SALINS DU MIDI OPINION DU FRONT DE GAUCHE

SALINS DU MIDI, OPINION DU FRONT DE GAUCHE

  • Ø Nous défendons les Salins du midi, l’emploi, l’activité industrielle qui est la condition du maintien des équilibres de ce milieu apparemment naturel.
  • Ø Nous demandons l’arrêt du saccage systématique entrepris par la direction des Salins :
    • Casse de l’emploi et des acquis sociaux
    • Transfert d’activités à l’étranger
    • Vente de terrain pour une chasse de luxe en réduisant l’approvisionnement en eau saline pour la production
  • Ø Nous demandons à la mairie d’Aigues-Mortes la révision de l’implantation d’un centre d’allo thérapie afin qu’il ne porte pas atteinte à la pérennité du site.
  • Ø Nous exigeons du gouvernement des actes mettant « au pas » la direction de l’entreprise, faisant respecter les droits des salariés et l’emploi

Pour ce faire, il faut interdire les licenciements boursiers, classer le site et empêcher toute activité détruisant l’activité salinière, élément essentiel de l’équilibre écologique du site.

  • Ø Nous demandons aux collectivités territoriales d’étudier, si nécessaire, la préemption du site et sa mise en régie.

Il faut faire cesser le « bal des hypocrites » qui font semblant de ne pas connaître la finalité du projet de la direction et qui l’accompagnent.

  • Ø Nous ne sommes pas opposés à un tourisme, à un centre d’allo thérapie, mais pas au détriment des salins et de l’emploi industriel.
  • Ø Nous refusons un site touristique avec une activité salinière à minima, un « parc d’attraction salinier » avec des salariés « intermittents du spectacle »

Nous proposons :

  • D’organiser un grand débat public contradictoire avec toutes les parties concernées, en particulier les salariés et la population.
  • La mise en place d’un comité de vigilance et de défense de l’activité salinière en soutien à l’action des salariés.

1893, l’Affaire d’Aigues Mortes

Claude Mazauric et Danielle Floutier

Le 29 mars à Vauvert, à l’occasion d’une réunion du Front de Gauche spécialement consacrée à la lutte contre le FN et le parachutage de Me Gilbert Collard sur notre 2ème circonscription, l’historien Claude Mazauric a rappelé brillamment et fort à propos cette « Affaire d’Aigues-Mortes » survenue il y a 120 ans, en 1893.

À Sémaphores, nous nous en étions faits les rapporteurs dès notre deuxième numéro de juin 1990 (voir fac-similé en fin d’article). Claude Mazauric nous donne l’occasion de le faire à nouveau à l’attention des jeunes générations et des nouveaux arrivants sur notre Terre de Camargue. Nous dédions particulièrement cette (re-) mise en pages à Étienne Mourrut, enfant du pays, qui n’a jamais raté une occasion de faire valoir les origines italiennes de bon nombre de graulens. Nous souhaitons à tous, y compris au parachuté Collard, la meilleure réflexion possible sur ce double thème de l’immigration et de l’intégration.

survol des Salins dans les années 30 (Les remparts sont en haut à droite)

« Rappelons le contexte économique :

Depuis 1891, l’économie française était engagée dans ce que les économistes appelaient la « grande dépression ». (…) Cela signifiait : mévente pour les agriculteurs, chômage pour les ouvriers, baisse coordonnée des salaires et des revenus populaires, donc tendance à la concurrence entre les travailleurs pour tenter de survivre en courant après l’emploi, même médiocre, en une époque où le syndicalisme libre n’avait que sept ans d’existence et la République était à peine consolidée.

On exploitait ici les salines de Petite Camargue dont l’industrie, l’élevage et la consommation urbaine avaient grand besoin. La Compagnie (privée) des Salins du Midi jouait de la concurrence entre les travailleurs susceptibles d’embauche pour le battage et le levage du sel.

Dès 1892, la préparation de la campagne de récolte du sel pour 1893 alla bon train. La Compagnie cherchait à peser sur la masse salariale en s’ingéniant à mettre en compétition les ouvriers saliniers de manière à les diviser et à réduire les salaires à la journée ou au forfait. Comment ? En recrutant des saliniers ne se connaissant pas et ne parlant pas la même langue, en favorisant l’enfermement dans les identités ethno-culturelles, voire religieuses, en mettant en compétition le coût salarial entre les divers groupes réunis autour de chefs redistributeurs du pactole espéré.

