Guéant, de l’alibi à la Libye

Mais qui peut croire une fable pareille ? dirait un certain Paul Bismuth…

GUEANT-PERRONLe 7 mars dernier, Claude Guéant a été mis en examen pour « faux et usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée », pour avoir entre autres « organisé la vente fictive de deux tableaux du peintre van Eertvelt prétendument détenus depuis plus de douze ans ».

500 000 euros pour la vente de deux tableaux dont les experts estiment la côte aux alentours de 35 000 euros seulement sur le marché de l’art… évidemment l’alibi de notre ancien sinistre de l’intérieur n’avait déjà pas convaincu grand monde. Selon l’article de Karl Laske et Fabrice Arfi paru hier dans Mediapart (19 juillet_ Derrière l’alibi des tableaux de Guéant, la piste de l’argent libyen), voilà que les investigations révèlent que le banquier soupçonné d’avoir effectué le virement, Wahib Nacer, était l’un des gestionnaires des comptes de Bachir Saleh, le patron du puissant fonds d’investissement libyen en Afrique.

25 juillet 2007. Claude Guéant (à gauche) et Nicolas Sarkozy retrouvent le colonel Kadhafi à Tripoli. © Reuters

25 juillet 2007. Claude Guéant (à gauche) et Nicolas Sarkozy retrouvent le colonel Kadhafi à Tripoli. © Reuters

L’enquête (qui donne le tournis et fait faire le tour du monde) a permis d’établir que les 500 000 euros reçus par Claude Guéant – virés depuis la Malaisie via le cabinet d’avocat de Me Siva Rajendram – provenaient en réalité d’un compte ouvert à Djeddah au nom d’un richissime Saoudien, Khalid Bugshan, qui n’avait jamais rencontré Claude Guéant, ni acheté ses tableaux !

Laske et Arfi de poursuivre ; « Khalid Bugshan a souligné que s’il avait voulu verser 500 000 euros à Guéant, il lui aurait donné directement la somme. « Une petite somme », pour lui. Propriétaire de plusieurs biens immobiliers à Paris, M. Bugshan a servi d’intermédiaire aux Français lors de la vente des frégates à l’Arabie saoudite et il garde d’importantes « relations d’affaires » avec les groupes d’armement Thalès et EADS. »

Quant au certificat d’authenticité des tableaux, ce fort maigre alibi fourni par l’ancien ministre pour sa défense, on apprend qu’il a été produit par un certain expert, Alain L., « parti en Thaïlande après avoir été impliqué dans une affaire de faux certificats… ».

En résumé la justice va donc juger d’une « vente fictive », ce qui ne devrait pas peser lourd dans le casier judiciaire du sinistre Guéant. Les fusibles fondent les uns après les autres autour de l’agité du bocal mais la question demeure : à quand son tour ? De Karachi à Kadhafi, ça ne fait pas assez de morts ?

304769sarkolisaboksaArticles sémaphoriens précédents sur Claude Guéant :
http://semaphores.info/2012/04/limmigre-prefere-de-claude-gueant/

http://semaphores.info/2012/02/claude-gueant-lhomme-qui-murmurait-a-loreille-des-fachos/

http://semaphores.info/2011/12/l%E2%80%99etrange-memoire-de-claude-gueant-sinistre-de-l%E2%80%99interieur/

La fuite d’eau

sarkogrimLe nabot de la République a encore frappé. Voilà qu’il se fait humoriste et raconte des blagues oiseuses à des affidés aussi dégénérés que lui. Les réactions dans la presse sont aussi nombreuses que variées, suffisamment pour que Sémaphores n’aie pas envie de se fendre d’un article supplémentaire à la gloire de ce malade mental qui prétend encore à des fonctions présidentielles. Aussi n’avons-nous sélectionné qu’une photo en pensant qu’elle aidera chacun à réfléchir sur le caractère odieux de ce que Sarkozy appelle une fuite d’eau dans la cuisine …

fuite d_eau

Nous sommes les républicains

Communiqué de presse
Les 143 citoyennes et citoyens requérants,
le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC),
CAP 21 Le Rassemblement Citoyen (CAP 21 RC),
la Fédération Nationale des Élus Socialistes et Républicains (FNESR),
et la Convention pour la 6ème République (C6R),

Ont été autorisés ce jour par Mme le Premier Président de la Cour d’appel de Paris à assigner l’Union pour un Mouvement Populaire, son agence de publicité et le Ministère Public en appel d’une décision de référé d’heure à heure du Tribunal de Grande Instance de Paris,

Pour une audience en justice le
jeudi 25 juin 2015 à 14 heures
devant la Cour d’appel de Paris Pôle 1 Chambre 2
 
Dans le cadre de cette procédure d’urgence, toujours en référé, 
la Cour d’appel de Paris se prononcera sur le caractère manifestement illicite ou non du trouble causé par l’utilisation des termes génériques « Les Républicains » par l’UMP à titre de dénomination sociale ainsi que dans les marques déposées auprès de l’INPI pour le compte de l’UMP. La Cour d’appel de Paris se prononcera également sur les mesures sollicitées pour prévenir les dommages imminents redoutés par les requérants.Retrouvez ici l’intégralité des critiques contre le jugement du 26 mai 2015

https://fr.scribd.com/doc/267101592/LES-REPUBLICAINS-Critiques-Du-Jugement-Devant-La-Cour-d-Appel-de-Paris

Comme ils l’avaient indiqué au début de cette procédure d’urgence les requérants saisissent également le Tribunal de Grande Instance de Paris par une assignation au fond dans le cadre d’une procédure rapide afin que celui-ci statue rapidement sur les faits litigieux.

« Aujourd’hui, chacun de nous veut encore pouvoir dire, en République Française, qu’il est républicain sans être renvoyé à l’appartenance à un parti politique. Nous refusons que l’on continue de prétendre, même par allusion, que si nous ne sommes pas membres des Républicains, nous ne serions pas républicains ou nous le serions moins. ».

