Gauche interdite

arton31973-df490_PolitisL’édito de Denis Sieffert du 16 juillet, Politis n°1362. (ndlr: le choix des illustrations est de Sémaphores)
La Grèce, ces jours-ci, c’est un peu la chèvre de Monsieur Seguin. Cette pauvrette qui, pour avoir voulu rester libre dans les pâturages, fut attaquée par le loup avec lequel elle batailla toute la nuit, avant de succomber, au petit matin, sous les crocs du carnassier. L’histoire d’Alexis Tsipras rappelle l’héroïsme vain de la chèvre du conte provençal. L’ennemi était féroce et le combat déséquilibré. Ce petit détour littéraire pour nous éviter deux écueils : le déni et le dépit. Il faut d’abord voir les choses en face : le Premier ministre grec a cédé sous les coups. Mais faut-il, de dépit, instruire son procès en trahison ? Évidemment, non. Alexis Tsipras s’est battu courageusement. Sans doute a-t-il commis des erreurs. Peut-être a-t-il sous-estimé la froide détermination de l’armada politico-financière qu’il avait face à lui. Peut-être a-t-il imaginé qu’un vague sentiment humanitaire ou démocratique arrêterait à un moment donné le rouleau compresseur. On sait qu’il n’en a rien été.

welcomeGAu bout de la nuit, il a dû faire un choix : défier l’implacable ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, grand ordonnateur du désastre grec, ou plier, en s’efforçant de sauver ce qui pouvait encore l’être, l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Dans le premier cas, il faisait prévaloir son ego, mais entraînait son peuple dans une crise sociale et sanitaire dont il était impossible de mesurer les conséquences. Il a choisi la seconde voie, limitant un peu – très peu – la casse à court terme, mais essuyant une défaite qu’on ne manque pas de lui reprocher sur sa gauche. Et ne faisant peut-être que retarder le fameux « Grexit ». L’histoire jugera. Mais le vrai bilan de cet interminable conflit n’est pas pour demain. Surtout que nous avons tous été ballottés par les événements depuis un mois. J’évoquais voici deux semaines ce que j’appelais « la bataille d’interprétation ». Qui a gagné ? Qui a perdu ? Nous y sommes.

Et la presse et les politiques de droite s’en donnent à cœur joie. Ils ne se privent pas d’encaisser les dividendes du succès. L’intention est transparente : il s’agit de décourager les peuples européens de porter à leur tête un autre Tsipras. Ce n’était d’ailleurs pas loin d’être l’enjeu principal de la bataille. Électeurs espagnols, irlandais, français, à bon entendeur… Le message est clair. Si vous ne pliez pas, on vous brisera.
La violence des dirigeants allemands a sans aucun doute marqué les esprits. Mais dans quel sens ? Les futurs électeurs européens vont-ils être terrorisés ? Ou bien, au contraire, vont-ils se dire que tout cela est insupportable, et que l’Union européenne a révélé dans cette affaire son pire visage, et peut-être son vrai visage ?

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En tout cas, les leçons politiques de cette crise vont bien au-delà de la Grèce. C’est un peu comme si on venait de nous dire que, désormais, toute politique de gauche est interdite. Prohibée par un mystérieux décret. Et que nous sommes enfermés dans une prison idéologique qui n’autorise plus aucun choix. Mais, en vérité, tout ça n’est pas si nouveau. Les dirigeants allemands ont agi dans la grande tradition coloniale.

Ce régime, les pays africains l’ont enduré pendant un demi-siècle, et aujourd’hui encore : pillage, plans du FMI, réformes « structurelles »… On connaît la mécanique ! À cette différence près qu’en Afrique les puissances se sont toujours débrouillées pour mettre en place des potentats locaux aussi dociles que corrompus. Alors que le « petit » Tsipras, même vaincu, n’est pas leur homme lige (sa chute serait d’ailleurs leur ultime victoire). Ce retour à un colonialisme primaire au cœur de l’Europe doit nous inspirer quelques réflexions. Par exemple, celle-ci. L’un des arguments qui ont plaidé en faveur de la construction européenne, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, c’est la lutte contre les nationalismes. C’est l’Europe, facteur de paix.

Or, que voit-on aujourd’hui ? Que livrée au libéralisme, elle est au contraire redevenue le théâtre de tous les nationalismes. Tantôt au nom de l’Europe, tantôt contre elle. L’Allemagne de M. Schaüble et du social-démocrate Sigmar Gabriel n’en est pas exempte. Et que dire de ses alliés finlandais, de droite et d’extrême droite, pour qui les Grecs méritent la même considération que les migrants érythréens ? Bref, la haine de classe, le mépris pour les peuples et le racisme font bon ménage. Où allons-nous de ce pas ?

