Pour des JO compatibles avec l’écosocialisme

William Gasparini et François Fasquel (3 Mars 2014 )

Depuis leur restauration dans leur version moderne en 1896, les Jeux Olympiques se sont imposés comme un événement planétaire majeur montrant des athlètes de haut niveau et des nations s’affrontant pacifiquement sur les terrains de sport. Mais ils sont également une aubaine pour les firmes multinationales, les télévisions et les pays organisateurs ainsi qu’un défi pour le développement durable. L’Olympisme est à la fois l’organisation internationale qui rassemble le plus grand nombre de pays, la première entreprise de spectacle du monde et une puissante mythologie contemporaine capable de cristalliser une charge émotionnelle à l’échelle mondiale. Amplificateurs de passions nationales, les JO rendent les athlètes et équipes-nations dépositaires d’un énorme investissement symbolique susceptible de recréer une communauté nationale sur le mode imaginaire. On peut applaudir aux performances des athlètes français aux JO d’hiver de Sotchi sans perdre pour autant son sens politique et critique. Brève parenthèse sportive dans un monde en crise financière, environnementale et politique, les JO d’hiver sont aussi un non-sens écologique et le symbole de la course au productivisme au détriment de l’humain.

En 2007, l’année où la candidature russe a remporté l’organisation des JO de 2014, la ville balnéaire de Sotchi ne possédait aucune patinoire et la seule station de ski de moyenne montagne à proximité de la ville datait de la période soviétique, avec des remonte-pentes obsolètes. Après 7 années d’un chantier gigantesque qui a employé plus de 70.000 personnes, Sotchi compte désormais quatre stations de ski modernes, cinq immenses patinoires au bord de la mer, un stade de foot, un circuit de formule 1, un parc d’attractions et de nombreuses infrastructures hôtelières et routières (dont 77 nouveaux ponts et 12 tunnels). Au total, une facture de plus de 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) qui dépasse le budget des Jeux de Pékin (31 milliards d’euros). Si l’on compare aux précédents JO d’hiver (ceux d’Albertville en 1992 avaient couté 1,82 mds d’euros, Turin en 2006, 3,50 mds et Vancouver en 2010 plus de 2 mds -sources CIO-), les « Jeux de Poutine » sont les plus chers de l’histoire de l’olympisme. Et au-delà du coût économique, on peut s’interroger sur le coût social et écologique.

Lors de la construction des infrastructures, des salariés du chantier olympique ont connu des conditions de travail dénoncées dans un rapport de Human Rights Watch (HRW). Ce rapport décrit des journées de travail interminables, une rémunération incertaine, l’absence de contrat de travail, le non-respect des normes de sécurité ou encore un chantage au visa pour les ouvriers étrangers. Pour un salaire mensuel moyen compris entre «14.000 et 19.200 roubles» (soit 318 et 436 euros), les ouvriers ont travaillé douze heures par jour «avec une heure de pause pour prendre les repas et changer de tenue» et «seulement un jour de congé toutes les deux semaines». Lire la suite

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17 millions de français hors GMT

Communiqué du Parti de Gauche- Eric Coquerel

Après la région Ile de France la semaine dernière, le Conseil régional PACA vient d’adopter une motion exigeant l’arrêt des négociations du Grand Marché Transatlantique.

Ainsi les deux plus grandes régions françaises, soit 17 millions d’habitants au total, sont désormais déclarées zone hors GMT.

C’est un énorme point d’appui pour la mobilisation nécessaire contre cet accord de libre échange qui livre les citoyens pieds et points liés aux intérêts des multinationales et place toujours plus l’Europe dans l’orbite des États-Unis.

C’est la preuve que lorsque les élus de la République sont appelés à s’exprimer sur cette négociation anti-démocratique, ils votent contre. Raison sans doute pour laquelle le Président de la République a refusé un vote à notre assemblée nationale sur ce sujet.