Les requérants invitent tous les autres partis politiques républicains français et toutes les associations qui défendent les valeurs de la république à intervenir dans cette procédure rapide au fond. Et ils invitent tous les républicains qu’ils soient de droite, de gauche et du centre à signer la pétition en ligne  sur www.noussommeslesrepublicains.org

+ de 24.000 signataires de la pétition

Paris, le 1er juin 2015Les avocats des requérants
Christophe Lèguevaques        Matthieu Boissavy

Joseph Breham                       Vincent Fillola
*=*=*=*=*=*=*
info complémentaire : la dernière couverture de Marianne
sarkoldup

Nous sommes républicains_le suivi

petition ripoublique

INFORMATIONS SUR L’ACTION EN JUSTICE
Le 5 mai prochain sera délivrée l’assignation en nullité de la marque.
Le tribunal compétent est le tribunal de grande instance de Paris.
Il s’agit d’une affaire civile et non pas d’une affaire pénale.
Cette procédure ne peut pas rapporter d’argent aux requérants (tel n’est pas son but), tout au plus, elle peut permettre d’obtenir le remboursement total ou partiel des frais de justice engagés par chaque requérant.
L’objet principal de la procédure est simple : il est demandé au Tribunal de grande instance de Paris de déclarer nulles les trois marques semi-figuratives déposées à l’INPI en 2014.
Comme cela les mots et les expressions « les républicains » resteront dans le domaine public, seront libres de droit et personne n’aura à payer pour utiliser ces expressions communes et personne ne pourra interdire à quiconque de revendiquer la qualité d’être républicain (à défaut d’en avoir la vertu).
C’est du sérieux
Une procédure judiciaire est une affaire sérieuse et le militantisme ne doit pas aveugler.
Il faut réfléchir à deux fois avant de participer.
Lire ici : http://noussommeslesrepublicains.org/informations/

Oui à la République, Non aux ripoublicains !

Demande d’action en nullité

Nous-sommes-les-républicains-300x212
Si la République est « une et indivisible », les Républicains sont pluriels et variés.
Aucun parti ne peut s’arroger le monopole de l’appellation qui est notre patrimoine commun.
Les Républicains sont l’ensemble des Françaises et des Français attachés à la forme républicaine et démocratique, expression naturelle de la souveraineté nationale.
Aucun parti, aucune faction ne peut prétendre détenir seul un titre qui appartient à tous.
Le risque d’un dépérissement du mot, et donc de l’idée républicaine, est d’autant plus grand que ce changement de nom s’apparente à un énième ripolinage destiné à masquer l’implication d’un parti impliqué dans de nombreuses et scabreuses affaires politico-financières.
Les Républicains sincères, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche, ne peuvent pas accepter que leur titre de gloire soit associé à des malversations éclaboussant les principes de la République qui sont la vertu et l’exemplarité.
Suite du texte et pétition à signer : http://noussommeslesrepublicains.org/petition/

 

de la situation en Sarkozie profonde

Trois responsables de la campagne présidentielle de 2012 de l’ancien chef de l’État ont été mis en examen, vendredi 3 avril, dans le cadre de l’affaire Bygmalion.

Directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Guillaume Lambert a été mis en examen pour « usage de faux », « escroquerie », « recel d’abus de confiance » et « complicité de financement illégal de campagne électorale ». Préfet de Lozère depuis juin 2013, il a été démis de ses fonctions par le ministère de l’intérieur sitôt sa mise en examen annoncée.

Le député UMP Philippe Briand (président de l’association de financement) et l’avocat Me Philippe Blanchetier (trésorier de cette structure) ont également été mis en examen pour les mêmes faits. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact.

Outre les trois mises en examen du jour, voici la liste complète :

le député et maire Patrick Balkany, sa femme et adjointe Isabelle Balkany,

l’avocat Me Arnaud Claude (associé de Nicolas Sarkozy),

l’avocat Me Thierry Herzog (avocat personnel de Nicolas Sarkozy),

le magistrat Gilbert Azibert,

l’ancien conseiller ministériel Thierry Gaubert,

l’ancien directeur de cabinet Nicolas Bazire,

l’intermédiaire Ziad Takieddine,

l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée François Pérol,

l’ancien chef des services secrets intérieurs Bernard Squarcini (qui a été condamné dans l’affaire des fadettes),

l’ancien n° 2 de la présidence de la République Claude Guéant,

le businessman Bernard Tapie,

l’ancien ministre Éric Woerth,

l’ancienne ministre et actuelle présidente du FMI Christine Lagarde,

le sénateur et industriel Serge Dassault,

l’ancien conseiller élyséen Jean-François Étienne des Rosaies,

l’homme d’affaires Stéphane Courbit,

l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé,

l’ancien directeur général du parti Éric Césari,

l’ancienne comptable du parti Fabienne Liadzé,

l’ex-trésorière du parti Catherine Vautrin,

l’ex-directeur de la communication du parti Pierre Chassat

Il faut également ajouter à cette liste les noms du conseiller Patrick Buisson, mis en cause dans l’affaire des sondages de l’Élysée mais pas mis en examen pour le moment, et l’ancien conseiller diplomatique Boris Boillon, qui avait été arrêté avec plus de 350 000 euros en liquide gare du Nord.

Du mal à vous repérer ? Suivez les étoiles noires…

Sémaphores note avec étonnement que le préfet de Lozère qui vient d’être mis à pied n’avait pas la légion d’honneur. Comme dirait Desproges : étonnant, non ?

Chevalier des Palmes Académiques
Chevalier du Mérite agricole
Médaille d’Argent des services Militaires Volontaires
Médaille de la Jeunesse et des Sports

Et comme le disait Cavanna : Quand le singe s’est redressé sur ses pattes arrières, il a bombé le torse et on a pu lui accrocher des médailles, et c’est là que le singe est devenu con, très con…

Mais faut croire que certains singes sont plus malins que d’autres, même s’ils finissent tous, un jour ou l’autre, par tomber de l’arbre…

 

La Laïcité contre le choc des civilisations

Une conférence de Jean-Luc Mélenchon à Lyon le 20 juin 2008

Ceci est une conférence, pas un meeting. Voici plus de sept ans qu’elle a été donnée, et l’on verra à quel point ce qu’elle précise est plus que jamais d’actualité pour comprendre le défi qui reste à relever en ce qui concerne la laïcité, l’occasion d’apprendre ou réviser son ancrage historique, et dénouer les pièges que nous tendent ceux qui parlent d’une laïcité à plusieurs visages, qui serait une règle de la République pour les uns mais pas pour les autres.

En 2008, le Front de Gauche n’était encore qu’en gestation, Hollande pas encore président, et Nicolas Sarkozy, président de la République, parlait en tant que chanoine de Latran ! Sept ans plus tard où en sommes-nous ? Sans doute guère plus avancés quand on songe que le Pape peut intervenir au Parlement européen sans susciter plus d’indignation que ça, voire quand d’autres nous bassinent encore avec de prétendues « racines chrétiennes de l’Europe » et d’une « France, fille aînée de l’Église » !


Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité… par lepartidegauche

Pouvoir, argent et conférences

Pouvoir, argent et conférences : l’intenable mélange des genres de Nicolas Sarkozy

ndlr : cet article est paru le 14 décembre 2014, sous la plume d’Ellen Salvi (Mediapart). Nous rappelons que s’abonner à Mediapart ne constitue pas une dépense mais un investissement dans la presse libre et indépendante (http://www.mediapart.fr/).

Nicolas Sarkozy rentre tout juste du Qatar, où il a donné sa première conférence rémunérée depuis son élection à la tête de l’UMP. Bien décidé à conserver ses privilèges d’ancien président, le nouveau patron de l’opposition entend également garder ses bureaux de la rue de Miromesnil et les collaborateurs payés par l’État qui vont avec. Parmi eux, sa “conseillère affaires étrangères” qui gère en fait son agenda de conférencier de luxe. Entre mélange des genres et intérêts particuliers.

Est-ce que j’ai changé ? Non. J’aime toujours autant la politique. » En faisant son mea culpa le 2 décembre, face aux députés UMP, Nicolas Sarkozy n’est pas allé jusqu’au bout de sa pensée. Est-ce qu’il a changé ? Non. Il aime toujours autant la politique, le pouvoir… et l’argent. « Il ne peut pas s’en empêcher, comme écrivaient dès 2008 les journalistes Renaud Dély et Didier Hassoux dans Sarkozy et l’argent roi (éd. Calmann-Lévy). Le Président est un enfant. (…) Comme tous les enfants, il aime deux choses : le chocolat, dont il se régale dès qu’il le peut, et tout ce qui brille. Son rapport à l’argent est intime, étroit, permanent. »

Nicolas Sarkozy en conférence à Doha (Qatar), le 11 décembre 2012. © Reuters


Ses nouvelles fonctions de patron de l’opposition, la situation financière catastrophique de son parti – dont les seules dettes bancaires s’élèvent à 76,2 millions d’euros – et les nombreux obstacles qu’il doit contourner s’il veut assouvir ses ambitions pour 2017, n’y changeront rien. L’ex-chef de l’État entend bien continuer à « faire du fric », comme il le répète élégamment depuis plusieurs années. « Je fais ça (président – ndlr) pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton, 150 000 euros la conférence », confiait-il à ses proches dès 2008, quelques mois seulement après son entrée à l’Élysée.

Il ne leur avait pas menti. À peine l’épreuve du 6 mai 2012 passée, Nicolas Sarkozy a mis ses plans lucratifs à exécution. Pendant deux ans et demi, alors que sa famille politique sombrait dans l’indifférence générale – et dans la sienne en particulier –, l’ex-chef de l’État, devenu conférencier de luxe, a parcouru le monde pour discourir devant des salles acquises à sa cause. Un coup à Las Vegas, un autre à Brazzaville, un autre encore à Monaco. La plupart du temps pour le compte de ces banques qu’il aimait tant vilipender durant son mandat, mais qui ont l’avantage de payer rubis sur l’ongle. « Tu comprends, je ne veux pas que ma femme me voie comme un chômeur », se justifiait-il devant un convive, lors d’un dîner organisé à l’été 2012.

Si l’on en croit les journalistes Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel, auteurs de Ça reste entre nous, hein ? (éd. Flammarion), la vingtaine de prestations qu’il a effectuées en l’espace de dix saisons lui auraient permis d’engranger quelque 2 millions d’euros d’émoluments. À côté, les 363 615 euros de pénalités, dues aux irrégularités financières de sa campagne de 2012, qu’il vient de généreusement rembourser à l’UMP, pourraient presque passer pour une paille.

Bien avant qu’il ne l’officialise, Nicolas Sarkozy avait posé deux conditions à son retour : conserver ses privilèges d’ancien président – dont son bureau de la rue de Miromesnil et les collaborateurs payés aux frais de l’État qui vont avec – et poursuivre son cycle de conférences rémunérées. C’est donc tout naturellement que le nouveau patron de l’opposition s’était rendu à Séoul (Corée du Sud) le 14 octobre, en pleine campagne pour la présidence de l’UMP, pour prendre la parole au World Knowledge Forum. Et c’est avec autant de naturel qu’il s’est envolé le 6 décembre, soit une semaine seulement après son élection, pour Doha, où l’avait invité la Qatar National Bank. « Logé au Four Seasons non loin de Jean Todt ou de Salma Hayek, Sarkozy a profité de son séjour pour s’entretenir avec l’émir du Qatar Tamim Al Thani », a précisé Paris Match, qui a révélé l’information.

Nicolas Sarkozy et l’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al-Thani, en 2008. Ce dernier a transmis le pouvoir à son fils en 2013. © Reuters

Cette escapade qatarie mérite que l’on y prête attention. D’abord, parce que ce n’est pas la première fois – loin s’en faut – que Nicolas Sarkozy prend un avion pour Doha. Lire la suite

L’affaire Sarkadhafi_le suivi

mise à jour du 17 novembre

Il n’y aura pas de dépêche AFP sur les dernières révélations de Mediapart sur le supposé financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007. C’est ce que déplore le journaliste de Mediapart, Fabrice Arfi : « l’Agence France Presse (AFP) m’a fait savoir par écrit aujourd’hui qu’ « après lecture attentive » de cet article les conclusions des quatre experts sur l’authenticité du document libyen n’étaient pas une information digne d’être reprise et de faire l’objet d’une dépêche. D’où la faible reprise de cette révélation à la radio, à la télé, dans les journaux ou sur d’autres sites. Il est vrai que la traque d’un faux tigre mérite bien plus toutes les attentions médiatiques… »

25 juillet 2007. Claude Guéant (à gauche) et Nicolas Sarkozy retrouvent le colonel Kadhafi à Tripoli. © Reuters

Seconde mise à jour du 17 novembre, suite à l’article d’Edwy Plenel dont nous publions des extraits.

C’est sans doute l’enquête la plus emblématique de Mediapart. Par son enjeu, par sa durée, par sa difficulté. Et c’est pourtant la moins relayée dans l’espace public, que ce soit par les journalistes ou par les politiques. Les uns et les autres auraient-ils peur d’affronter la vérité qu’elle recèle, tant elle est explosive, redoutable et accablante ?

