Du côté des lanceurs d’alerte…

mise à jour vendredi 3 à 12h50

L’Élysée rejette la demande d’asile de Julian Assange

Dans un bref communiqué envoyé vendredi 3 juillet par l’Élysée, la présidence de la République a présenté une fin de non-recevoir à la lettre ouverte de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, qui demandait à Paris de l’accueillir car « sa vie est en danger » :

« La France a bien reçu la lettre de M. Assange. Un examen approfondi fait apparaître que compte tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande. La situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l’objet d’un mandat d’arrêt européen. »

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Julian Assange : « Monsieur Hollande, accueillez-moi en France »

Le Monde.fr | 03.07.2015 à 11h03 • Mis à jour le 03.07.2015 à 11h20

extrait (suite sur Le monde_article payant)

Monsieur le président de la République, j’ai l’honneur de vous écrire et, à travers vous, de m’adresser au peuple français.

Assange Mon nom est Julian Paul Assange. Je suis né le 3 juillet 1971 à Townsville, en Australie. Je suis un journaliste poursuivi et menacé de mort par les autorités états-uniennes du fait de mes activités professionnelles. Je n’ai jamais été formellement accusé d’un délit ou d’un crime de droit commun, nulle part dans le monde, y compris en Suède ou au Royaume-Uni.
Je suis le fondateur de WikiLeaks.
En avril 2010, je décide de publier une vidéo intitulée « Collateral murder ». Celle-ci montre le massacre de plusieurs civils, dont deux employés de Reuters, et les graves blessures de plusieurs enfants par des soldats états-uniens en Irak. Les images, filmées depuis un hélicoptère, sont difficilement soutenables. Elles s’accompagnent des rires et des commentaires sarcastiques de ceux qui sont en train de commettre ces crimes. Elles font le tour du monde et révèlent brutalement l’inhumanité d’une guerre qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes.

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Monsieur le Président, donnez l’asile à Julian Assange et Edward Snowden

02 juillet 2015 | Par Les invités de Mediapart

Des personnalités françaises issues des mondes politique, intellectuel et artistique interpellent le président de la République sur le devoir de protection de la France à l’égard de deux lanceurs d’alerte. « Les révélations de WikiLeaks donnent à ses plus hauts représentants l’opportunité de laver l’humiliation subie et, ce faisant, de réaffirmer les valeurs de la France et sa souveraineté, en accordant sa protection à Julian Assange et Edward Snowden. »
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Depuis plusieurs années, Julian Assange et Edward Snowden payent du prix de l’exil leur courage. Persécutés, menacés, diffamés, coupés de leur entourage, soumis à un harcèlement constant, ils le sont pour avoir révélé la violation des droits de millions d’être humains et de la souveraineté de nombreux États, dont la France. Tandis que Julian Assange a dû trouver refuge dans un réduit de quelques mètres carrés au sein de l’Ambassade d’Equateur à Londres, Edward Snowden a été forcé par l’administration américaine à se poser sur le sol russe alors qu’il cherchait asile en Amérique latine.
La justice de leur combat est unanimement saluée, et pourtant leur situation indigne demeure. Tous deux peuvent voir leur sort basculer du jour au lendemain et, sans renoncer à leurs idées, cherchent à sortir de leur situation actuelle pour redevenir acteurs de leur destin. Ils en ont appelé à la France à plusieurs reprises, après avoir rendu d’éminents services à la nation en révélant les pratiques scandaleuses des États-Unis contre notre pays.
La République a le droit et le devoir d’accueillir en France les individus qui sont persécutés en raison de leur combat pour la liberté. Les moyens à sa disposition sont nombreux, de l’asile constitutionnel au visa de long séjour pour asile en passant par l’attribution d’un permis de résidence ou de la nationalité française.
Les révélations de WikiLeaks donnent à ses plus hauts représentants l’opportunité de laver l’humiliation subie et, ce faisant, de réaffirmer les valeurs de la France et sa souveraineté, en accordant sa protection à Julian Assange et Edward Snowden. Les regards du monde portent sur nos dirigeants et sur notre Président de la République.
La France est attendue. Nous attendons qu’elle agisse. Fermement.

Premiers signataires : Edgar Morin, Emmanuel Ungaro, Jacques Audiard, Jean-Pierre Mignard, Jean-Michel Jarre, Edwy Plenel, Eva Joly, Thomas Piketty, Eric Cantona, Romain Gavras, Vincent Cassel, Santiago Amigorena, Irène Jacob, Matthieu Kassovitz, Rebecca Zlotowski, Ludivine Sagnier, Disiz, Franck Annese, Louis Garrel, Kim Chapiron, Romain Duris, Mouloud Achour, Kavinsky, Didier Eribon, Tahar Rahim, Jonathan Nossiter, Raphaelle Bacqué, Bertrand Grebaut, Christophe Deloire, Geoffrey de Lagasnérie, Costa-Gavras, Karim Boukercha…

snowden

Loi renseignement : #Occupy_Dgsi !

La Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat national des journalistes, la Confédération paysanne, Sud Solidaires, le Parti de gauche, la Fédération anarchiste et Alternative libertaire lancent un appel à une mobilisation inédite contre la loi sur le renseignement qui porte atteinte à nos libertés. Ces organisations invitent à une assemblée populaire au pied du siège de la DGSI, le service de renseignement intérieur, dimanche 21 juin, jour de la fête de la musique, à Levallois-Perret.
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Pourtant, les rapports de force commencent à changer.
Nous assistons à l’émergence d’une génération post-terreur,
qui rejette une vision du monde définie par une tragédie particulière.

Edward Snowden

Après l’Assemblée nationale, la loi sur le renseignement a donc été validée par le Sénat à une forte majorité. Les lois scélérates sont toujours votées à de « larges majorités ». C’est quelques années plus tard que l’on s’avise de l’erreur commise. Quand il est trop tard. Quand le mal est fait, et entré dans les mœurs.

La loi sur le renseignement, c’est malgré tous les dénis gouvernementaux le coup du Patriot Act, avec quatorze ans de retard. Fort heureusement, nous avons pu voir ce que cela donnait, depuis le temps. Nous sommes déjà plus d’une décennie après la « loi sur le renseignement ».

Donner aux services de renseignement le pouvoir d’intercepter tout ce que bon leur semble, cela donne la NSA et donc Snowden, la NSA et le scandale de la NSA. C’est un fait désormais établi : les milliards d’interceptions du programme PRISM ont permis en tout et pour tout de déjouer « peut-être un » attentat, et en réalité aucun. C’est donc que le but de la surveillance de masse n’est pas de déjouer des « attentats terroristes », mais la surveillance de masse elle-même ; le « terrorisme » sert de prétexte à une tout autre politique.
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Snowden, Amnesty et les droits humains

Le lanceur d’alerte américain Edward Snowden, ancien sous-traitant de la NSA ayant révélé l’étendue de ses pratiques de surveillance d’Internet, fera sa première apparition publique en France, par vidéoconférence, le 10 décembre.

M. Snowden prendra la parole, depuis la Russie où il a obtenu l’asile, à la Gaîté Lyrique, dans le 3e arrondissement de Paris, à l’occasion d’un événement organisé pour la journée internationale des droits de l’homme par Amnesty International avec le soutien du Monde, de Mediapart et d’Arte.

Outre un concert et la projection d’un film, deux tables rondes seront organisées au cours de cette journée, notamment sur le thème de la « surveillance des données et respect de la vie privée.

Source Le Monde

Refuser de fermer les yeux sur les violations de droits humains dont trop de personnes sont victimes, c’est déjà contribuer à les faire reculer.
À partir du 3 décembre, Amnesty International lance 10 jours pour signer, sa campagne annuelle de mobilisation. Les citoyens du monde entier sont invités à agir pour des personnes dont les droits fondamentaux sont bafoués et à faire de leur regard une arme contre les violations des droits humains.
Dès le 3 décembre, nous comptons sur vous pour agir sur 10jourspoursigner.org et lors des évènements organisés par nos militants dans plus de 200 villes en France.
LE 10 DECEMBRE EN COMPAGNIE D’EDWARD SNOWDEN
Le 10 décembre à la Gaîté lyrique (Paris), journée internationale des droits de l’homme, venez participer aux tables rondes  » Torture et sécurité : le modèle américain  » et  » Surveillance des données et respect de la vie privée « . Edward Snowden y sera en téléconférence ouverte au public pour la première fois en France.
Cet évènement est ouvert à tous dans la limite des places disponibles et pourra aussi être suivi en direct sur notre chaîne Youtube.
La journée se terminera par un concert d’Emily Loizeau, « Piano-Cello Tour ». Réservez votre place (12 €)
LA PLUS GRANDE MOBILISATION MONDIALE ANNUELLE EN FAVEUR DES DROITS HUMAINS
En 2013 dans le monde, 2,3 millions d’actions ont été réalisées dans le cadre de cette campagne annuelle : pétitions, courriers aux autorités, messages de soutien, en provenance de 140 pays.
Notre mobilisation change des vies
Fin 2013, Jabeur Mejri en Tunisie, Yorm Bopha au Cambodge, Nguyen Tien Trung au Vietnam, Vladimir Akimenkov et Mikhaïl Kosenko en Russie, étaient tous en prison : tous ces prisonniers d’opinion sont aujourd’hui libres, et notre mobilisation collective y a largement contribué !
Nous comptons sur vous !