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Quant à François Hollande, il s’en tire bien. Il va glaner ici ou là quelques points dans les sondages. Il a admirablement joué les « go-between » et a su le faire savoir. Mais sur le fond ? Comme il l’a reconnu lors de son entretien du 14-Juillet (« J’ai dit à Alexis Tsipras : “aide-moi à t’aider” »), c’est sur la Grèce qu’il n’a cessé de faire pression afin qu’elle accepte les conditions qui lui étaient imposées. Peut-être a-t-il convaincu Tsipras de ne pas se lancer dans l’aventure de la sortie de l’euro. Mais, peut-être que Tsipras n’avait besoin de personne pour le comprendre… C’est en tout cas très insuffisant pour nous faire croire que la France a résisté à l’Allemagne, et qu’il s’agit là d’une grande victoire. Quoi qu’il en soit, la crise grecque marque un tournant. Toutes les forces de gauche – réellement de gauche – vont devoir d’urgence en tirer les leçons.

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Avec le peuple grec

OXI, NON, NO, NEIN, NIET, NIB, WALOU

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Grèce : la presse française a des trous de mémoire

30 juin 2015 | Par Hubert Huertas

On retrouve en 2015 le clivage passionnel engendré par le référendum de 2005 sur le traité européen. D’un côté les experts, ceux qui sont sûrs de leur savoir, et de l’autre les « menteurs », les « imbéciles », ou les « irresponsables », qui soutiennent Alexis Tsipras et son appel au peuple. Pourtant, à lire la presse de cette semaine particulière, les procureurs ont des problèmes de mémoire.
Sur France Inter, ce mardi matin, Bruno Le Maire était catégorique : « Alexis Tsipras a menti au peuple grec. » Il faut dire que la tonalité de la presse pouvait lui donner des ailes.
Dans Le Monde, le référendum était qualifié de « défausse », de « faiblesse » et de « chantage » : « La seule voie est que M. Tsipras donne enfin aux créanciers européens les gages d’une volonté réelle d’engager la modernisation de l’État. » Dans Les Échos, on pouvait lire que « si les Grecs répondent non, ce sera comme un refus à l’offre de la zone euro ». Dans L’Opinion, Nicolas Beytout, ulcéré, souhaite que « les Grecs votent « non » et qu’ils donnent le moyen aux Européens de se débarrasser de ce fardeau impossible ». Pour L’Alsace, le premier ministre grec « a confondu une demande d’aide avec une extorsion de fonds ». Dans Le Figaro, « l’appel au peuple » est analysé comme « un leurre, un mouvement d’esquive qui cache le vide sidéral de son projet politique ».
Bigre ! Diantre ! Fichtre ! Tous les jurons chantés par Brassens pourraient y passer. Alexis Tsipras serait un menteur, un crétin, un lâche, un voleur…

Ce qui frappe, si l’on s’en tient à cette rafale d’après l’annonce du référendum, c’est sa vigueur définitive. La certitude absolue dans la distribution des rôles. D’un côté les instances européennes, jointes aux fameux « créanciers », qui laisseraient la porte ouverte et seraient chagrins que leurs offres généreuses soient méprisées, et de l’autre un aventurier, quasiment un braqueur, qui claque la porte au nez de ses interlocuteurs.
Et ce qui frappe encore plus, c’est de consulter la presse de la semaine dernière. Sept jours ce n’est pas long, mais c’est assez pour changer du tout au tout.

Ainsi, lundi 23 juin, sous la plume de Jean Quatremer, Tsipras était un homme sérieux. Humilié, politiquement ridicule sur les bords, mais finalement raisonnable : « Athènes a rempli 90 % des demandes », titrait Libération, en notant que la Grèce « a dû se résoudre à proposer de tailler dans ses dépenses et d’augmenter ses impôts ». « L’accord devrait être conclu », annonçait le journal, en soulignant que les dix-neuf chefs d’État parlaient de « bonne base ». Les Échos confirmaient l’analyse : « Tsipras s’est résigné à faire des propositions plus réalistes portant sur huit milliards d’économie en deux ans. »
Donc Athènes n’était pas dans la surenchère…

Le jeudi 26, changement de ton. Soudain, le ministre finlandais Alexander Stubb ne voyait plus rien à l’horizon : « Nous n’avons pas vu de propositions concrètes. » Bigre… En trois jours Tsipras venait de passer de 90 % de chemin accompli à 0 % d’effort. Que s’était-il passé ? On achoppait d’une part sur la question de la dette, mais, comme le pointaient Les Échos en sous-titre et en gros caractère, dans un article du jeudi 25 juin intitulé « La tension jusqu’au bout » : « Les nouvelles demandes du FMI ont compliqué l’obtention d’un accord. »
Il s’avérait le vendredi qu’en dépit de cinq mois de négociations et de multiples concessions de la part de la Grèce de Syriza, concessions enregistrées et reconnues par les instances européennes, le débat n’avançait pas et s’enferrait dans une dimension non plus économique mais purement politique. Il s’agissait de « corneriser » le mauvais exemple grec, en faisant manger son chapeau au premier ministre élu en janvier.

