Le cercle des poètes à retrouver_n°17

Parce qu’en ces temps de grandes commémorations où retentissent les hymnes nationaux, il serait pour le moins inconvenant d’oublier d’autres chants qui ne participèrent pas moins à la libération…

La chanson d’Anna Marly « Le Chant des partisans »
Paroles de Joseph Kessel et Maurice Druon

Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé ! Partisans, ouvriers et paysans c’est l’alarme.
Ce soir, l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé ! Les tueurs à la balle et au couteau tirez vite !
Ohé ! Saboteur, attention à ton fardeau, dynamite !

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères !
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse la misère !
Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves !
Ici, nous vois-tu, nous on marche, nous on tue nous on crève.

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre a ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez compagnons dans la nuit la liberté vous écoute.

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Oh oh oh oh oh…

 

Un peu d’histoire à propos du Chant des partisans
Née le 30 octobre 1917 à Saint-Pétersbourg, pendant la Révolution russe au cours de laquelle son père fut fusillé, Anna Betoulinsky quitte la Russie pour la France au début des années 1920 avec sa mère, sa sœur et sa nounou. À l’âge de treize ans la nounou lui offre une guitare. Ce cadeau dont elle ne se séparera jamais va bouleverser sa vie.

Quelques années plus tard, elle prend le nom d’Anna Marly (patronyme trouvé dans l’annuaire) pour danser dans les Ballets russes avant d’entamer une carrière de chanteuse dans les grands cabarets parisiens. Anna Marly connaît un nouvel exode en mai 1940 qui la mène, via l’Espagne et le Portugal, à Londres en 1941 où elle s’engage comme cantinière au quartier général des Forces françaises libres de Carlton Garden. C’est là qu’elle compose, à la guitare, en 1942, les paroles russes et la musique de son Chant des partisans. L’année suivante, toujours à Londres Joseph Kessel et Maurice Druon écrivent les paroles françaises de ce chant. Le Chant des partisans, « La Marseillaise de la Résistance », fut créé en 1943 à Londres. Immédiatement, il devint l’hymne de la Résistance française, et même européenne. Il est aussi un appel à la lutte fraternelle pour la liberté : « C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères » ; la certitude que le combat n’est jamais vain : « si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place ».

Devenu l’indicatif de l’émission de la radio britannique BBC Honneur et Patrie, puis comme signe de reconnaissance dans les maquis, Le Chant des partisans était devenu un succès mondial. Anna avait choisi de siffler ce chant, car la mélodie sifflée restait audible malgré le brouillage de la BBC effectué par les Allemands.

Version par Les Stentors

L’Appel pour de nouveaux jours heureux

70ème anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance

 

Appel pour de nouveaux Jours Heureux

Le 15 mars 1944, le Conseil National de la Résistance adoptait à l’unanimité son programme politique intitulé magnifiquement « Les Jours Heureux ».
Conçu autour du vivre ensemble, mettant systématiquement l’intérêt général devant les intérêts particuliers, il fut réellement mis en application avec le retour de la démocratie : sécurité sociale, retraites par répartition, liberté de la presse, comités d’entreprises, nationalisation des banques et des grands monopoles, statut de la fonction publique, lois agricoles émancipatrices, éducation et droit à la culture pour le plus grand nombre, etc.
Autour de la table du CNR se trouvaient tous les partis, syndicats et mouvements qui avaient refusé de baisser la tête durant ces années noires.
70 ans plus tard, que reste-t-il de cet esprit ?
Trois décennies d’idéologie néolibérale se sont attaquées frontalement à ses réalisations en privatisant des biens communs, en mettant en concurrence les services publics et en régissant tout ce qui se trouve sur terre par l’unique loi du marché.
L’argent et la réussite individuelle sont devenus les valeurs primordiales.
Les démocraties plient devant les diktats des marchés financiers et cèdent aux directives libérales des organismes européens ou mondiaux. Les peuples sont de moins en moins souverains. Or la misère et la précarité généralisées instaurent un climat de méfiance et de concurrence de tous contre tous qui est un terreau pour le racisme et les tentations autoritaires.
Face à un tel fatalisme, face à la montée de l’extrême droite, il est temps de réagir avant que l’histoire ne finisse mal !
L’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui organise une réunion de responsables nationaux de partis, mouvements et syndicats ayant démontré leur envie de se battre contre ces périls : le 31 mai à Thorens-Glières, lors du rassemblement annuel « Forum des Résistances ».
Une réunion dans un lieu symbolique se plaçant au-dessus de la politique politicienne d’où ressortiront de grandes orientations communes et des engagements forts afin d’envisager de nouveaux « Jours Heureux ».
Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui
Thorens-Glières, le 14 mars 2014
Sont pressentis comme invités (par ordre alphabétique) :
Paul Ariès, Clémentine Autain (Ensemble/FDG), Olivier Besancenot (NPA), Marie-Georges Buffet (PC/FDG), Annick Coupé (Solidaires), Jean-Pierre Dubois (LDH), Gérard Filoche (PS), Bernadette Groison (FSU), Françoise Héritier, Eva Joly (EELV), Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Jean Lassale (Modem), Thierry Le Paon (CGT), Julie Mandelbaum (UNEF), Jean-Luc Mélenchon (PG/FDG), Laurent Pinatel (Confédération Paysanne), Serge Portelli (Syndicat de la Magistrature), Ignacio Ramonet, Aurélie Trouvé (Attac) – Liste provisoire non limitative

 

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Le film de Gilles Perret « Les Jours Heureux »

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Des guérilleros verts au colibri (r)évolutionnaire

L’espace public est leur terrain d’expression. A l’aide de graines et de fleurs, ils sèment l’idée qu’une végétalisation du milieu urbain est possible. Ces guérilleros verts fleurissent un peu partout, un petit détour sur la Toile nous donne des exemples en Espagne, en Angleterre, en Australie, aux States, etc.

Je suis un guérillero du jardinage

Mais  il y a d’autres manière de faire valoir son amour des plantes, du jardinage et de la nature, ce que propose le mouvement des colibris. Voici la légende amérindienne du colibri :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit :

« Je le sais, mais je fais ma part. »

http://www.colibris-lemouvement.org/revolution