Venezuela_le suivi

LE VENEZUELA MONTRE QUE LES MANIFESTATIONS PEUVENT AUSSI ÊTRE UNE DÉFENSE DES PRIVILÈGES

 par Seumas Milne (The Guardian)

Note : c’est pour ses révélations sur le système mondial de la NSA que le Pulitzer a été décerné au journal the Guardian (Londres) parce qu’¨exemple distingué de service public en tant que quotidien d’information¨. The Guardian vient aussi de sauver l’honneur du journalisme occidental au sujet du Venezuela. Alors que ses confrères sont restés enchaînés au fond de la caverne de Platon, il a dépêché un envoyé spécial sur place, rappelant l’époque glorieuse où informer était synonyme d’enquêter. Journaliste à The Economist avant de devenir chroniqueur et rédacteur associé au Guardian, Seumas Milne a effectué des reportages au Moyen-Orient, en Asie du sud, en Russie, en Europe de l’est et en Amérique latine. Il est l’auteur d’un livre à succès sur la grêve des mineurs anglais de 1984–5 british intitulé l’ennemi intérieur : la guerre secrète contre les mineurs, fruit d’une enquête sur les agissements du mi5 et de la special branch dans ce conflit.

Par Seumas Milne

De l’Ukraine à la Thaïlande et de l’Égypte au Venezuela, des protestations à grande échelle visaient – et dans certains cas ont réussi – à renverser des gouvernements. Dans certains pays les protestations de masse étaient conduites par des organisations de travailleurs contestant l’austérité et le pouvoir des entreprises privées. Dans d’autres cas des troubles où prédomine la classe moyenne ont servi de levier pour restaurer des élites évincées.

Parfois, en l’absence d’organisation politique, les deux peuvent se chevaucher. Mais quel que soit le secteur qu’elles représentent, elles se ressemblent toutes… à la télévision. Et les manifestations de rue ont été tellement efficaces pour faire tomber des gouvernements ces 25 dernières années que les pouvoirs globaux se sont ruées en force sur le marché de la protestation.

Depuis le renversement du gouvernement élu Mossadegh en Iran dans les années 1950, pour lequel la CIA et le MI6 ont payé des manifestants anti-gouvernementaux, les États-Unis et leurs alliés ont dominé le champ : en finançant des « révolutions de couleur », en fondant des ONGs affiliées, en formant des activistes étudiants, en alimentant les réseaux sociaux de la protestation pour dénoncer – ou ignorer – les répressions policières selon leur convenance. Lire la suite

le fil sémaphorien_mars2014_n°1

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Edward Snowden a transmis ce vendredi au Parlement européen un témoignage de 12 pages sur l’espionnage des pays et institutions européens par la NSA américaine.

 

Edward Snowden a été interrogé par l’eurodéputé Vert Jan Philipp Albrecht sur ce que le Parlement peut « faire pour l’aider en quoi que ce soit » et s’il souhaitait obtenir « l’asile dans l’Union européenne ».

« Si vous voulez m’aider, aidez-moi en aidant tout le monde », lui a répondu Edward Snowden. « Déclarez que cette collection de masse et indiscriminée de données privées par les gouvernements est une violation de nos droits et qu’elle doit cesser. Ce qu’il m’arrive en tant que personne est moins important que ce qui arrive à nos droits humains ».

« En ce qui concerne l’asile, je cherche bien l’asile au sien de l’UE, mais je dois encore avoir une réponse positive aux demandent que j’ai envoyé à divers États membres de l’UE. Des parlementaires dans des gouvernements nationaux m’ont dit que les USA, et je cite, « n’autoriseront pas » leurs partenaires américains à m’offrir un asile politique ».

C’est sûr qu’après le coup du détournement d’avion présidentiel d’Evo Morales, faut pas compter sur le France de Hollande.

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Opaque, épique, nous vivons une drôle d’époque. Il pleut des cordes. Voici quelques glanes d’info sur les trois derniers jours seulement (ndlr : liste largement pas exhaustive) :

Des écoutes téléphoniques inquiètent l’avocat et ami de Nicolas Sarkozy

Selon des écoutes, l’avocat Thierry Herzog est soupçonné d’être intervenu pour Nicolas Sarkozy, dans un volet de l’affaire Bettencourt, auprès d’un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. Saisie de l’affaire, une juge d’instruction vient de procéder à des perquisitions.

Marine Le Pen enregistrée par un conseiller FN

La présidente du FN et ses conseillers ont été enregistrés à leur insu par un délégué national du parti, qui avait disposé un dictaphone entre ses cuisses. Repéré, David Mascré a été exclu du FN.

Les affaires plongent l’UMP dans le chaos

Jean-François Copé accusé de favoritisme envers ses proches, Nicolas Sarkozy enregistré à son insu par son ancien conseiller Patrick Buisson, l’avocat de l’ancien président perquisitionné dans le cadre d’une information judiciaire ouverte contre X pour « trafic d’influence », Serge Dassault entendu par la justice dans l’affaire des achats de vote de Corbeil-Essonnes… À trois semaines des municipales, l’UMP fait face à une succession d’affaires retentissantes.

HLM de la Côte d’Azur : une sale affaire au cœur du royaume Estrosi

Une enquête de la police judiciaire sur des pots-de-vin dans le milieu du BTP niçois pourrait s’orienter vers le premier bailleur social des Alpes-Maritimes, Côte d’Azur Habitat, présidé par Dominique Estrosi-Sassone, ex-femme et adjointe de Christian Estrosi, le maire UMP de Nice.

