La bataille du rail n’est pas terminée

COMPRENDRE LA GRÉVE DES CHEMINOTS

À part en Ile de France, la plupart des trains ont repris un fonctionnement normal, ce qui ne signifie pas que le conflit à la SNCF soit résolu. Mais il apparaît encore à ce jour que bon nombre de citoyens n’ont pas compris quel en est l’enjeu, fortement désinformés, il faut le dire, par le gouvernement et les médias aux ordres. C’est pourquoi nous revenons sur ce dossier avec des explications on ne peut plus claires. D’abord avec cette vidéo d’Arrêt sur Image avec un cheminot qui sait pourquoi il fait grève. Auteur d’un blog sur sa profession, Sylvain Bouard explique pourquoi il conteste la réforme du gouvernement. Ensuite avec les explications que Jean-Luc Mélenchon a déroulées sur son blog.


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UN COMBAT D’INTERET GENERAL

Les cheminots en grève depuis le 11 juin protestent contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement Hollande-Valls. Le gouvernement prétend que sa réforme va « réunifier la famille ferroviaire » aujourd’hui divisée en deux entreprises distinctes. En effet, en 1997, la SNCF a été coupée en deux. Depuis, la SNCF est chargé de « l’exploitation » du réseau, c’est-à-dire de faire circuler les trains. Et une autre entreprise, Réseau Ferré de France (RFF), assure l’entretien des voies ferrées et la construction de nouvelles lignes. Ce système est absurde. C’est d’abord une absurdité technique : séparer les rails et les quais des trains donne le spectacle lamentable des quais trop larges qui doivent être rabotés. C’est aussi une absurdité financière. Dans le ferroviaire, il faut des infrastructures très lourdes pour pouvoir faire circuler des trains. La logique de l’entreprise unifiée est de regrouper toutes les activités. Le système actuel sépare l’activité qui coûte le plus, à savoir entretenir et construire des voies ferrées, de l’activité qui rapporte, à savoir faire circuler des trains. Comble de l’aberration, lors de la création de RFF, c’est cette entreprise qui a hérité de toute la dette issue des investissements de la SNCF pour construire le réseau ferroviaire français. Bilan : RFF est asphyxié par cette dette et son remboursement. Et RFF est donc incapable de financer les investissements nécessaires à l’entretien et au développement du réseau. Pour compenser, RFF augmente les droits de péages que la SNCF doit lui payer pour pouvoir faire passer ses trains. Ce qui aboutit à augmenter les tarifs pour les usagers et à supprimer les trains les moins «rentables », donc a aggraver la désertification humaine et industrielle des zones concernées. Lire la suite

Grève à la SNCF_le suivi

Grève à la SNCF : une mobilisation nécessaire et légitime !

16 juin 2014 |  Par Les invités de Mediapart (http://www.mediapart.fr/)

Plusieurs dizaines de personnalités, économistes, politiques, sociologues… soulignent que « les cheminots préservent ce qui doit être un bien commun. C’est l’intérêt de tous, et c’est une nécessité écologique, de bénéficier de transports communs qui fonctionnent correctement. » Elles demandent au gouvernement de suspendre l’examen du projet de loi. Lire la suite

Cheminots et intermittents_le point

Lu sur orange.fr : « Dimanche, pour les grands débuts des « Bleus » au Brésil, environ 200 personnes étaient conviées dans le cadre somptueux de la salle des fêtes de l’Élysée, dont les médaillés français des jeux Olympiques et Paralympiques de Sotchi que le chef de l’État a décorés en début de soirée. »

Voilà à quoi préfère s’adonner François Hollande pendant que des revendications d’intérêt général commencent à paralyser le pays, portées par des travailleurs dont les salaires sont loin d’être comparables à ceux des footballeurs. Mais le plus grave est cette détestable manière du chef de l’État, de son gouvernement et des médias aux ordres, de montrer du doigt les grévistes, qu’ils soient cheminots, intermittents et autres intérimaires, et une fois de plus monter les français les uns contre les autres, avec des arguments aussi fallacieux qu’éculés. Ainsi avoir un travail serait devenu un tel « privilège » par rapport à ceux qui en sont privés ou en passe de le perdre que ça ne donnerait plus le droit d’ouvrir sa gueule ? Le droit de grève ? Le droit de défendre ses droits, son salaire, sa famille, son avenir ? Le droit de crier haut et fort que le travail devrait être considéré comme un droit plutôt qu’un privilège ?

Daniel Schneidermann note dans sa chronique matinale du 16 juin :

« Grévistes jusqu’auboutistes contre gouvernement déterminé » : ainsi le journal de France Inter annonce-t-il, dans ses titres, la situation au cinquième jour de la grève SNCF. Ce n’est pas un éditorial de Dominique Seux ou de François Lenglet, c’est le titre du journal, un titre censé être neutre, impartial, objectif et tout et tout. Et la radio nationale d’enchaîner sur l’inévitable reportage aux portes d’un centre de passage du bac philo (car le reportage sur le malheureux lycéen privé de bac par les jusqu’auboutistes est venu heureusement renouveler le genre de « l’usager pris en otage »). Pas de chance : les malheureux lycéens ont pris leurs dispositions, et se sont faits amener en voiture, constate la reporter sur place. Bref, à 8 heures et deux minutes, aucun hara-kiri à signaler. On imagine la déception. Lire la suite