La réponse de Tsipras, plus habile que ne l’imaginaient sans doute ses « partenaires » européens, a été encore plus politique. Son référendum a rebattu les cartes. Il était assiégé, c’était à prendre ou à laisser, il devait rendre les armes et signer un accord comme un bourgeois de Calais, la corde au cou, et voilà qu’il a demandé à son peuple s’il voulait avaler la couleuvre.

Sur quoi sa relance débouchera-t-elle ? Nul ne le sait, mais cette manière de renverser la table pour tenter d’y siéger à nouveau ramène la politique au cœur d’une Europe qui se prétendait technique. Il y a du Jules César dans cette façon de franchir le Rubicon (Alea jacta est) ou du De Gaulle, si minuscule face aux puissances en 1940.

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Lire ci-après les communiqués de Syriza Paris et de Podemos Lire la suite

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Publié le juin 15, 2015 par Vangelis Goulas dans http://syriza-fr.org Traduction : Vassiliki Papadaki

A. Tsipras répond aux créanciers par une déclaration au Journal des Rédacteurs

a-tsipras1« Seul l’opportunisme politique apparaît derrière l’insistance des institutions sur de nouvelles coupes dans les retraites, après cinq ans de pillage par des mémorandums.
Le gouvernement grec arrive aux négociations avec un projet et des contre propositions bien étayées. Nous allons attendre patiemment jusqu’à ce que les institutions se rallient au réalisme.
Mais si certains perçoivent comme une faiblesse notre volonté sincère pour trouver une solution et les pas que nous avons fait pour couvrir les différends, qu’ils méditent:
Nous ne sommes pas seulement chargés d’une longue histoire de luttes. Nous portons aussi sur nos épaules la dignité d’un peuple et l’espoir des peuples d’Europe.
La charge est trop lourde pour être ignorée.
Il ne s’agit pas d’une obsession idéologique. C’est une question de démocratie.
Nous n’avons pas le droit d’enterrer la démocratie européenne au lieu de sa naissance ».

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MANIFESTATION À PARIS LE 20 JUIN

SEMAINE EUROPÉENNE DE SOUTIEN AU PEUPLE GREC DU 20 AU 27 JUIN

La tourmente grecque

Je lutteLa bande annonce de « Je lutte donc je suis », de Yannis Youlountas

Enfin, manière de lutter contre l’intox des médias dominants, le collectif audit-citoyen.org publie une « Réfutation argumentée des 8 idées reçues relatives à la dette grecque qui circulent dans les médias dominants afin de formater les esprits naïfs pas capables de prendre le recul indispensable et la distance critique. En la matière, Macron, Hollande et Sapin sont de grands spécialistes en matière de mauvaise foi bien que leurs arguments aient toute l’apparence de la vérité mais sont en réalité des mensonges) :
1. Idée reçue n°1 : Annuler la dette grecque: 636 € par Français ?
2. Idée reçue n°2 : Quand on doit, on rembourse ?
3. Idée reçue n°3 : Les Grecs se sont goinfrés, ils doivent payer ?
4. Idée reçue n°4 : On a aidé les Grecs, ils doivent nous remercier?
5. Idée reçue n°5 : La Grèce doit poursuivre les réformes engagées ?
6. Idée reçue n°6 : L’austérité, c’est dur mais ça finit par marcher ?
7. Idée reçue n°7 : Une cure d’austérité, c’est pas la mort ?
8. Idée reçue n°8 : De toutes façons la Grèce a déjà capitulé ?

A lire ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=6374

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Soutien au peuple grec

Dimanche 15 février, journée de mobilisation européenne en soutien à Syriza et au peuple grec engagés dans un bras de fer avec l’Union européenne pour « en finir avec le désastre des politiques d’austérité ». A Paris, manifestation à 15 h, de la Place de la République au Palais Royal. Des manifestations auront lieu à Athènes, Rome, Lisbonne, Bruxelles, Amsterdam, Édimbourg, Berlin…

Le peuple grec vient de faire un choix démocratique clair : il s’est prononcé contre les politiques néolibérales, pour une politique de gauche, dans l’intérêt général. Il a dénoncé les mémorandums imposés par la troïka de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI. Il a opté pour la désobéissance en faveur de mesures concrètes afin d’en finir avec le désastre des politiques d’austérité.

Nous sommes solidaires du choix du peuple grec, comme des manifestations massives ces derniers mois en Belgique, au Portugal, en Espagne, en Angleterre, en Irlande ou en Italie contre les politiques d’austérité. Un vent de changement se lève en Europe. Cette victoire, ces espoirs et ces combats sont les nôtres.