Soupçons de détournement : Brigitte Barèges entendue par la police judiciaire

La maire UMP de Montauban, Brigitte Barèges a été entendue par la police judiciaire dans le cadre d’une enquête portant sur un éventuel détournement de fonds publics.

Frais d’enquête : 34 millions d’euros pour le cabinet du patron de la police en dix ans

Entre 2002 et 2012, le cabinet du directeur général de la police nationale a reçu au total 34 millions d’euros en liquide, prélevés sur les frais d’enquête des policiers. Employés de façon « totalement discrétionnaire » et sans aucun justificatif, dénonce la Cour des comptes.

Les reportages bidonnés du « Monsieur sécurité » de Michèle Tabarot

La secrétaire générale de l’UMP, Michèle Tabarot, a fait de la police municipale de sa ville du Cannet un véritable fer de lance. Pour vanter son action, son « Monsieur sécurité » et chef de la police municipale a mis en scène de faux témoins, dont certains de ses policiers, dans de nombreux reportages diffusés notamment sur TF1.

L’occasion de revoir notre Mafiascope, non ?

Et dire que certain(e)s osent encore concourir sous l’étiquette UMP ! Va falloir qu’ils nous expliquent ce qui y est encore défendable…

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Crimée : une présentatrice d’une chaîne russe critique l’occupation

La présentatrice américaine Abby Martin a pris lundi une position ferme contre l’intervention russe en Crimée, en direct sur la chaîne russe d’information en continu RT (financée par le gouvernement russe, à destination de l’étranger). A la fin de son émission (présentée en anglais, depuis Washington) « Breaking the set », elle explique également être déçue par la couverture médiatique de la crise ukrainienne et regrette que le peuple ukrainien se retrouve comme un « pion d’un jeu d’échecs des superpuissances« .


RT-Ukraine par asi

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brève Mediapart : La tête de liste FN-Rassemblement bleu marine dans le VIe arrondissement de Paris pour les municipales, Paul-Marie Coûteaux, a suggéré dans plusieurs billets rédigés sur son blog de « concentrer » les Roms « dans des camps » comme remède à « l’abandon de la dignité nationale », que constituerait leur présence dans les rues.

Le président de Souveraineté, indépendance et libertés (Siel, un micro-parti allié au FN au sein du RBM) qualifie la présence des Roms d’« invasion » ou de « lèpre » qui porte atteinte à « l’ordre esthétique » du VIe arrondissement parisien, ajoutant qu’elle « témoigne jusqu’à la caricature de l’irresponsabilité générale, et corrélativement de l’abandon complet de la dignité nationale.

Comme quoi, dans les têtes de listes, y a aussi des têtes de cons.

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le fil d’actu sémaphorien_janvier2014_ n°4

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Notre-Dame-des-Landes_le suivi

Les économistes Geneviève Azam, Jean Gadrey et Susan George, ainsi que Jacques Bankir, ancien dirigeant de compagnies aériennes, Arnaud Gossement, avocat, Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, et Patrick Warin, consultant, demandent « instamment » au gouvernement « de ne pas engager les travaux prévus par les arrêtés préfectoraux » publiés en décembre dernier.

Personne ne peut croire que cela se fera dans le calme sur le terrain. Aussi, avant que l’irréversible ne se produise, nous en appelons à l’opinion publique et à la plus haute autorité́ de l’État, car ce dossier est symptomatique de toute une série de graves dysfonctionnements qui ne peuvent être passés sous silence.

http://blogs.mediapart.fr/edition/notre-dame-des-landes-du-bocage-au-blocage/article/230114/notre-dame-des-landes-il-faut-que-la-raison-l-emporte

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Cinéma Pagnol d’Aigues Mortes_le suivi

C’était sur Radio système le 8 janvier. Un bon rappel pour ceux qui auraient manqué des épisodes.

Le pot de terre contre le pot de fer ! Le cinéma associatif contre le géant du divertissement Culturespaces ! C’est le combat que mènent depuis plusieurs mois des citoyens du collectif  » écran Noir  » – entretien avec Isabelle Secrétan, Frédéric Vallat , Sodol Colombini au micro de Christian « Carrefour des résistances ».

 

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De Bricq et de brocs

Attention : L’UE est en train d’accepter les tribunaux d’arbitrage entre États et firmes à l’occasion des négociations en cours sur le grand marché transatlantique. (voir article dans ces mêmes pages).

Le 29 mai 2013, l’Assemblée nationale avait pourtant demandé « que soit exclu du mandat le recours à un mécanisme spécifique de règlement des différends entre les investisseurs et les États pour préserver le droit souverain des États ».

Cela n’a pas empêché la ministre française Nicole Bricq de saluer l’initiative de la Commission Européenne, attestant ainsi que les votes du Parlement français n’ont aucune valeur pour elle. Ce comportement a un nom, ça s’appelle forfaiture.

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Sepa la joie, Sepa cool et Sepa clair

L’UFC, dans un souci d’informer des moutons déjà bien tondus, a repéré un loup déguisé qui se fait appeler SEPA, du nom du règlement européen qui vise à simplifier les autorisations de prélèvements.