Trois catégories d’ouvriers des salines se mirent ainsi en place : les « ardéchois » (paysans pauvres du Gard, de l’Ardèche et de la Drôme, parlant souvent occitan et natifs du pays proche), les « piémontais » (Italiens de Ligurie et de Campanie, en réalité recrutés en « colle » au pays sous contrat oral temporaire et placés sous la houlette de chefs d’équipe, véritables rabatteurs au service des patrons), enfin des « trimards » semi-vagabonds de tous âges, ouvriers agricoles errants et désespérés, embauchés au jour pour la journée, envoyés au travail en complément des équipes précédentes… Lire la suite

Un projet de thalasso au cœur des salins

Le nom d’halothérapie pourrait induire en erreur : il ne s’agit pas ici d’un centre de soin et d’enjeux de santé publique. Mais de bien-être ou relaxation, de «zénitude» (!) nous dit-on, et d’investissements privés sur le créneau du tourisme de luxe. Aucun intérêt général ici sinon l’habituel chantage à l’emploi ; par contre des intérêts politiques et privés très évidents.

Tout ce qu’on devait craindre de la désindustrialisation progressive des Salins du Midi est ici à l’œuvre : de grands espaces devenus soi-disant «inutiles», l’appétit des promoteurs, l’alibi touristique et le chantage à l’emploi. Dans un contexte politique sans âme et sans projet, tout devient possible.

Le groupe Salins va-t-il arriver à faire à Aigues-Mortes, avec la complicité des élus locaux, ce qu’il n’est pas parvenu à faire dans le Var ou à Salin-de-Giraud : un grand complexe hôtelier, première étape, la plus difficile, avant d’autres à venir, parce qu’un tabou sera tombé.

Pour des raisons d’opportunité Salins vient de racheter 13 (treize) hectares aux domaines du Bosquet-Listel, 13 hectares de vignes productives, c’est à peu près la surface d’Aigues-Mortes intramuros : on peut en faire des projets…

Est-ce cela que nous voulons ? La Camargue du luxe et des riches oisifs à la place des vignes, des étangs et des salins ? Pour des intérêts privés nous sacrifierions nos paysages, notre identité ? On peut donc tout acheter avec un peu de poudre aux yeux ?

Et passez pour cela sur les petits et gros arrangements des élus, architecte et patrons ?

Qui est à la manœuvre ? Georges Frêche d’abord en 2008 qui dans un déclaration provocatrice annonce que «le sel c’est fini», puis son appareil politique qui suit, Bourquin (CR-LR) et Alary (CG30) qui accompagnent l’électoralisme de Bonato, qui en a fait son cheval de bataille. Puis nous avons les salins qui n’y croyaient même pas mais qui finissent par se dire que ça va peut-être être possible ! Et l’architecte François Fontès (celui de Port du Roy) est au cœur de ce jeu d’intérêts croisés : il rachète d’une main la moitié du Lairan, fournit de l’autre les plans du centre de bien-être et érige en toute illégalité des tentes luxueuses dans les dunes littorales de Brasinvert.

Nous disons qu’il faut arrêter, que ce petit monde déraille et déraisonne. Ce projet ne se fera pas parce que la loi ne le permet pas et que ces terrains sont et resteront inconstructibles. Mais comment, par quelle dérive, l’équipe municipale actuelle qui s’est présentée aux électeurs comme la plus hostile à l’urbanisation est-elle devenue une municipalité bétonneuse ?

ndlr: nous en profitons pour rappeler ici un article que nous avions mis en ligne le 16 octobre 2011  la camargue des riches

 

VENTE DES SALINS DU MIDI

Danielle FLOUTIER, candidate du Front de Gauche sur la 2ème circonscription du Gard, fait part de son intérêt autant que des soucis que nous partageons à propos du morcellement avant liquidation des Salins du Midi. Voici sa dernière lettre.