Nous nous opposons fermement aux manœuvres de chantage et d’isolement qui visent à empêcher la mise en œuvre en Grèce d’une véritable politique de gauche. Nous condamnons les coups de force de la BCE ainsi que toutes les pressions anti-démocratiques exercées par la troïka et l’UE sur le gouvernement d’Alexis Tsipras afin de maintenir à tout prix les « mesures structurelles » néolibérales (baisse des salaires, privatisation, disparition des conventions collectives, etc) qui n’ont pour résultat que de mettre le peuple grec à genoux.

Nous soutenons l’exigence d’un règlement démocratique et juste de la dette publique. Le gouvernement Grec doit pouvoir appliquer le mandat que lui a donné le peuple : l’urgence humanitaire, la sauvegarde et le rétablissement des services publics, la reconstruction du pays et la réalisation du programme de réformes soutenu par la population.

Nous exigeons que le président François Hollande et le gouvernement français respectent le choix du peuple grec. Il doit soutenir ses revendications contre l’Europe austéritaire. C’est nécessaire pour la Grèce, c’est une chance pour la refondation de l’Europe. Nous soutenons donc le moratoire de la dette grecque. Nous proposons un audit citoyen de l’ensemble de ces dettes qui constituent un fardeau inacceptable pour les peuples, et exigeons d’en annuler la part injuste et illégitime. Comme le peuple grec, nous défendons le droit à la satisfaction des besoins de la population en matière d’alimentation, d’habillement, de santé, de logement, d’éducation, d’emploi, de sécurité publique, de culture et d’environnement.

Nous appelons à une marche à Paris le dimanche 15 février, journée de mobilisation européenne (manifestations prévues à Athènes, Rome, Lisbonne, Bruxelles, Amsterdam, Édimbourg, Berlin, etc.) en soutien au peuple grec. C’est ainsi que nous pourrons montrer avec force que la lutte du peuple grec est notre lutte, et qu’ensemble – citoyen-ne-s, syndicats, partis, associations – nous allons modifier le cours de choses en rompant avec le cours libéral et austéritaire de l’Europe, construire une alternative aux politiques néolibérales, stopper l’austérité et agir pour refonder une Europe sociale, écologique et démocratique.

Signatures (organisations politiques et syndicales,associations citoyennes) :

Antarsya France, Attac, CADTM, Collectif Roosvelt, Cie bouche à bouche, Compagnie Erinna, Confédération paysanne, Copernic, Club Socialistes affligés,DAL fédération, Economistes atterrés, Ensemble, Femmes Egalité, Front Populaire Tunisie Ile-de-France, Grèce-France Résistance, GU, Les effronté-e-s, Les Hommes sans épaules, Les jeunes écologistes, Les oranges, Marches européennes, Mémoires des luttes, MJCF, MJS, Nouvelles Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, République et Socialisme, Solidarité France Grèce pour la santé, Transform!

 

 

des nouvelles de Grèce, d’Espagne et de la 6ème

 

Chers partisans de la 6e République,

À Athènes dans les urnes le 25 janvier et à Madrid dans la rue le 31 janvier, le peuple a fait entendre sa voix : À bas l’oligarchie ! Vive la démocratie !
À notre tour : faisons grandir notre Mouvement pour la 6e République !

Désignons une assemblée représentative de notre mouvement !

Du 20 février au 18 mars, le M6R se dote d’une assemblée représentative. C’est le moment de l’auto-organisation du mouvement qu’avaient proposée les 50 initiateurs du M6R. Pour ne rien rater du processus, suivez les actus du site et les comptes Facebook et Twitter. C’est ensemble que nous allons réussir la nouvelle étape de notre mouvement.

Pour pouvoir voter, inscrivez-vous sur « Nous le Peuple » !

Rien n’est définitif, tout se construit ensemble, rejoignez l’agora du M6R ! La moitié de l’assemblée sera élue par les signataires du mouvement. Le vote aura lieu par Internet sur la plateforme « Nous le Peuple ». C’est le moment de s’inscrire ! Les candidatures du plus grand nombre de partisans sont fondamentales : elles seront déposées sur notre réseau citoyen et organisées par région afin de respecter la représentativité géographique du mouvement. Tout le monde peut participer !

Le peuple grec ne cèdera pas

La commission de Bruxelles tente de bafouer la souveraineté et le libre choix du peuple grec

Le Parlement européen doit se saisir de son droit de contrôle et protester contre cette immixtion de la Commission européenne dans la vie intérieure d’un pays européen quelques jours avant une importante élection.

Alexis Tsipras : Le peuple grec ne cèdera pas au chantage et ne se laissera pas intimider

« Nous savons qu’une victoire de SYRIZA transformera la Grèce.