Vous en avez forcément entendu parler ; les journaux, votre banque, votre fournisseur d’accès, tout le monde s’y est mis. L’objectif : créer un marché unique des paiements sur l’ensemble de la zone SEPA qui comprend 31 pays européens. Mais voici le loup à surveiller :

Jusqu’à présent, pour autoriser vos prélèvements automatiques vous deviez signer une autorisation et une copie était envoyée à votre banque. L’Europe a décidé de simplifier tout ça. Dorénavant, vous signez une autorisation au fournisseur et c’est tout. La banque prélève votre abonnement sur votre compte sans savoir de votre bouche si vous nous avez bien autorisés à le faire.

Le risque signalé par l’UFC est évident : « on risque de voir les fraudes augmenter avec la fabrication de faux mandats de prélèvements » explique-t-on. « Les banques auront néanmoins l’obligation de vous rembourser sous dix jours si jamais vous êtes prélevés à tort. » Encore faut-il s’en apercevoir dans un délai de huit semaines, sinon on est marron.

Restons dans la couleur, au moins le temps d’apprendre que votre banque est déjà dans le rouge si elle ne vous a pas parlé des listes blanches et des listes noires, alors qu’elle a l’obligation de le faire.

En effet, pour éviter les fraudes, il est possible d’établir auprès de votre banque une liste blanche qui comprendra les fournisseurs autorisés à prélever sur votre compte, et une liste noire qui regroupera les fournisseurs dont vous ne voulez pas entendre parler.

Le constat de l’UFC est saisissant : « sur les 331 agences visitées par nos enquêteurs sur 40 départements, seulement 2,6% affichaient des informations sur le SEPA, et 8% mettaient des brochures sur ce sujet en libre-service. Sur internet, seuls 25,6% des sites bancaires mentionnent le SEPA pour les particuliers, et 3% évoquent le sujet capital des «listes noires» et «listes blanches» ! Dans les brochures tarifaires, cette absence est tout aussi criante : 2 banques sur 129 mentionnent l’existence de ces listes ! ».

À bon entendeur…

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Pas censuré mais presque

Jeudi 16 janvier à 0h15 (bonjour l’horaire pour ceux qui doivent se coucher tôt) France 5 diffusait le documentaire « Salariés sans frontières » sur les travailleurs frontaliers des régions limitrophes du Luxembourg. Le réalisateur Gilles Balbastre y raconte l’histoire de ces salariés européens français, allemands, belges, qui vont au Luxembourg pour travailler, particulièrement dans des zones de forte désindustrialisation.

Faut croire que le sujet doit en titiller quelques-uns, puisque la chaîne (rappelons qu’elle appartient au service public) n’avait programmé aucun replay du documentaire. Il a fallu que râlent quelques internautes déçus pour que France 5 mette finalement le replay du documentaire en ligne. Il y sera encore visible jusqu’à vendredi matin.

Entretemps, il y a eu un appel de Gilles Balbastre pour inviter à visionner sur Internet ce documentaire qui a failli par ailleurs passer complètement à la trappe. Il y a des sujets qui ne sont pas bienvenus dans la situation actuelle. Si ce docu ne fonctionnait pas correctement dans nos pages, suivez le lien « Salariés sans frontières » sur YouTube où il est entièrement disponible.

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premier fil d’actu sémaphorien de l’année

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« Puisque l’argent public est rare, il doit être bien utilisé, et nous pensons aujourd’hui qu’il peut être mieux utilisé que pour faire un nouvel aéroport alors qu’il en existe déjà un »

Parlant du projet à Notre-Dame-des-Landes qu’il trouve inutilement dispendieux, c’est ce qu’a déclaré Pascal Canfin le 2 janvier sur Europe1. Le ministre délégué au Développement rappelle ainsi le soutien « très clair » d’Europe écologie-Les Verts « à tous ceux qui s’opposent aujourd’hui à la construction de cet aéroport ».

Une grande manifestation d’opposants au projet est également prévue à Nantes le 22 février.

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Offrir une paire de couilles à Hollande pour Noël 

Bon, d’accord, c’était moche, sexiste, vulgaire, irrespectueux et même pas drôle, mais Politis a choisi d’en parler, Rue 89 aussi, et Sémaphores s’en voudrait d’avoir raté cette perle !

La dernière campagne des « Jeunes écolos d’Île-de-France » a été retirée une heure après sa mise en ligne (on imagine la pression). Ah, ces jeunes !…

L’objectif n’était pourtant que d’aider le Président à résister aux pressions de la droite et à tenir ses promesses. Une campagne qui ne pouvait que heurter et mettre mal à l’aise les ministres EELV qui se font mener en bateau par François Hollande depuis un an et demi, tout en restant au gouvernement.
Mais comme le relève Politis : À suivre les critères de ces jeunes écolos insolents, leurs ministres « en auraient-t-ils » plus s’ils décidaient de démissionner ?

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Aïe aïe aïe environnement

La loi du 2 janvier 2014   , article 16 en particulier, offre désormais au gouvernement la possibilité de revoir, par ordonnance, le régime juridique auquel tout projet d’aménagement est normalement soumis en matière d’évaluation environnementale.