Car quand l’affaire Bettencourt documentait l’illégalisme oligarchique et l’affaire Cahuzac l’imposture politicienne, dans les deux cas la fraude et l’évasion fiscales, le dossier libyen nous met en présence d’une réalité autrement spectaculaire et ravageuse : la corruption d’un clan politique français par l’argent d’un pays étranger, alors sous un régime dictatorial. Lire la suite

Des vérités qui dérangent

Ça se lit comme un roman, un bon polar sur fond de guerres et de barbouzes… Forcément, puisque l’article suivant de Fabrice Arfi et Karl Laske (Mediapart) se construit à travers l’interview d’un romancier… mais pas que ça.

De quoi ne pas lâcher l’affaire Sarkadhafi, ça devient chaud brûlant.

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi sur le perron de l’Elysée, en 2007. © Reuters

 

Guerre en Libye : les vérités qui dérangent d’un homme de l’ombre

29 octobre 2014 |  Par Fabrice Arfi et Karl Laske

En mai 2011, Pierre Marziali, un ancien militaire français reconverti dans le privé, est tué à Benghazi par des hommes cagoulés. Son associé et ami Robert Dulas raconte dans un livre, Mort pour la Françafrique (Stock), l’histoire de leurs contacts avec le régime libyen. À la tête de la société militaire privée Secopex, les deux hommes avaient recueilli en mars 2011 les aveux du premier ministre de Kadhafi sur l’argent remis aux Français sous la présidence Sarkozy.

Le feu vert est passé à l’orange puis au rouge, sans qu’il s’en aperçoive. Pierre Marziali, ancien militaire français de 48 ans reconverti dans le privé, a été abattu le 11 mai 2011, en pleine rue à Benghazi, par des hommes cagoulés, alors qu’il revenait d’un restaurant où il avait dîné avec quatre collaborateurs de la société militaire privée Secopex.

Officiellement, Marziali est un espion tué « par accident » par une brigade rebelle pendant la guerre en Libye, à la suite d’un contrôle routier qui aurait dégénéré. C’est du moins la version officielle communiquée par le Conseil national de transition (CNT). Insatisfaite par cette version laconique et incohérente, la veuve de l’ancien militaire a déposé une plainte à l’origine de l’ouverture d’une information judiciaire en septembre 2011, à Narbonne.

« On nous a ordonné de nous coucher par terre, a expliqué lors de l’enquête Pierre Martinet, un ancien camarade de Marziali, présent à Benghazi le jour du drame. Pierre était à ma gauche. J’ai entendu un coup de feu. Et Pierre m’a dit « je suis touché ». Il ne s’est pas débattu. Il n’a rien dit, et n’a rien fait avant le coup de feu. J’ai fermé les yeux. J’attendais mon tour. J’avais les mains attachées dans le dos. Ils ont pris Pierre à deux. Il me semble avoir vu son ventre éclaté, ouvert. »

Depuis ses débuts, l’instruction bute sur l’inefficience de l’entraide judiciaire entre la Libye et la France. L’enquêteur du comité judiciaire local, en Libye, a été dans l’impossibilité d’obtenir de l’armée l’identification du tireur et de ses complices. L’exécution a été commise par des hommes cagoulés restés non identifiés, bien qu’ils se rattachent à la Brigade du 17 février, fondée par Abdelhakim Belhadj, l’ancien leader du groupe islamique combattant (GIC).  Lire la suite

Après Tintin, voilà Sarko au Congo

L’a pas de chance, notre ancien clown à talonnettes. Contrairement à Midas, dont la légende veut qu’il changeait en or tout ce qu’il touchait, tout ce que touche Sarkozy depuis quelques temps se transforme plutôt en merde. Bon, d’accord, on exagère un peu en disant « tout ». Par exemple, il suffit qu’il s’assoie sur une chaise de conférencier pour que ça lui rapporte 100 000 euros, tous frais payés et hôtel cinq étoiles. L’est pas belle, la vie ? Il y a deux ans, pour la même prestation, Copé n’avait engrangé que 30 000. Pourtant le payeur était le même, le magazine Forbes Afrique, dont le proprio est aujourd’hui suspecté par la police française d’être un homme de paille du clan du Congolais Sassou Nguesso dans plusieurs opérations de détournements de fonds pouvant atteindre 60 millions d’euros. Euh… ben, finalement ça rapporte pas mal, la merde. Et Sarko connaît les bonnes tables.

Nicolas Sarkozy dînant à la table de Sassou Nguesso, le 25 juillet. © Bernardin Dondos / Mediapart

Par Mandarin

Alors mon Paulo, te voilà de nouveau en tête de gondole sur Médiapart… T’as pas bientôt fini de faire le mariole, à ton âge… J’avais lu une brève l’autre jour et j’avais vu ta tronche de baltringue avec l’autre phénomène, le Marsaud… La photo, mon Paulo, tartignole… Vous aviez l’air d’avoir envie de pisser tous les deux… Toi, avec tes deux mains sur tes tous petits bijoux de famille et l’autre qui était au bord de l’apoplexie… Et ton regard Paulo, nan, c’est loupé, ça fait pauvre tout ça… T’avais l’air d’un mec qu’a rien dans le citron… Une vraie tête de débile. On le savait déjà, et là, c’est la vérité qui éclate… Il a fallu que t’envoies une carte postale façon Paris Match… Ah le scooter gars, t’as encore voulu te la péter genre easy rider et ta susureuse, en ado attardé, trop nase. Carlita qui se la joue BB sur sa Harley, ça manque de classe… Et toi, sans casque avec toutes tes lois pour ceux qui respectent rien… Ben oui, tu respectes rien, tu fanfaronnes comme au temps de ta petite splendeur… Tu nous la joues genre casseur friqué, voyou de la côte d’azur… Vous vous êtes crus dans un film de Delon… Loupé mon paulo comme d’hab… Et, t’es allé t’éclater au Congo au frais de la princesse… Évidemment, t’as rien payé même pas un coup à Denise après l’interview… Tu fais le Julot casse croûte hein, tu débites des conneries comme une enfileuse de perlouses et tu passes à la caisse… T’es toujours maqué avec des gangsters, des voyous, des voleurs… Le Sassou et les deux autres clampins ont les keufs aux fesses et toi, tu leur roules des pelles… Parler en public te donne des idées, oui oui, t’as dit ça… Pourquoi, t’as pas dit la vérité aux deux dames et à la flicaille l’autre jour… T’avais du public…. Nan Nan, faut faire durer le storytelling comme disent les roastbeef… Mon pauvre Paulo, t´es rendu bien bas…. Et je crains pour toi, tu finiras par te casser la gueule.