Ce sera aussi le début du changement en Europe.

Elle fera de notre pays un interlocuteur crédible.

Elle posera comme condition préalable à toute négociation à toute confrontation, à tout accord, la survie du pays et du peuple.

Que les milieux conservateurs de l’Europe, qui ont recommencé à mettre la main sur notre pays et notre démocratie ne se fassent pas d’illusions.

Nous, nous sommes des durs à cuire.
Mais le peuple grec non plus ne cède pas facilement au chantage et ne se laisse pas intimider.
Au contraire. Il s’obstine.

Qu’ils n’essaient plus, donc, de nous faire des chantages ou de nous intimider. Cela aurait l’effet contraire.
Ils pensent qu’ainsi ils vont limiter la victoire de SYRIZA.
C’est prendre leurs rêves pour des réalités.

Si les directoires européens continuent ainsi, loin de briser notre élan, ils vont accroître le mouvement de soutien populaire à notre faveur.
Qu’ils disent encore une fois qu’ils préfèrent les gens qui leur sont dociles et utiles plutôt que SYRIZA et ils déclencheront un véritable raz de marée pour notre parti.

Parce que les gens ne voteront pas simplement pour SYRIZA.
Ils voteront pour la Grèce
Ils voteront pour leur dignité.
Ils voteront pour l’espoir et l’avenir !

Et d’ici, depuis la Crète je veux faire une fois de plus faire passer le message à nos partenaires européens que la Grèce n’est pas un simple locataire dans notre grande maison commune qu’est l’Union européenne.
Non! Ils ne sont pas, eux, les propriétaires et nous les locataires.
Les gouvernements grecs ne joueront plus le rôle de sbires qui collectent pour eux des redevances.
Qu’ils se gardent de provoquer un peuple fier.

[…]

Car nous ne sommes pas seuls et nous ne serons pas seuls non plus quand il s’agira de négocier la dette ni quand il s’agira des démarches pour redresser le pays.

Le vent tourne en Europe. Les peuples redressent la tête, et demain les équilibres seront différents et plus encore après la victoire de SYRIZA. »

Traduction: Vassiliki Papadaki

L’Europe des assassins

Ndlr_sémaphores : cet article a été publié dans left.gr et a été traduit par Frédérique Bouvier. Aucun titre français n’y ayant fait écho (pas même Mediapart), c’est Pierre Magne qui a relayé l’info sur son blog. Nous en faisons suivre ces quelques extraits par une lettre qu’Alexis Tsipras (président du parti grec Syriza) adresse à Hermann Van Rompuy, président du Conseil Européen.

Jeudi 23 janvier à 10h20 du matin, sont arrivés au port du Pirée -porte E1 à bord du navire « Diagoras » – les rescapés du naufrage de Farmakonisi. En tout 12 personnes ont perdu la vie, tous des femmes et des enfants. Les dépouilles d’un enfant de 11 ans et d’une femme de 38 ans, qui étaient parmi les 12 migrants disparus au large de Farmakonisi, ont été repérées sur des plages turques.

« Ils ont vu les femmes et les enfants se noyer et ils n’ont rien fait « 

Les témoignages de ces réfugiés qui ont survécu donnent à la tragédie de Farmakonisi la dimension d’un crime abominable. Dans un témoignage bouleversant, un homme, qui a perdu sa femme et ses trois enfants, souligne que « la police portuaire les a délibérément jetés à la mer ». Comme il le dénonce, ils se sont efforcés de les noyer. Les survivants, en évoquant les victimes, demandent que les corps de leurs proches soient retrouvés. « Alors qu’il restait 100 mètres avant les côtes grecques, la police portuaire les a remorqués à grande vitesse et à un moment ils sont tombés à la mer. Encore, les hommes de la police portuaire les ont insultés, menacés avec leurs armes et les ont frappés », rapportent les survivants en décrivant la brutalité.

« Les hommes de la police portuaire ont frappé la barque des réfugiés avec leurs pieds en s’efforçant de la faire chavirer » témoignent avec effroi les survivants, parlant de menaces de la part du chef de la police portuaire. En effet, un homme de la police portuaire a empêché un enfant d’attraper un morceau de bois et d’être ainsi sauvé, a déclaré un des réfugiés. Les hommes de la police portuaire ont filmé les faits en vidéo et ont refusé de jeter des bouées de sauvetage à ceux qui noyaient. « Ils pouvaient sauver les nôtres et ils ne l’ont pas fait », déclare, accablé, un des naufragés sauvé.