Cette disposition crée en effet de nouvelles «zones d’intérêt économique et écologique», que la loi décrit comme des «zones présentant un intérêt majeur pour l’implantation d’activités économiques dans lesquelles les enjeux environnementaux font l’objet d’un traitement anticipé».

En résumé, ce dispositif permet au préfet de région de délimiter ces «zones d’intérêt économique majeur» dans lesquelles les enjeux environnementaux feront l’objet d’un nouveau traitement. Au programme : la création d’un diagnostic environnemental réalisé en amont par l’aménageur, comportant un inventaire détaillé des espèces et des habitats protégés, ou encore la réalisation d’un plan d’aménagement, là encore par l’aménageur, et dont les conditions de l’évaluation environnementale et de l’enquête publique pourront être revues par ordonnance.

En outre, selon le Journal de l’Environnement, cet article 16 n’a curieusement fait l’objet d’aucun débat, ni à l’Assemblée ni au Sénat. Et selon Raphaël Romi, professeur en droit de l’environnement à l’université de Nantes : « Ces dérogations au droit communautaire de protection des espèces et des habitats sont contraires à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, qui prévoit des dérogations, lorsqu’il existe un intérêt public majeur, uniquement par espèce, par projet et par zone et non sur un territoire global.»

Article intégral sur Le Journal de l’Environnement : http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-gouvernement-detricote-a-nouveau-le-droit-de-l-environnement,41257

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Sale temps pour les lanceurs d’alerte

Bradley Manning

La justice militaire américaine a reconnu le soldat Manning coupable d’espionnage mais l’a acquitté de la charge de collusion avec l’ennemi. Ce verdict, même s’il exonère le jeune soldat Manning de la peine de mort ou d’un emprisonnement de plusieurs centaines d’années ( !), ne doit pas nous masquer le signal qui est ainsi envoyé aux lanceurs d’alerte. Plus que jamais il doit relancer le débat sur le droit à l’information contre les secrets d’État.

Pour rappel, ce soldat de 25 ans est accusé d’être la source d’une fuite gigantesque, la plus grande de l’histoire de l’armée américaine, avec 700.000 documents militaires et câbles diplomatiques transmis à l’organisation WikiLeaks. Parmi ces documents : la vidéo « Colateral Murder » tournée par la caméra interne d’un hélicoptère US Apache en mission à Bagdad en 2007 et faisant un carton sur des civils, dont enfants et journalistes. (la vidéo est toujours visible ici : http://www.youtube.com/watch?v=5rXPrfnU3G0 )

Écœuré, Bradley Manning décida de rendre public ces documents de façon à dénoncer des crimes de guerre. Lors de son procès, il a notamment déclaré que le public américain devait connaître le véritable coût de la guerre.

Manning a été arrêté en Irak en mai 2010 et emprisonné sur une base militaire de Quantico, en Virginie, réduit à l’isolement maximum pendant onze mois. Ses conditions de détention ont été décrites comme inhumaines par Amnesty International et ont suscité l’inquiétude du rapporteur de l’ONU sur la torture.

Reporters sans frontières n’hésite pas à déclarer que « le verdict sert d’avertissement à tous les lanceurs d’alerte, contre lesquels l’administration Obama est en train de mener une offensive sans précédent, en ignorant l’intérêt public de leurs révélations ».

D’où il est légitime de se demander quel va être le sort réservé à Julien Assange, dirigeant de WikiLeaks, toujours réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres, et celui qui attend Edward Snowden, toujours bloqué dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo à Moscou.

Par ailleurs, bien que ne relevant pas du secret militaire mais du domaine fiscal, peut-on accepter que le repenti Pierre Condamin-Gerbier soit emprisonné en Suisse pour ses révélations sur les malversations des banques Reyl ou UBS, pendant que le sieur Cahuzac fanfaronne librement de micro en micro ?

Autres petits rappels en vrac :

**Mediapart est partenaire de WikiLeaks, à la suite du partenariat signé le 31 janvier 2011 en Grande-Bretagne par Julian Assange pour WikiLeaks et Edwy Plenel pour Mediapart.

**L’affaire du licenciement de Michèle Viot, responsable du laboratoire hospitalier à Nice, qui dénonce une contamination bactérienne dans le circuit d’eau de l’Institut universitaire de la Face et du Cou (affaire détaillée par Mediapart) me semble significative.

**Samuel Claude, le dentiste qui a dénoncé le risque de contamination par des aérosols. Il a dû s’exiler au Québec tant il était persécuté en France et son épouse en est décédée.

**Jean-Jacques Melet, médecin mort en 2005 par suicide. Il avait dénoncé les amalgames dentaires au mercure. Il a été pourchassé par l’ordre des médecins, victime d’un acharnement administratif et juridique qui l’a fait s’achever lui-même dans la misère.