 

Sarko examiné

On ne va pas vous repasser l’intervention télévisée du nabot à talonnettes, mais on en profite pour émettre le vœu que tout justiciable s’estimant injustement mis en examen puisse, à l’avenir, s’exprimer à la télévision. Pas de replay, donc, mais ce commentaire récapitulatif trouvé sur  » 20 minutes »et signé Jimmy Criket. (agrémenté des dessins du jour).

– Nicolas Sarkozy peut encercler ses ennemis. Tout seul.
– Quand Nicolas Sarkozy pisse face au vent, le vent change de direction.
– Nicolas Sarkozy peut claquer une porte fermée…
– Nicolas Sarkozy a déjà compté jusqu’à l’infini. Deux fois.
– Nicolas Sarkozy ne porte pas de montre. Il décide de l’heure qu’il est.
– Nicolas Sarkozy peut diviser par zéro.
– La seule chose qui arrive à la cheville de Nicolas Sarkozy, c’est sa chaussette.
– Quand Google ne trouve pas quelque chose, il demande à Nicolas Sarkozy.
– Nicolas Sarkozy fait pleurer les oignons.
– Les Suisses ne sont pas neutres, ils attendent de savoir de quel coté Nicolas Sarkozy se situe.
– Pour certains hommes le testicule gauche est plus large que le testicule droit. Chez Nicolas Sarkozy, chaque testicule est plus large que l’autre.
– Nicolas Sarkozy sait parler le braille.
– Il n’y a pas de théorie de l’évolution. Juste une liste d’espèces que Nicolas Sarkozy autorise à survivre.
– Un jour, au restaurant, Nicolas Sarkozy a commandé un steak. Et le steak a obéi.
– Nicolas Sarkozy a un jour avalé un paquet entier de somnifères. Il a cligné des yeux.
– Nicolas Sarkozy mesure son pouls sur l’échelle de Richter.
– Nicolas Sarkozy connaît la dernière décimale de Pi.
– Nicolas Sarkozy peut taguer le mur du son.
– Quand la tartine de Nicolas Sarkozy tombe, la confiture change de côté.
– Nicolas Sarkozy est capable de laisser un message avant le bip sonore.
– Une larme de Nicolas Sarkozy peut guérir du cancer, malheureusement Nicolas Sarkozy ne pleure pas.
– Quand Nicolas Sarkozy passe devant un miroir, il n’y a pas de reflet : il n’y a qu’un seul Nicolas Sarkozy.
– Si Nicolas Sarkozy dort avec une lampe allumée, ce n’est pas parce qu’il a peur du noir mais parce que le noir a peur de lui.
– Le calendrier de Nicolas Sarkozy passe du 31 mars au 2 avril. … Personne ne fait de blague à Nicolas Sarkozy.

L’occasion de relire le billet de Huertas « Une coupure vertigineuse », c’était ici.

Une coupure vertigineuse

Le retour de Sarkozy : une coupure vertigineuse

23 juin 2014 |  Par Hubert Huertas

Nicolas Sarkozy, en pleine tempête, fait annoncer son intention de revenir. Il indique sa méthode : s’emparer du parti qu’il a détruit. La dernière sortie de l’ancien président résume à elle seule la vertigineuse coupure entre la France des politiques et la France des Français.

Commençons par l’intéressé. Dans la vie courante, celle d’une entreprise par exemple, il serait viré depuis longtemps pour avoir tapé dans la caisse. Dans la vie politique, on fait semblant de s’interroger. Était-il au courant ? Voilà donc un patron dont le haut état-major a été pris la main dans le sac, état-major dont une bonne partie est convoquée par la justice à ce propos. Ses partisans assurent qu’il ne savait pas ! Que c’était dans son dos ! Voilà donc un candidat qui a fait péter le jackpot de ses comptes de campagne, sans avoir raflé la mise, mais à l’insu de son plein gré ! Parti ratiboisé financièrement, entourage moralement ruiné, dans la société civile cet homme se ferait tout petit. Dans la société politico-médiatique, il grimpe sur un tremplin ! Il annonce son retour irrésistible et trouve, de fait, des relais pour recueillir ses fanfaronnades comme les apôtres jadis, enregistrèrent la Sainte Parole…

Prenons le parti. Ses nouveaux chefs, Fillon en tête, repris par Éric Ciotti, parlent carrément de mafia. Dans une France exsangue, à laquelle, depuis bientôt quarante ans, on explique qu’il faut cesser de vivre au-dessus de ses moyens, et qu’il faut compter chaque sou, cette UMP a fait couler des torrents d’argent douteux pour organiser des espèces de Nuremberg, c’est-à-dire des spectacles médiatiques à la gloire du chef en campagne. Les faits sont établis. Mediapart a publié les fausses factures. Dans une vie démocratique normale, et saine, ce parti politique devrait disparaître ou nettoyer les écuries, en dénonçant celui qui l’a conduit dans cette impasse, et osons le mot, dans cette honte démocratique. Lire la suite

La compta chez Bygmalion…

De la bombe ! Mediapart a reconstitué la double facturation de Bygmalion établie pour les 44 meetings électoraux de Nicolas Sarkozy en 2012. Voir tableau ci-dessous. Quant à mieux comprendre pourquoi le moindre déplacement du nabot coûtait la peau des fesses, c’est dans Le Monde et le Canard Enchaîné qu’il fallait le lire :

« Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy, des exigences de diva en campagne »

« …D’après Le canard Enchaîné qui cite Le Monde, le mari de Carla Bruni aurait eu la folie des grandeurs et de la mégalomanie. En effet, lors de son grand meeting de la Concorde, il aurait ordonné d’avoir, en arrière-plan, derrière son pupitre, un très grand portrait de lui. Oui mais la photo, une fois imprimée, ne lui plait pas. Et il donne l’ordre d’en commander une autre illico-presto. « Payée hors de prix et réalisée pendant la nuit », écrit Le Canard. Lors de ce formidable meeting, il aurait ordonné que sa loge soit préparée comme un vrai appartement et qu’elle soit insonorisée. Selon Le Monde « Bygmalion fait bâtir des doubles cloisons en bois épais bourrés de laine de verre… »

Si vous avez raté la soirée sur Mediapart…

Retour sur nos enquêtes : l’affaire Bygmalion… par Mediapart

ndlr: Toutes les factures afférentes aux diverses « conventions » organisées par l’UMP ont été publiées sur Mediapart le 20 juin 2014. Nous ne reproduisons ci-après que celles afférentes aux principaux meetings du candidat Sarkozy.