 » Ils les ont repoussés et ne les ont pas laissé monter à bord du bateau de la police. Une femme dit que, alors qu’elle s’agrippait au pied d’un des policiers pour monter à bord, celui-ci l’a jetée à la mer d’un coup de pied et a même jeté à la mer son bébé de l’autre côté. » Les hommes de la police portuaire ont éteint le projecteur qui était alors allumé pour qu’on ne voit pas depuis les côtes turques ce qui se passait en mer »

Article entier ici  : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-magne/260114/l-europe-des-assassins-l-europe-forteresse-12-migrants-assassines-noyes-au-large-de-la-mer-egee

 Lettre d’Alexis Tsipras à Herman van Rompuy : Il faut changer de politique migratoire européenne.

Monsieur le Président du Conseil Européen,

La disparition de centaines de migrants dans les mers de l’Europe du Sud continue de se produire à un rythme inquiétant. Après le drame de Lampedusa, neuf enfants et trois mères ont perdu de façon tragique la vie il y a quelques jours, au nord de la mer Égée.

Jusqu’à présent, les initiatives de l’Union Européenne destinées à la régulation du problème de la migration au niveau des pays de provenance n’ont eu aucune influence déterminante. Les projets de mise en application de la Déclaration de Barcelone ont été dans les faits abandonnés, sans atteindre aucun de leurs objectifs. A l’évidence, le dessein d’une aide aux pays de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient destinée à l’amélioration de leurs économies et à la réduction de leurs chiffres de chômage, n’a pas atteint sa cible. C’était pourtant un moyen qui aurait pu abaisser le nombre de leurs citoyens, ayant pour seul recours l’émigration légale ou illégale vers l’Union européenne.

De surcroît, les guerres, qui constituent des facteurs déterminants de déclenchement des mouvements migratoires, ont été intensifiées autour de la Méditerranée et du Moyen Orient, en augmentant les flux et en multipliant le nombre de morts tragiques dans la mer Méditerranée. Lire la suite

Grèce : La voix de ceux qui résistent

Mardi 9 octobre, Angela Merkel s’est rendue en Grèce, du moins à Athènes, une ville qu’on aurait cru en état de siège et de couvre feu. Pas moins de 7 000 policiers étaient déployés sur le parcours balisé, interdit à la circulation et certaines rues interdites aux passants. Il fallait certes assurer la sécurité de notre vache allemande, n’empêche que les déplacements de nos dirigeants commencent à coûter cher, et nous laissons à chacun d’apprécier la signification d’autant de protection sécuritaire. A notre avis elle n’est jamais bon signe.

Rue grecque après le passage de la chancelante Merkel

L’objet du déplacement était essentiellement de rencontrer le premier ministre Grec, la presse chienne de garde s’en est fait l’écho, nous n’y revenons pas. Nous espérons plutôt que la grasse chancelière aura trouvé le temps de lire l’appel de Manolis Glezos, d’écouter « la voix de ceux qui résistent aux coupes brutales », rappelant l’aide offerte en 1953 par les Alliés et la Grèce à l’Allemagne: « la suspension des paiements de la dette et l’aide économique ».

Manolis Glezos, 90 ans, est le symbole vivant de la résistance contre l’occupation nazie. Le 30 mai 1941, il fut l’un des deux jeunes hommes qui avaient dérobé l’immense drapeau nazi flottant sur l’Acropole. Condamné à mort à plusieurs reprises durant et après la guerre civile, M. Glezos a passé au total plus de onze ans en prison. Aujourd’hui, il est député de Syriza (Coalition de la Gauche Radicale).

Voici un peu de cette voix qui résiste encore et toujours.

« A l’occasion de la visite de la Chancelière Allemande en Grèce, nous considérons notre devoir de rappeler tant à elle qu’au Premier Ministre Grec que:

1. La grande et puissante Allemagne n’a pas le droit de se dispenser de ses devoirs, privant ainsi la Grèce de son dû sur la base du droit internationale, tandis qu’il n’est pas aussi permis que la Grèce abdique de ses droits.

2. Les violations du droit international et des principes humains de l’honneur et de la morale portent en elle le danger de voir se répéter des phénomènes qui ont mis à feu et à sang l’Europe. La reconnaissance des crimes nazis constitue une garantie élémentaire que de telles monstruosités ne se répètent pas dans l’avenir.

Notre peuple n’a pas oublié et ne doit pas oublier. Aujourd’hui, il ne demande pas vengeance mais justice. Nous souhaitons que les Allemands aussi n’aient pas oublié. Car les peuples qui refusent leur mémoire historique sont condamnés à commettre les mêmes erreurs.  Et il semble qu’Angela Merkel conduise son pays et même la partie la plus sensible du peuple, la jeunesse, sur ce chemin glissant puisque en s’adressant aux jeunes de son parti elle n’a pas hésité de dire que « l’aide a la Grèce doit être liée aux devoirs de la Grèce ». Et quid des devoirs de l’Allemagne ?

