Solferino delenda est

Nous venons d’apprendre une triste nouvelle : la rose du PS va être remplacée par le muguet…, la seule tige capable de supporter autant de cloches. Un autre internaute a fait remarquer que la rose pourrait aussi bien être remplacée par le radis : moitié rose, moitié blanc, et la plupart du temps creux à l’intérieur !

Bon… après tout, ferons ce qu’ils voudront, à Solférino. Mais dans la maison France, les habitants feraient bien de considérer qu’ils ne sont plus que 45 000 Solfériniens dans un pays de 66 millions d’habitants. La légitimité pour conserver l’appellation « socialiste » ne va plus vraiment de soi. Quant à celle pour conserver le pouvoir… C’est bien sûr à chacun d’en juger. Mais franchement, jusqu’à quand va durer cette triste comédie des frondeurs ? Qu’en dit Filoche, aujourd’hui ? Et Hamon ? Et Filipetti ? Et Christian Paul ? Et tous nos petits barons et marquis régionaux ou locaux ? On attend le corbillard ?
En attendant de notables réaction, le choix du jour est pour un blogueur qu’on ne présente plus :
22 mai 2015 | Par Vingtras
Le 24 juin 1859, les soldats franco-sardes battaient l’armée autrichienne en Lombardie, dans la province de Mantoue à proximité du village de Solférino, implanté au sud du lac de Garde. Le nom de cette victoire française (une effroyable boucherie qui a fait un peu plus de 40 000 morts) a été attribué à une rue de Paris où se trouve le siège du Parti socialiste.
Napoléon III s’était lancé dans cette aventure par gloriole et par intérêt. En effet, promettant au roi d’Italie Victor-Emmanuel II son aide militaire pour chasser l’occupant autrichien, il espérait en retour faire acquisition de la Savoie et de Nice.

Il n’y a certes aucun parallèle historique à imaginer entre « Badinguet » et « Pépère », mais lorsqu’on sait que l’affrontement meurtrier de Solférino a déterminé la création de la Croix rouge, on pourrait sans doute estimer qu’un parti de gouvernement dont seulement 45 000 militants ont voté en sa faveur, est bien mal en point et nécessiterait une admission aux urgences.

Car en fait, il s’agit bien de cela, n’en déplaise à l’autosatisfaction de Cambadélis…
La majorité absolue obtenue par la motion A est un arbre qui cache la forêt : elle n’est que l’expression d’un petit noyau de Français, probablement désabusés mais qui souhaitent que le quinquennat ne se termine pas trop mal, au bénéfice du doute.
Ils font partie des cadres et des professions libérales que le discours social-libéral de l’équipe Hollande/Valls a enfumés avec ce phénomène bien connu de la persistance rétinienne de ce concept de « gauche » qui n’a plus en réalité aujourd’hui, de signification politique.
Solférino 2015 est une victoire à la Pyrrhus.

Lib_Ega_Fra

« Les Solfériniens », des paroles et des actes.

Napoléon III à la bataille de Solférino par Jean-Louis-Ernest Meissonier. Huile sur toile, 1864

« Solferino est la grande bataille de Napoléon le Petit comme aimait à nommer Victor Hugo. Celui qui avait au préalable pris le pouvoir par un coup d’état contre la IIème République a cru pouvoir flatter les prolétaires avant de remplacer la carotte par le bâton. Son visage s’est immanquablement révélé et le peuple a chassé cet empereur avide de la reconnaissance des puissances de l’argent et qui fricotait avec l’ennemi contre les siens. Les solfériniens peuvent croire que le 6 mai 2012 est leur apogée. Mais les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le Front du peuple qui se lève sera là pour le leur rappeler. »

C’est François Cocq qui ouvre par ces lignes la très heureuse compilation de chroniques qu’il a tenues sur son blog durant les années 2012_2013, c’est-à-dire les deux premières années du quinquennat Hollande. Et comme les vacances s’accompagnent souvent de devoirs et de révisions, les cancres que nous sommes gagneront à réviser ces deux années si catastrophiques pour la gauche. Car il y a des raisons aux catastrophes, et pas toujours très difficiles à comprendre. Se souvenir, par exemple, du président Hollande en vautour hellène, de la Valse des Roms, ou du cercueil en Sapin pour l’École. À Sémaphores, on a particulièrement aimé Robespierre expliqué à Luc Carvounas. Alors on ne saurait mieux vous conseiller de télécharger le fichier Pdf de cette compil pour la lire à votre aise. 50 pages d’un blog qu’on aime bien. Merci François ! François Cocq, bien sûr ! L’autre…

Pour ouvrir ou télécharger c’est ici : les-solfériniens

Pour jeter un œil sur les titres, c’est juste après. Bonnes révisions !

1. Avant-propos 5

2. Des paroles 8

i. François Hollande : Le vautour hellène

ii. Jean-Marc Ayrault : Le Ayrault du patronat 12

iii. Michel Sapin : Un cercueil en sapin pour l’École 14

iv. François Hollande : Au pied François ! 15

v. Harlem Desir : A Solferino, c’est tapis rouge pour le Medef 17

vi. Luc Carvounas : Robespierre expliqué à Luc Carvounas 19

vii. François Hollande : Du mépris des lois 21

viii. Pierre Moscovici : En voiture Mosco 23 Lire la suite