Factures UMP’

Le fil sémaphorien_mai2014_n°2

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La photo qui a le plus buzzé cette semaine :

Yusuf Yerkel – directeur de cabinet et proche conseiller du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan – donnant un violent coup de pied à un manifestant

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Une manifestation autour du palais d’Egmont dégénère

Communiqué 15 mai 2014

Trois cents militants pacifiques ont été arrêtés ce matin à Bruxelles lors d’une manifestation de protestation contre le European Business Summit organisée par de nombreux réseaux européens, dont l’alliance belge D19-20. Par eux se trouvent Hélène Cabioc’h (Attac/Aitec), Annick Coupé (Solidaires) et Nicolas Galepides (Sud PTT) et Daniel Rallet (FSU) et sans doute d’autres militants français participant au rassemblement.

Nos organisations dénoncent ces arrestations illégitimes, et appellent à la libération immédiate des 300 activistes enfermés.

Nous en appellerons fermement aux autorités françaises présentes à Bruxelles et aux autorités belges dans les heures qui viennent.

Voir la vidéo sur :

http://www.rtbf.be/video/detail_une-manifestation-autour-du-palais-d-egmont-degenere?id=1926781

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« Des cons comme toi, j’en ai tué plein pendant la guerre ! » 

Drôle d’ambiance, ce jeudi 8 mai à Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne), à l’occasion des célébrations du 69e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. Comme l’a rapporté Le Pays Briard, l’élu FN Jacques Gérard, membre du conseil municipal, a violemment pris à partie le conseiller municipal à la jeunesse Madani Khaloua. En pleine cérémonie, il s’est approché du conseiller, arguant que ce dernier « n’avait pas le droit de porter l’écharpe tricolore [car] il n’a pas fait la guerre ».

« Au début, j’ai cru qu’il voulait me pousser, a raconté Madani Khaloua au Lab. Il était très agressif. Il montrait à tout le monde sa carte d’ancien combattant. Puis il m’a dit devant témoins : « Des cons comme toi, j’en ai tué plein pendant la guerre ! » » Ce n’est pas le premier incident de ce genre. « Plusieurs fois, il m’a dit « moi, je suis Français ». En 2012, il s’est demandé comment, avec notre passé colonial, on pouvait me laisser tenir un bureau de vote », raconte Khaloua, qui entend porter plainte.

A lire sur Le LabEurope1

Hou ! Hou ! Marine, t’as encore du boulot !

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Affaire Sarkadhafi_le suivi

Pour enrayer le cours d’une justice qui le menace, Nicolas Sarkozy est décidément prêt à tout. Mediapart révèle le contenu de nouvelles écoutes judiciaires qui montrent que Nicolas Sarkozy s’est étonné l’été dernier du peu de coopération de l’actuel patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) dans l’affaire Kadhafi afin de l’informer sur le contenu des investigations en cours, voire d’en empêcher les embarrassants développements. « Mais il nous est fidèle, lui ? », s’est-il ainsi inquiété auprès de son directeur de cabinet, en juin 2013.

Sarko se croit encore le patron, y compris de la DCRI.  Ce faisant, il ne se rend même pas compte que ses magouilles apportent de l’eau au moulin de la justice qui, preuve en est, a bien eu raison de qualifier une « bande organisée ». Et elle est gentille, la justice ; les gens simples préfèrent parler de mafia. Parce qu’un chat est un chat.

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Le sondage qui va faire de la peine à Marine Le Pen

En tête des intentions de vote pour les prochaines élections européennes, Marine Le Pen cultive un paradoxe de taille car elle reste l’une des personnalités politiques les moins appréciées des Français, selon un sondage BVA publié dimanche par Le Parisien.

Marine Le Pen reste en effet très majoritairement impopulaire aux yeux des Français : 68 % disent avoir une mauvaise opinion d’elle. Pis, ils sont 78 % à ne pas lui faire confiance pour gouverner le pays ! Son image personnelle est, de plus, très mauvaise. Les sondés sont une large majorité à la trouver « d’extrême droite » (77%) -un terme qu’elle récuse-, « agressive » (71%), « démagogique » (67%) et « raciste » (60%). Une minorité la trouve « visionnaire » (27%), « sympathique » (31%), « ayant la stature d’une femme d’état » (37%), « compétente » (38%). Ils sont, en revanche, une majorité à la juger « courageuse » (63%) et « convaincante » (52%).

Autre problème pour Marine Le Pen, sa proposition phare, qu’elle défend depuis la présidentielle 2012, ne trouve pas grâce aux yeux des Français. Selon ce sondage, ils sont 79% à ne pas souhaiter que son plan de sortie de l’euro soit appliqué et 81% à juger cette proposition non crédible.

Lire sur LeParisien.fr

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SARAH CONNOR – L’ONU va débattre du problème des « robots tueurs »

Terminator va-t-il devoir se conformer aux règles de l’ONU ? Loin de Hollywood et de ses scénaristes un peu rêveurs, l’organisation internationale va très sérieusement débattre du rôle futur des robots dans les conflits. Le débat aura lieu entre le 13 et le 16 mai et il aura pour thème officiel les « armes létales autonomes ». Un rapport de cette réunion d’experts sera rendu public en novembre.

Les drones, déjà largement utilisés sur les conflits, ne sont pas au programme de cette réunion d’experts.

En savoir plus ici : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/05/12/sarah-connor-lonu-va-debattre-du-probleme-des-robots-tueurs/#xtor=RSS-3208

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Boko Haram a diffusé, lundi 12 mai, une nouvelle vidéo de 17 minutes dans laquelle il exige la libération de prisonniers du groupe islamiste en échange de celle des quelque 200 lycéennes nigérianes enlevées à la mi-avril (voir fil précédent).

Le chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau, affirme que ses otages ont été converties à l’islam. On peut voir une centaine d’adolescentes portant un voile couvrant tout leur corps en train de prier. Le 14 avril dernier, le groupe islamiste avait enlevé 276 lycéennes à Chibok, dans l’État de Borno, qui abrite une communauté chrétienne importante. 223 d’entre elles sont toujours portées disparues

Un sommet réunissant plusieurs pays africains est prévu samedi à Paris pour évoquer la sécurité au Nigeria et dans sa région.

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Bouygues Telecom prépare un vaste plan de d’économies qui pourrait entrainer la suppression d’entre 1 500 et 2 000 postes, soit 23 % des effectifs, rapporte lundi 12 mail Le Figaro.

L’opérateur téléphonique est confronté à une forte baisse de ses ventes, notamment en raison de l’arrivée sur le marché des offres « low cost » comme celle de Free. En deux ans, Bouygues Telecom a ainsi perdu 200 000 clients et vu son revenu par abonné chuter de 18 %.