**Que dire du sort de François Dufour, qui casque pour les faucheurs d’OGM après la victoire de Monsanto ?

Il semblerait que Mediapart prépare un dossier spécial sur tous ces lanceurs d’alerte et d’autres sur lesquels la presse passe un peu trop rapidement, comme en une rubrique de simples chiens écrasés, comme si ce qui était en jeu et en danger n’était pas précisément ce droit de savoir de tout citoyen et celui de la liberté de la presse, protection des sources incluse.

Pendant ce temps, de l’autre côté du Rhin, l’affaire Prism/Snowden ne cesse depuis sept semaines de tourmenter la vie politique. Que les États-Unis espionnent les citoyens à la barbe des services allemands et du gouvernement a provoqué un scandale.

Non seulement le pays aurait été une des principales cibles du programme d’espionnage de son pourtant proche allié américain mais, d’après le Bild Zeitung, l’armée aurait pris connaissance de l’existence de PRISM il y a deux ans à l’occasion d’opérations conjointes en Afghanistan. Mieux, le service de renseignement extérieur (Bundesnachrichtendienst, BND) collaborait étroitement avec la NSA. À tel point que l’agence américaine a mis à disposition du service de renseignement intérieur allemand un logiciel de surveillance, XKeyscore, qui permet de collecter les recherches effectuées par un internaute ciblé et d’enregistrer une partie de ses communications. Il s’agit d’un des principaux outils permettant à la NSA d’intercepter quelque 500 millions de communications en Allemagne.

Les intellectuels se sont emparés du sujet. Une soixantaine d’écrivains allemands ont publié le 25 juillet une lettre ouverte à Angela Merkel intitulée « L’Allemagne est un État policier », dans laquelle il est demandé des comptes à la chancelière : « Pendant que notre vie privée est rendue transparente, les services secrets prétendent à un droit à l’opacité sur leurs méthodes. En d’autres termes : nous vivons une attaque historique sur notre État de droit démocratique, en l’occurrence le retournement du principe de présomption d’innocence en un soupçon généralisé. (…) C’est pourquoi nous vous demandons : la surveillance des citoyens allemands par la NSA, qui est interdite par la loi fondamentale et la Cour constitutionnelle aux autorités allemandes, répond-elle à une volonté politique ? »

En France, il existe une loi, toute récente, qui protège les lanceurs d’alerte en matière de santé et d’environnement. En revanche rien qui protège les lanceurs d’alerte au sein des entreprises. Un amendement pour corriger cela a été voté à l’Assemblée lors de l’examen du projet de loi sur la lutte contre la fraude fiscale. Mais pour le moment, il n’a pas été adopté au Sénat. Un amendement (source Le Figaro) a aussi été adopté dans le cadre de l’examen à l’Assemblée de la loi sur la transparence de la vie publique.

Jusqu’où irons-nous dans l’application réelle de la faible loi existante, saurons-nous la renforcer au-delà d’un simple amendement ? Suite au prochain épisode.

Affaire Snowden et déclaration de Cochabamba

Une info annoncée certes par tous les médias mais rapidement passée sous silence, comme si un très grave incident diplomatique n’avait aucune importance selon qui est le pays humilié. Nous avons pourtant été nombreux, par delà ce scandale politique, à verser des larmes tant notre honte était grande d’être Français dans un moment pareil.

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, quatre pays européens, la France, l’Espagne, l’Italie et le Portugal interdirent leur espace aérien à l’avion présidentiel du président légitimement élu de la Bolivie, Évo Morales. Mais une fois à l’aéroport de Vienne, l’ambassadeur d’Espagne en Autriche est intervenu pour demander, à l’encontre du droit international et contre la volonté du Président, une fouille complète de l’avion. Ce dernier sera retenu plus de 13 heures à cet aéroport comme le serait un délinquant de droit commun.

Il faut imaginer un seul instant un scénario semblable impliquant cette fois l’avion présidentiel du président des États-Unis à qui serait interdit l’espace aérien de la Bolivie, du Venezuela, de l’Équateur, de l’Argentine et du Brésil pour faire le plein de carburant. Déjà là ce serait une mobilisation de tous les médias et institutions internationales pour dénoncer et justifier des interventions militaires musclées dans ces pays.

Cette honte, que nous supportons encore tant le silence des médias de révérence a occulté la suite de l’événement, n’est pas prêt de s’éteindre pour ceux d’entre nous qui auraient à voyager prochainement dans les pays d’Amérique Latine. Quelques preuves en images.

Le 4 juillet, les pays membres d’UNASUR se sont réunis d’urgence à Cochabamba, en Bolivie, pour exprimer leur solidarité au président Evo Morales, mais aussi pour condamner de la manière la plus forte ces quatre pays européens ainsi que ceux qui en tirent les ficelles.

déclaration de Cochabamba

« Nous dénonçons la flagrante violation des Traités internationaux qui régissent la vie pacifique, la solidarité et la coopération entre nos États, qui constitue un acte insolite, inamical et hostile, constituant un fait illicite qui affecte la liberté de déplacement d’un Chef d’État et de sa délégation officielle.