On aurait attendu de la Chancelière qu’elle fasse preuve d’une attitude analogue à celle des Alliés envers l’Allemagne, quand, en 1953, avec la suspension des paiements de la dette et l’aide économique qu’ils lui ont offert, ils ont contribué au développement et à la reconstruction de l’Allemagne. La Grèce d’alors n’avait pas été absente de cet effort-là.

Nous n’avons pas l’intention d’inviter la Chancelière à dîner. Par contre, nous l’invitons à visiter ensemble le champ de tir de Kaisariani pour qu’elle voie aujourd’hui encore, soixante-sept ans après la fin de la guerre, que l’herbe ne pousse pas là où a été versé tant de sang. La terre n’oublie pas. Alors, les hommes aussi n’ont pas le droit d’oublier.

Il est temps d’unir notre voix à la voix du président du parti allemand de Gauche (Die Linke),  Bernd Riexinger, qui, à l’occasion de la venue d’Angela Merkel en Grèce, lui demande d’écouter la voix de ceux qui résistent aux coupes brutales, lesquelles menacent d’approfondir la polarisation dans le pays. Il avertit que la Grèce est en danger de catastrophe humanitaire.

Nous sommes déjà en train de payer cette polarisation en mon pays avec l’apparition de l’Aube Dorée. Est-ce qu’on va rester les bras croisés, attendant aussi de voir les conséquences de la catastrophe humanitaire ? Alors, il sera trop tard non seulement pour la Grèce, mais pour l’Europe toute entière. »


Pour qui veut aller plus loin, un article fouillé sur le site A l’encontre. La Grèce et l’occupation par les forces du IIIe Reich (1941-1944). Quels dédommagements? La dette de qui envers qui?

http://alencontre.org/europe/la-grece-et-loccupation-par-les-forces-du-iiie-reich-1941-1944-quels-dedommagements-la-dette-de-qui-envers-qui.html

Carton rouge vif pour gouvernement rose pâle

« Je suis pour que la Grèce reste dans la zone euro mais les Grecs doivent savoir que cela suppose qu’il y ait une relation de confiance », a osé affirmer François Hollande mercredi dernier, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision grecque Mega Channel

« Il appartient aux Grecs de se prononcer souverainement. Mais leur choix est aussi de savoir s’ils veulent rester ou non dans la zone euro. Ce qui suppose le respect des disciplines budgétaires et des mesures concrètes pour la croissance », a expliqué Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux affaires européennes. Disant cela il ne faisait que remettre une couche d’intox aux propos déjà tenus par ses patrons Fabius et Moscovici qui rabâchent depuis une semaine que « Différer tous les engagements revient à sortir mécaniquement de la zone euro. Ce qui est négociable, c’est la croissance, ce n’est pas le respect des disciplines budgétaires. »

Que la honte soit donc sur ces messieurs du social-libéralisme qui n’osent même pas prononcer le nom de Syriza, qui se sont autorisé sans vergogne une ingérence dans la politique d’un pays étranger tout en feignant de souligner sa souveraineté, et tentent de faire croire aux Français que le vote grec peut entraîner mécaniquement une sortie de la zone euro.

Mensonge ! Où ce mécanisme serait-il inscrit et acté dans le Traité de Lisbonne ou le mémorandum ?  Non messieurs les socialo-libéraux, personne ne peut sortir la Grèce de l’euro sauf à le faire en toute illégalité. Alors à quoi riment ces menaces et cette intimidation ? Et combien de fois faudra-t-il répéter que Syriza n’a JAMAIS souhaité sortir de l’euro contrairement au mensonge que vous voulez imposer, pas plus que ne le souhaitent les fronts de gauche français, allemand ou espagnol ? Ainsi que le rappelle Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : « La France ne doit pas appuyer le chantage de Mme Merkel et des tenants du consensus libéral. La question n’est pas la sortie de la zone euro ou non, mais sa refonte ».

On peut comprendre qu’il ne soit pas aisé pour le gouvernement Hollande de rassurer de rassurer à la fois Mme Merkel et les marchés financiers tout en soutenant un parti de gauche tel que Syriza. C’est néanmoins une position claire qu’attendent dans les jours à venir les quatre millions d’électeurs français qui ont permis aux socialistes et à quelques Verts de devenir le gouvernement actuel. Et ne nous y trompons pas en ce temps où toutes les digues semblent se rompre, la vraie question posée en filigrane de cette attente est : le PS est-il toujours un parti de gauche ?

Car la victoire présidentielle française, confirmée par les législatives, ne doit pas faire oublier qu’elle est due à l’ensemble des forces de gauche. Rapportée au scrutin grec de ce dimanche 17 juin, et si l’on peut se permettre de « traduire » en français le résultat grec malgré les quelques différences d’un parti à l’autre, la situation est grosso mode celle-là : UMP (Nouvelle Démocratie) = 30%, FRONT de GAUCHE (Syriza) = 27%, PS (Pasok) = 12%.