« La question qui se pose est celle du modèle économique et des emplois nécessaires à celui-ci », estime le représentant Force ouvrière Alain Bernard. « Le chiffre d’affaires de Bouygues Telecom a chuté de 26 % en deux ans, avec des coûts qui ont augmenté de 10 %. ». Ce vaste plan de suppression de postes devrait être annoncé « avant l’été », précise le représentant syndical. « Pour le moment, le calendrier est plus politique qu’économique. Rien ne devrait être annoncé avant les élections européennes, le 25 mai. »

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le fil sémaphorien_mars2014_n°3

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Mediapart révèle la teneur de sept écoutes judiciaires effectuées sur la ligne téléphonique ouverte sous une fausse identité par Nicolas Sarkozy. L’ancien président a mis en place un cabinet noir pour neutraliser les juges qui enquêtent sur lui. Selon les écoutes, le magistrat Gilbert Azibert est bien intervenu auprès de trois conseillers de la Cour de cassation chargés d’examiner la validité des actes d’instruction dans l’affaire Bettencourt. L’avocat de Nicolas Sarkozy est par ailleurs informé par une taupe dans l’appareil d’État sur l’affaire libyenne.

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L’UMP va encore crier au complot, et pourtant ! On les invente pas…

Le domicile de l’ancienne ministre UMP Michèle Alliot-Marie a été perquisitionné, mardi 18 mars, dans le cadre d’une enquête sur des mouvements de fonds suspects à Saint-Jean-de-Luz, selon les informations du Monde.

Cette perquisition intervient dans le cadre d’une enquête judiciaire, lancée après une enquête préliminaire consécutive à un signalement de la cellule de lutte contre le blanchiment d’argent de Bercy (Tracfin) sur des mouvements de fonds suspects dont l’ancienne ministre UMP serait l’une des bénéficiaires, via un hôtel de luxe de la côte basque.

Par ailleurs, mais toujours dans les rangs de l’UMP (ça doit être l’éclosion des œufs de l’ump…)

Eric Raoult, l’actuel maire UMP de la ville du Raincy et candidat à sa propre succession en mars, est accusé de harcèlement sexuel par une de ses anciennes collaboratrices, révèle Le Figaro lundi 17 mars.

Eric Raoult, qui parle de « coup bas », a envoyé près de 15 000 textos à sa collaboratrice entre octobre 2011 et juin 2012, selon Le Figaro qui a pu consulter les messages du maire UMP.  Des messages du genre « Tes seins sont notés triple A » ou « vous êtes très désirable et vous le savez »

15 000 textos en un an, ben dis donc, on comprend qu’il n’avait plus le temps de s’occuper de sa mairie. Et pour sûr, DSK est battu à plate couture.

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brèves en vrac…

On applaudit d’une main : Condamné pour fraude fiscale dans l’affaire Mediaset, le Cavaliere Berlusconi a été déclaré inéligible pendant deux ans par la Cour de cassation italienne.

Deux ans ? Non mais allô, quoi !

 

On applaudit des deux mains : Reconnaissant la responsabilité de la société générale, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a annulé la condamnation de l’ancien trader au versement de 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts.

Cumulards : Jean-Claude Gaudin a cumulé cent vingt ans de mandats dans sa vie ! Paraît que le record est de 140 ans, mais nous n’avons pas encore le nom.

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Ah, la parité…

Mediapart a épluché les investitures PS et UMP dans les 260 villes de plus de 30 000 habitants. Il y a déjà une certitude : malgré des listes strictement paritaires, les maires seront des hommes.

Ah, le langage…

Libération vient de compiler les noms des listes électorales d’environ dix mille communes et a créé un nuage de tags mettant en avant les mots les plus cités : la maxime idéale, le slogan parfait : Avec vous, tous ensemble pour vivre l’avenir. L’historien Christian Delporte y constate la pauvreté du lexique électoral actuel : « Il s’agit en fait d’un concentré de tous les clichés politiques en cours ces dernières années. « Ensemble », par exemple, on ne peut plus faire une affiche sans l’utiliser. La caractéristique de ces mots, c’est qu’ils n’engagent pas. Ce sont des mots-valises, utilisables à droite, à gauche, au centre. Des mots banals, insignifiants à force de ne vouloir choquer personne.

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Pas cher !

10€ la minute, ça fait 600 euros de l’heure. C’est le tarif de la formation que Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé et conseiller général de l’Aisne, a prétendu faire payer à sa collectivité, au bénéfice de la société Bygmalion. Le conseil général a refusé de régler un centime.

Encore heureux ! Qu’il soit en formation ou pas, l’élu UMP se serait présenté « deux fois en trente et une séances » depuis mars 2011 (date de sa réélection).

Note : Il faut savoir que depuis 1992, les collectivités locales sont tenues de dépenser, en formation, un montant équivalant à 20 % des indemnités de fonction de leurs membres. Financés sur deniers publics, ces stages sont régulièrement facturés plus de 1 000 euros par jour par les prestataires, nombreux d’un côté comme de l’autre de l’échiquier politique.

Mais on comprend que rien ne soit assez cher dans l’entourage de Copé, puisqu’il n’y a que les minables qui acceptent de vivre avec moins de 5 000 euros par mois. On ne va donc pas s’encombrer à l’UMP avec tous ces ratés. Ils seraient même capables de n’avoir pas encore une Rolex à l’âge de quarante ans. (ne le répétez pas, mais Copé ne souviens plus où est passée celle qui lui avait offert Ziad Takieddine…)

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le fil sémaphorien_mars2014_n°2

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Pour le Boeing disparu, on sait pas, mais pour l’UMP…

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AffaireS Dassault_ le suivi

Proposé par Le Monde, petit rattrapage en 5 minutes pour les nuls en affaire Dassault


Comprendre l’affaire Dassault en 5 minutes par lemondefr

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Ça fait plaisir de le savoir… pas vous ?

Alors que leurs profits ont diminué de 8 % en 2013, les entreprises du CAC 40 ont augmenté la distribution de leurs dividendes de 6 % au détriment de l’investissement, relève le journaliste Christian Chavagneux dans un billet de blog publié lundi 10 mars.