C’est la démonstration qu’une majorité alternative, de contenu, est possible. Sur proposition du groupe PG-Alternatifs en Ile de France et du groupe FDG en PACA, à chaque fois on a retrouvé côte à côte les partis du FDG, les groupes EE-LV et, dans le sud, beaucoup de socialistes, à l’instar de Michel Vauzelle (député et Président de la Région), pour voter ensemble contre un projet pourtant défendu par le chef de l’état. A l’inverse, en votant contre cette motion, le FN a, en PACA, révélé sa duplicité : pour la souveraineté populaire et contre le libéralisme sur les plateaux, il se révèle atlantiste et pour le maintien du système dans les assemblées…

Ce vote est la preuve que la mobilisation citoyenne peut arriver à percer le mur du silence médiatico-politique sur cette question. Il nous convainc également toujours plus de faire des élections européennes un référendum sur le GMT. Voter pour nos listes sera voter pour l’arrêt des négociations.

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IRFM et Transparence Argent public_le suivi
Près de 25 000 signatures cette semaine. Vous êtes à présent plus de 143.000 citoyen(ne)s à agir pour la transparence !

Et la mobilisation gagne en visibilité : l’appel du député Charles de Courson a été largement relayé dans les médias, parmi lesquels Le Monde et L’Express. La pétition est également soutenue par les associations de lutte contre la corruption Anticor et Transparency International.

Il y a quelques jours, Charles de Courson a adressé sa pétition par courrier officiel à Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et Jean-Pierre Bel, président du Sénat. Mais leur réponse tarde à venir. Pourriez-vous donner encore plus d’ampleur au mouvement pour les convaincre de répondre aux attentes des citoyens ? Pour recueillir de nouveaux soutiens et aider à dépasser les 150.000 signatures, vous pouvez :

– partager les articles du Monde et de L’Express sur les réseaux sociaux pour faire connaître la pétition;

– appeler vos proches et amis à signer en continuant de partager la pétition sur Facebook ou par e-mail avec ce lien:

www.change.org/transparenceargentpublic

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Exil fiscal : On se fout de qui ?

La cellule de régularisation des avoirs non déclarés détenus à l’étranger a rapporté à l’État 230 millions d’euros depuis le 1er janvier 2014. Elle devrait rapporter un total de 2 milliards d’euros en 2014, selon les prévisions du ministère du budget.

Et faudrait applaudir ? Pour rappel, les avoirs français dans les paradis fiscaux sont estimés à 600 milliards et l’évasion annuelle ces dernières années était estimée à 50 milliards d’euros.

Voir plus bas dans ce même fil d’actu les noms des spécialistes de l’évasion.

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La photo du jour, pour ceux qui ne croient pas à la ressemblance entre François Hollande et Nicolas Sarkozy

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affaireS Guéant_le suivi

Pierre-René Lemas, le secrétaire général de l’Élysée auprès de François Hollande, est formel dans une lettre de trois pages qu’il  a adressée le 22 mai 2013 au juge Roger Le Loire :

« Le fonds d’archives papier de M. Claude Guéant n’a pas été reversé aux Archives nationales, et il n’en a pas été trouvé trace dans les locaux de la présidence de la République. »

En d’autres termes, les écrits et notes de travail de celui qui fut, pendant près de quatre ans, le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à l’Élysée sont, à ce jour, introuvables.

La disparition de ces documents est pour le moins fâcheuse. Ces archives auraient pu être une mine d’informations pour tout citoyen qui aurait voulu relire les épisodes de la Ve République sous M. Sarkozy.

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Grand Marché Transatlantique

A l’initiative des élus Parti de Gauche et Alternatifs, le Conseil régional d’Île-de-France a voté une délibération demandant l’arrêt des négociations sur le Traité de libre échange entre l’Europe et les États-Unis. Cette délibération déclare placer la région capitale hors de cet accord de libre échange.

Ce vote montre une opposition de gauche majoritaire contre ce projet dangereux que le président de la République a souhaité accélérer lors de son voyage aux États-Unis sans en avoir jamais parlé auparavant.

On peut noter que Benoit Hamon, Anne Hidalgo ou Pierre Larrouturou n’ont pas pris part à ce vote.

