Vous reprendrez bien un peu de chômage…

Chômeurs et précaires en marche pour leurs droits

La Marche des Chômeurs a débuté à la Réunion début juin. Les Marcheurs ont relié Saint-Joseph (au sud de l’île) à Saint-Denis (au nord), soit 120 kilomètres dans les jambes.

Au terme de cet échauffement, ils ont rejoint la Métropole où ils ont été accueillis à Montpellier ( vidéo ci-dessous). Lundi 17, les Réunionnais se sont mis en marche en direction de Sète, soutenus et accompagnés par des Chômeurs et Précaires du Languedoc-Roussillon.

Les organisateurs espèrent déclencher l’adhésion du plus grand nombre dans les jours et les semaines à venir. D’autres groupes de marcheurs devraient se former, au départ de l’est de la France notamment (Alsace, Haute-Marne). L’arrivée de la Marche des Chômeurs et Précaires est prévue à Paris le 6 juillet.


MARCHE_15_JUIN_2013 par marchechomeurs2013

Violences ordinaires contre les chômeurs

Jeudi 20 juin au matin la place d’Iéna accueille les participants à la Conférence sociale. Une trentaine de militants des associations et syndicats portant le T-shirt de la Marche des chômeurs se placent le long du trottoir, à cent cinquante mètres de l’entrée, pas question d’être plus près, vu le dispositif policier. Pas de pancartes, pas de drapeaux ni même de mégaphone, juste des T-shirts.

Le dispositif policier, un peu surpris, réagit avec violence, se précipite sur les manifestants pacifiques, les poussent sans ménagement, certains tombent à terre. Les manifestants s’indignent, font de la résistance passive, crient leur colère : les chômeurs et précaires, leurs représentants (MNCP, AC!, APEIS) sont exclus de la Conférence et maintenant le droit de manifestation leur est interdit.

Les gardes mobiles, habillés par Robocop, arrivent en renfort, les manifestants sous le nombre et les coups sont expulsés, conduits dans une rue adjacente puis escortés, encadrés, jusqu’à la station de métro Alma. Voilà, voilà, la place Iéna est nette de tout chômeur, le Président de la République et son ministre du Travail peuvent inverser la courbe du chômage devant un auditoire choisi.

Des caméras de chaînes télé accourues filment la scène, les journalistes font leur travail quoi, mais aucune image ne sortira, les directions de chaîne savent aussi servir : le pouvoir ou les chômeurs, y a pas photo. Quelques passantes (pourquoi surtout des passantes ?) viennent s’informer de ce qu’on nous reproche. Être chômeur ou solidaire des chômeurs ? Porter un T-shirt ? Ah ben non, on n’est pas des terroristes, juste des manifestants, c’est insupportable parce que témoins vivant des résultats d’une politique. On dit souvent que les chômeurs ne bougent pas, sont invisibles mais quand ils sont debout pour se rendre visible, ils sont réprimés, censurés. Trop explosif, trop dangereux le chômage, on redoute une explosion sociale. Alors pensez, des chômeurs en marche pour leurs droits… Non mais, circulez.

Bon, ben, on va continuer à circuler, à défier la pesanteur médiatique, narguer les syndicats qui nous snobent, tenter de sortir de leur stupeur les citoyens et citoyennes qui détournent la tête devant les chômeurs qui passent. Il en sortira quelque chose, je prends le pari. Même pas peur, même pas écoeuré. Et je vous attends samedi 22 juin pour l’étape Colomiers Toulouse. Rendez-vous à 13 h gare de Colomiers. Venez comme vous êtes, avec ou sans T-shirt de la marche, la préfecture n’a pas interdit la manifestation. Toulouse c’est loin de la Conférence sociale.

Source : http://www.mediapart.fr/blog/80375

 Bernard Friot_sur les statistiques du chômage

 

Et pour mesurer de plus près la disparité…

L’inexorable et très prévisible hausse des allocataires du RSA

Autre conséquence de l’explosion du chômage, la population qui touche des allocations de solidarité-état sous conditions de ressources augmente fortement elle aussi : 462.000 personnes à fin février 2013, soit 8,4% de plus en un an. Il s’agit surtout de bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs en fin de droits, mais aussi, dans une moindre mesure, de bénéficiaires de feu l’allocation équivalent retraite (AER, en extinction) et de l’ATS (allocation transitoire de solidarité, tellement restrictive qu’elle ne concerne que 500 personnes) pour les chômeurs âgés qui ont suffisamment cotisé mais ne peuvent pas toucher leur retraite, faute d’avoir atteint l’âge légal.

Par ricochet, le nombre de bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU-C) progresse lui aussi, mais moins vite. Ils étaient un peu plus de 4,5 millions fin 2012, selon les statistiques du Fonds CMU. Ce chiffre augmente presque sans discontinuer depuis trois ans.

Enfin, en août 2011, avec un déplorable décalage de deux ans, l’Insee avait publié ses chiffres sur la pauvreté en 2009. Nous en étions à 8,2 millions de personnes vivant sous le seuil communément admis et à un taux de pauvreté de 13,5%. A l’heure où vous lirez ces lignes, les 9 millions de pauvres sont dépassés et nous atteignons 14,5%…

Lire l’article entier : http://www.actuchomage.org/2013041125052/La-revue-de-presse/linexorable-et-tres-previsible-hausse-des-allocataires-du-rsa.html

dossier à suivre