« En 2013, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 48 milliards d’euros de profits, en diminution de 8 % par rapport à 2012 » explique-t-il. « Pour autant, les actionnaires de ces entreprises vont ressortir gagnants de cette baisse de forme puisque les dividendes progressent de 6 % pour s’établir à 39 milliards d’euros. »

Lire sur le site d’Alternatives économiques

Thierry Lepaon : « le versement des dividendes est une insulte au monde du travail »

5 millions de demandeurs d’emploi, 30 milliards d’euros de cadeaux aux entreprises via un pacte de responsabilité sans réelles contreparties, approuvé par trois syndicats (CFDT, CFECGC, CFTC). Le 18 mars, CGT, FO, FSU et Solidaires invitent, elles, les salariés à réagir face aux reculs sociaux qui s’accumulent..

Pour visualiser les liens entre les entreprises : http://www.alternatives-economiques.fr/fic_bdd/article_pdf_fichier/1274372604_cac40_3.swf

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SARKOTHON_le suivi

La Cour de cassation a rejeté ce mardi 11 mars les pourvois déposés par Éric Woerth, Patrice de Maistre et d‘autres prévenus de l’affaire Bettencourt. Quant aux agendas de Nicolas Sarkozy, elle dit « n’y avoir lieu à statuer ». Beaucoup de bruit pour rien, mais la voie est désormais libre pour un procès.

Mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy. La Cour de cassation a jugé irrecevable, mardi, le pourvoi de l’ancien chef de l’Etat contre la saisie de ses agendas par les juges d’instructions bordelais en charge de l’affaire Bettencourt. Résultat: les juges parisiens en charge de l’affaire Tapie, qui disposent d’une copie des agendas, vont pouvoir continuer à enquêter sur le rôle de Sarkozy dans l’arbitrage très controversé qui a enrichi l’homme d’affaires, et qui a coûté 405 millions d’euros à l’Etat. Du coup, le dossier Tapie va continuer à alimenter le feuilleton des «affaires» et plomber le retour politique de l’ex-président en vue de la présidentielle de 2017.

http://www.liberation.fr/societe/2014/03/11/agendas-saisis-le-pourvoi-de-sarkozy-juge-irrecevable_986190

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Sarko, le feuilleton

C’est pas que Sarkommence, c’est que ça n’en finit plus

photo Reuters

Risque judiciaire sur Nicolas Sarkozy, sur son avocat et ami Thierry Herzog, ainsi que sur le haut magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert. La retranscription de ces écoutes a donné lieu, le 26 février, à l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour « trafic d’influence » et « violation du secret de l’instruction », confiée aux juges d’instruction Patricia Simon et Claire Thépaut.

« Elle a, le 4 mars, provoqué une série de perquisitions aux bureaux et domiciles de l’avocat et du magistrat, menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, et risque maintenant de déboucher sur des mises en examen. C’est un véritable séisme dans la classe politique mais aussi dans le milieu judiciaire. » (Source Mediapart).

Ainsi s’ajoutent, se superposent, se cumulent, s’amoncellent les affaires auxquelles le nom de Sarkozy est irrémédiablement lié. Cette fois on nous promet un séisme !… Comme d’hab, quoi ! Mais c’est le weekend, et on préfère prendre 10 mn dans cette agitation électorale pour revoir ce magistral plaidoyer de Jean Gabin dans « Le Président », un film d’Henri Verneuil sorti en 1961. Du pur Audiard aux dialogues, on ne s’en lasse pas. Il y a des gens qui pensent que « c’est du cinéma ». Faudrait alors qu’ils définissent ce qu’ils appellent le réel. Cinquante ans plus tard, si l’on doit constater que les propos n’ont pas pris une ride, c’est parce que rien n’a changé à l’Assemblée comme aux affaires, et que ça commence à bien faire !

L’article de Mediapart à l’attention de qui veut connaître les détails sur cette nouvelle affaire d’écoutes impliquant Nicolas Sarkozy se trouve après la balise Lire la suite. C’est un vrai feuilleton, et ce n’est que le début.

Pour les autres, place au « cinéma » !

article Mediapart du 7 mars 2014 Lire la suite

Abracadabrantesque

Pour comprendre le côté abracadabrantesque de cette histoire, il faut se souvenir que lorsque Mediapart avait fait état d’un document qui ouvrait des soupçons sur les financements libyens de Nicolas Sarkozy, ce dernier était monté au créneau en portant plainte pour usage de faux.

Mais voilà : comment pouvait-il savoir qu’il s’agissait d’un faux ? Et c’est là qu’intervient Jomode Elie Getty. On va l’appeler JEG car c’est plus court et que, de toute façon, le bonhomme est connu en France sous une dizaine de patronymes différents ! (du moins l’était-il car il est en cavale). Mais c’est bien JEG que Mediapart a reçu par deux fois dans ses locaux, le même qui a commencé par dire que le document cité plus haut était un faux, et c’est sur les dires de ce faux témoin que Nicolas Sarkozy s’est appuyé devant les juges pour tenter de discréditer Mediapart au sujet des soupçons de financements libyens.

Dans les faits, Mediapart rencontre Jomode Elie Getty au début de l’année 2012. Il s’était présenté comme un militant toubou – une ethnie du Sud libyen. Il était entré en contact avec la rédaction pour dénoncer une surveillance dont il disait avoir été l’objet en tant qu’opposant déclaré à Mouammar Kadhafi, de la part des services de police français, à l’époque de la « lune de miel » entre Nicolas Sarkozy et l’ancien dictateur libyen. (Cela est vrai au demeurant, comme l’aurait été la surveillance de tout opposant à Kadhafi lors de sa venue en France).

Entre les deux chefs d’état, Missouri_photo Reuters

D’ailleurs, dès la fin de la guerre de Libye, à l’automne 2011, Jomode Elie Getty apparaît dans les médias comme le porte-parole des Toubous à Paris. « Nous voulons un des trois ministères clés que sont le pétrole, les affaires étrangères ou l’intérieur », déclare-t-il au Monde qui le présente, en septembre 2011, comme le « fondateur » du Conseil national toubou, « installé à Paris depuis plus d’une décennie mais en relation permanente avec les membres toubous du Conseil national de transition libyen (CNT) ».

Mediapart décide de prendre ses distances avec JEG après avoir découvert qu’il tentait de nouer des relations d’affaires avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, l’un des principaux protagonistes de l’affaire Karachi et artisan du rapprochement franco-libyen entre MM. Sarkozy et Kadhafi. On sait qu’il rencontrera le marchand d’armes au moins vers mi-2012, et peut-être est-ce en le sachant en si « bonnes » relations que Nicolas Sarkozy va s’appuyer sur la déposition de JEG, sans savoir qu’il a affaire avec un mythomane, habitué des fausses déclarations et mis en cause dans plusieurs tentatives d’escroquerie. Lire la suite