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Paradis fiscaux_ le suivi

Selon une enquête publiée par la revue Projet, les groupes du CAC 40 disposent de 1 548 filiales dans les paradis fiscaux. Mais ne nous y trompons pas… 23 de ces sociétés ne dressent, dans leur rapport annuel, qu’une liste des « filiales principales ». Où sont passées les autres ? La question reste entière.

France Télécom annonce 400 entités, mais n’en liste que 32. Danone publie les noms de 99 filiales sur 252 annoncées, Capgemini : 124 sur 136, Legrand : 34 sur 157, Veolia Environnement : 106 sur 2728 et Vivendi : 57 sur 690. Quant à Total, la société annonce 883 entités mais ne donne les noms que de 179 d’entre elles

La participation de l’État au capital n’est en rien gage de transparence. Si Safran, Renault et EDF fournissent une liste exhaustive, en revanche EADS (Airbus Group depuis le 1er janvier 2014), GDF Suez et France Télécom ne révèlent pas publiquement toutes leurs filiales. Pour cette liste incomplète, on découvre 3 filiales paradisiaques pour France Télécom, 18 pour GDF Suez, 43 pour EADS. EDF compte 11 filiales offshores, Safran 17 et Renault 19…

Gros dossier à découvrir : http://www.revue-projet.com/articles/2014-02-cac40-paradis-fiscaux/

le fil sémaphorien_février2014_n°1

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photo Reuters

Le 22 janvier dernier, nous apprenions que la Commission des financements politiques venait de déclarer « non conformes » les comptes de Cotelec, le micro parti de Jean-Marie Le Pen. Ainsi se voyait-il perdre le droit de financer toute campagne électorale, ce qui impliquait que ses prochains donateurs seraient privés de déduction fiscale.

Fin de Cotelec ? Bienvenue à Promelec ! On ne perd pas de temps chez les Le Pen. Au Journal officiel du 25 janvier, ce nouveau micro-parti fait son apparition, avec des statuts qui ne laissent pas de doute sur son objet : « promouvoir l’image de marque et l’action de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen ».

Après ça, Marine peut toujours courir pour nous faire croire que sa ligne bleue se distingue du F-Haine. En tout cas pas côté finances. Par ailleurs, on peut aussi savoir que le micro-parti « Jeanne », plus spécifiquement consacré aux dépenses de la Marine, se trouve également sous la lorgnette de la commission des finances. Le nombre de millions d’euros qui transitent par là est sans commune mesure avec le nombre de ses adhérents. À suivre.

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Les utilisateurs de Google auront pu découvrir le « doodle » du jour, une bien particulière manière de célébrer les Jeux olympiques de Sotchi. C’est en effet les couleurs du drapeau arc-en-ciel des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT), accompagnées d’un article issu de la Charte olympique qu’il est bon de rappeler à Poutine et aux homophobes.

Indépendamment de ça et n’en déplaise aux sémaphoriens sportifs, il est clair que nous ne ferons aucun écho à ces Jeux car nous les boycottons totalement, comme nous boycottons par avance ceux du Qatar. S’il nous fallait en développer les raisons, nous ne saurions le faire mieux que par l’article suivant, certes long mais ô combien édifiant –et surtout très documenté–, que nous recommandons à nos lecteurs :

Médaille d’or du grand projet inutile et imposé

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Il n’y aura pas de sanction pour Philippe Courroye, pour avoir enfreint la loi sur la protection des sources des journalistes en tentant d’identifier les auteurs de fuites dans l’affaire Bettencourt. La ministre de la Justice Christiane Taubira a annoncé ce mardi qu’elle n’irait pas à l’encontre de l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. « Depuis que nous sommes aux responsabilités, nous respectons les avis du CSM (…), je n’irai pas à l’encontre de cet avis » a-t-elle dit, soulignant toutefois « un hiatus entre l’analyse que fait le CSM de la faute et la décision de ne pas sanctionner, de ne pas prononcer de mesure disciplinaire« . En effet, le CSM a considéré qu’il n’y avait « pas lieu à sanctions disciplinaires » tout en se montrant très critique envers le magistrat Courroye, estimant qu’il « ne disposait pas des qualités requises pour diriger un parquet« .

Des poids et des mesures. Et dire qu’on commençait à croire en Christiane Taubira !

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