« Je voudrais réagir vivement à l’annonce de la mise à la vente des Salins du Midi. Lors de ma rencontre le 26 janvier avec les syndicats des Salins du Midi d’Aigues-Mortes, nous avons fait le constat qu’un plan de liquidation du site salinier était en place. Aujourd’hui, les propos apaisants de la municipalité et de la direction de l’entreprise ne peuvent plus masquer cette réalité.

La mise en vente des Salins du Midi s’inscrit dans un projet mûrement prémédité de liquidation de l’exploitation salinière et de livraison de ce site naturel exceptionnel à la spéculation financière et immobilière. C’est liquider plus de 150 emplois directs. Il faut arrêter l’hypocrisie et les vœux pieux, on ne peut pas parler de défense de l’exploitation salinière et accompagner les projets qui la détruisent. Chacun est placé devant ses responsabilités, la direction des Salins, la municipalité d’Aigues Mortes et le député de la circonscription.

Il faut empêcher ce mauvais coup contre l’emploi, l’industrie, et protéger l’activité des salins qui conditionne la préservation de ce site naturel exceptionnel. Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales concernées ne doivent pas permettre la liquidation des salins et de ce patrimoine naturel. Ils doivent reprendre la maitrise publique de ce territoire et si nécessaire le préempter. Cela permettrait la poursuite, le développement et la diversification des activités sur le site, dans des conditions nouvelles. Préserver le statut social des salariés, l’activité salinière et le milieu naturel fragile, en respectant son unicité est essentiel. Déjà le conseil régional a fait connaître qu’il n’apporterait pas des fonds publics s’ils devaient servir à la suppression de l’activité salinière

Il faut maintenant aller plus vite et plus loin, geler la vente du site consulter les salariés de l’entreprise et la population et, avec toutes les parties concernées, mettre en place un véritable plan de développement et une commission d’enquête sur la gestion des fonds publics ainsi que sur l’utilisation des actifs des salins d’Aigues Mortes..

Protéger ce site salinier millénaire, patrimoines écologiques et économiques de la Camargue, est un enjeu humain, culturel et social. »  Danielle Floutier 1er Mars 2012.

Parmi les dangers immédiats (car des réalisations sont déjà en route), nous appelons nos lecteurs à découvrir ou se rafraîchir la mémoire avec l’article que nous avions publié le 16  octobre 2011 sous le titre « La Camargue des riches ».

Par ailleurs, sur ce sujet brûlant de la vente des Salins, lire cet autre article sur le blog de Didier Caire, élu municipal EELV d’Aigues Mortes : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/03/04/les-salins-vendus-ou-mecenes/

Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Les salins d’Aigues Mortes sont-ils à vendre ?

Le projet de musée présenté à Aigues-Mortes par le Pdg de Salins, M. Pierre Lévi (cf ML 7-01-2012), s’inscrit dans un contexte, celui de graves inquiétudes sur l’avenir industriel du site.
La chronologie des faits est éloquente :

  • fermeture progressive depuis 25 ans de tous les salins de Méditerranée française, après les salins de l’Hérault, d’Hyères, de l’Aude
  • réduction volontaire de production des grands salins de Giraud et d’Aigues-Mortes
  •  vente du patrimoine productif : 6 000 ha à Giraud, 2 500 ha en 2011 à Aigues-Mortes
  •  suppression des emplois : malgré l’annulation judiciaire du plan social, 35 personnes sont déjà parties
  • délocalisation de la production : pour la première fois cet été du sel La Baleine a été conditionné en Italie avec du sel de Tunisie
  • absence d’investissement, développement de la sous-traitance, remise en cause permanente des accords sociaux

Lire l’article entier sur : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/01/07/les-salins-daigues-mortes-sont-ils-a-vendre/

La Camargue des riches

Le groupe Salins (ex-Cie des Salins du Midi) a vendu récemment une part importante de son patrimoine immobilier dans le Gard et les Bouches-du-Rhône (Étang du Lairan, Mourgues, Tasse, Brasinvert). Près de 2 500 hectares ont été acquis par des personnes privées. Les observateurs ont pu constater dès lors la présence active de pelles mécaniques et d’engins et des modifications substantielles du milieu Lire la suite