganisme que l’Église naissante n’avait de cesse de voir disparaître. La trahison fatale viendra avec la fameuse « donation de Constantin » (document qui s’avèrera faux, ou pour le moins antidaté) par lequel l’empereur Constantin 1er donnera l’imperium sur l’Occident au pape Sylvestre.

À partir de là, très loin de toute spiritualité qui eut été véritablement chrétienne, l’Église sera de toutes les magouilles politiques, sans cesse présente à la cour de ceux qu’elle fait et défait à sa guise, à la table de tous les puissants mais pas celle des gueux à qui elle fermera maintes fois ses portes, pour atteindre des sommets d’horreur et de barbarie lors de la « Sainte Inquisition » (fallait oser l’adjectif !). Doit-on oublier que plus de 400 000 femmes, pour la seule Europe, finiront sur le bûcher pour soupçon de sorcellerie ? Doit-on oublier les accords signés entre le Vatican et les régimes mussolinien et hitlérien ?

Quand l’Église aurait-elle cessé de flatter les pires dictateurs, ou dans le moindre des cas de les couvrir par son silence ? On n’a pas entendu s’élever la voix de l’Argentin et futur pape François lorsqu’il était aumônier des brigades qui torturaient les prisonniers dans les geôles de Videla ! Et l’on voudrait venir donner des leçons de conduite en 2014 jusque dans les parlements ? Plus de cent ans après la séparation de l’Église et de l’État ? Ce n’est pas acceptable !

Qu’attendre d’une église qui n’a reconnu qu’en 1995 que la Terre et ronde et qu’elle tourne ? (clôture du procès Galilée). Qu’elle nous considère comme des brebis égarées lorsque nous déclarons que notre corps nous appartient, lorsque notre amour est homosexuel, lorsque nous voulons avorter parce que nous estimons que c’est dans l’intérêt de l’enfant qui naîtrait, lorsque nous voulons éteindre la lumière de notre propre vie plutôt que d’imposer de la souffrance à nos proches ? Dans quel obscurantisme voudrait-on nous maintenir encore plus longtemps ?

Non, le pape n’est pas un chef d’État mais un chef religieux et le Vatican ne saurait être considéré comme un État !

Et non, monsieur le Pape, les religions ne sont pas le remède à la guerre et à la violence, elles en sont la cause profonde, ce siècle comme les précédents en est une preuve éclatante.

« Les religions sont le soupir de la créature affligée, l’esprit d’un monde sans esprit, le cœur d’un monde sans cœur ; elles sont l’opium des peuples. » Karl Marx