Nous appuyons la Dénonciation présentée par l’État plurinational de Bolivie devant le Haut commissariat des Nations Unies pour le non-respect des Droits Humains et pour avoir mis en danger la vie du président Évo Morales. De la même manière, nous appuyons toutes les actions jugées nécessaires devant les Tribunaux et instances compétentes. »

  • Le gouvernement du Chili a lancé un appel à éclaircir ce qui s’est passé. Le gouvernement chilien a demandé en outre que les normes du droit international soient respectées, ainsi que le traitement dû à l’avion d’un chef d’État.
  • À Buenos Aires, la présidente argentine Cristina Kirchner a estimé qu’ « un avion disposant d’une immunité absolue a été illégalement détenu dans la vieille Europe, ce qui constitue un vestige du colonialisme que nous pensions totalement dépassé. Ça n’a pas été seulement une humiliation pour la Bolivie, mais pour toute l’Amérique du Sud », a-t-elle déclaré lors d’une cérémonie officielle.
  • Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff a signalé dans un communiqué l’indignation de son gouvernement. Réclamant des excuses des pays concernés, dont la France, elle a estimé que cet incident compromettait le dialogue entre les deux continents et les possibles négociations entre eux.
  • L’Union des nations sud-américaines (Unasur, qui regroupe 12 pays), a fait part de « sa solidarité et de son indignation face à des actes qui ont mis en danger la sécurité de M. Morales et de son entourage », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Pérou, qui exerce la présidence tournante de l’organisation.
  • Depuis Caracas, l’Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples, qui compte huit membres autour du Venezuela) a critiqué « une situation grave due à l’impérialisme nord-américain et ses alliés européens. »
  • Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua a dénoncé « un attentat contre la vie du président Morales et son homologue équatorien Ricardo Patiño, une terrible offense ».
  • Le vice-président bolivien Alvaro Garcia a annoncé lors d’une conférence de presse que plusieurs présidents latino-américains se réuniraient jeudi sur ce sujet à Cochabamba (centre).

Source : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/evo-morales-prive-de-son-immunite-138293

Sur le même site d’Agoravox, et toujours relativement à l’affaire Snowden, vous pouvez trouver un appel à tous les magistrats, par lequel il apparait que sur le plan purement légal (Code Pénal et Code de la Défense), le président Hollande et le ministre de l’Intérieur violent ou laissent violer un grand nombre de lois frôlant la haute trahison.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/appel-a-tous-les-magistrats-le-138322

Asile politique à la française…

De par ses relations privilégiées avec cette « grande démocratie » que seraient les États-Unis d’Amérique, la France ne peut se permettre d’accorder l’asile politique à Edward Snowden, quitte à malmener la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention de Genève. Bien des réactions se font déjà entendre à travers diverses rédactions, Ligue des droits de l’Homme, Amnesty International…

Peut-on pour autant voir dans l’attitude de l’actuel ministère de l’Intérieur une ligne de « fermeté » à laquelle on ne saurait déroger ? Fermeté ou fermeture ? Ligne de conduite ou alignement ? Oui, nous aimerions penser que le gouvernement Hollande se distingue du gouvernement Sarkozy. Mais à quel prix de renoncement à ce qui avait fait de la France le pays des Lumières, le guide de toutes les démocraties dans le monde, pays du respect des libertés, des droits et des devoirs du citoyen, et promoteur d’une humanité universelle ?

S’abriter derrière l’impossibilité de s’opposer à une demande d’extradition ne saurait suffire, et ce d’autant qu’elle émane d’un pays aux grandes oreilles qui n’a pas grand chose à faire valoir en termes de respect des droits de l’homme et dont l’exemple civilisationnel est hautement responsable de la mise à sac de la planète.

Non, nous n’aimerions pas que les deux exemples ci-après se reproduisent. Mais nous les rappelons en guise d’avertissement pour ce qui pourrait être interprété comme un signe de faiblesse, un aveu d’impuissance qui nous éviterait de commencer à réfléchir à une nécessaire révision de nos relations avec les États-Unis face aux dérives à répétition d’une démocratie « à l’américaine ».

On ne peut pas protéger un lanceur d’alerte, mais on a pu faire ça, et indépendamment d’un pouvoir de droite ou de gauche :

 

Bachir Saleh, ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, soupçonné d’avoir financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a bénéficié dès 2008 d’un passe-droit de l’Élysée. Son épouse a obtenu la nationalité française en un temps record – moins de 3 mois -, après intervention directe de l’Élysée. (Carine Fouteau et Michaël Hajdenberg. Mediapart_15 mai 2012)

 

« Président à vie » d’Haïti à 19 ans, Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc) avait fait massacrer 60 000 personnes, dont des écoliers, avant de s’enfuir en 1986 avec le trésor de la nation, une fortune estimée à 600/800 millions de dollars.

Le gouvernement français l’accueillit gentiment. Cependant, l’opinion protesta et le Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius, expert dans l’art de déterminer quels chefs d’États méritent « d’être sur cette terre », jura qu’il y resterait 8 jours. Il y a passé 25 ans, allant de palaces en boutiques de luxe, de grands restaurants en concessionnaires Mercedes, achetant château et résidences.