Or, sous la pression des marchés (mais semblant aussi réjouir les socialistes français), le bruit court d’une possible alliance entre le Pasok et ND, une Démocratie Nouvelle qui, il faut le savoir, n’existe que parce qu’elle a déjà rallié en son sein d’anciens dirigeants du parti LAOS, qui était un équivalent du FN français, distinct en Grèce du parti néo-nazi Aube Dorée.

Ainsi, si la nouvelle majorité grecque devait être un UMPS extrême-droitisé dans le seul but d’écarter un Front de Gauche et que ce choix soit entériné par le PS français, notre question « Le PS est-il encore à gauche ? » n’en serait que davantage légitimée. Les réponses à la question appartiennent donc encore à un futur bien proche qu’il serait injuste ou précipité d’hypothéquer. Nous croisons juste les doigts, sachant que l’Histoire aime bien bégayer, pour que nul ne soit tenté de répéter : « Plutôt Hitler que le Front populaire ! »

Ne reste pas moins que ces manipulations déplacées du gouvernement Hollande, arrivant de surcroît après un refus de recevoir Alexis Tsipras (voir notre article précédent) méritaient tout de même ce carton rouge, ne serait-ce que pour ouvrir le nécessaire débat.

 

Le changement c’est pour plus tard

« Personne n’est une île, entière en elle-même ; tout homme est un morceau de continent, une partie du tout. Si une motte de terre est emportée par la mer, l’Europe en est amoindrie, tout autant que s’il s’agissait d’un promontoire, ou que s’il s’agissait du manoir d’un de tes amis ou le tien propre : la mort de chaque être humain me diminue, parce que je fais partie de l’humanité, et donc, n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi. »

 Ces lignes rappelées par Edwy Plenel dans son édito « Nous sommes tous grecs » sont extraites du roman d’Ernest Hemingway « Pour qui sonne le glas ». Nous les reprenons à l’attention de ceux qui n’auraient pas compris qu’en Europe, le glas ne sonne pas pour les Grecs mais pour nous tous.

Le président Hollande n’a pas daigné recevoir Alexis Tsipras.

Qui est Tsipras ? Pour résumer, il est le représentant du parti grec SYRIZA qu’on peut comparer au Front de Gauche français, à la différence qu’il y a en Grèce deux formations communistes et qu’une seule des deux a pour l’instant rejoint la coalition SYRIZA. Pour en savoir plus sur Tsipras, voir en fin d’article en cliquant sur « lire plus ». Vous aurez des extraits de sa conférence de presse aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, une interview par Arlette Chabot sur Europe 1, et même  le programme de Syriza dans ses grandes lignes (traduit en français).

Pour revenir à cette fin de non-recevoir par le gouvernement actuel, on a tout lu dans la presse. Il s’agirait d’agenda présidentiel, voire de protocole. On reçoit des ministres ou des chefs d’états, pas de simples chefs de partis. Admettons !

Mais alors ? Qui est ce M. Venizelos reçu à l’Élysée au lendemain du jour où on ne peut recevoir Alexis Tsipras ? Rien moins que le président du Pasok, qui n’est autre que le PS grec, qui n’est autre qu’un parti. Et ce monsieur accueilli par François Hollande aura bien du mal à nous faire admettre qu’il n’est pour rien dans la crise grecque, tant il a exercé de responsabilités diverses depuis 20 ans. Son CV parle pour lui :

  • Ministre adjoint à la Présidence et porte-parole du gouvernement (1993-1994)
  • Ministre de la Presse et des Médias (1994-1995)
  • Ministre des Transports et de la Communication (1995-1996)
  • Ministre de la Justice (1996)
  • Ministre de la Culture (1996-1999)
  • Ministre du Développement (1999-2000)
  • Ministre de la Culture (2000-2004)
  • Ministre de la Défense (2009-2011)
  • Vice-président du gouvernement, ministre des Finances (2011-2012)

Pour info, aux législatives grecques de mai 2012 le PASOK a obtenu 13.18 % des suffrages et il est crédité de 12 à 14 % d’intentions pour le scrutin du 17 juin prochain.

SYRIZA a obtenu 16.78 % et se trouve crédité de 22 à 25 % des intentions de vote au même scrutin du 17 juin 2012. Autrement dit, que ça plaise ou non, et même si ça ne résoudra pas d’un coup le problème grec, Alexis Tsipras est en position de devenir un prochain chef de gouvernement.

 Alors, ce changement, c’est maintenant ou plus tard ?

Car, en termes de changement annoncé, on pourrait aussi se poser la question de savoir pourquoi la France poursuit sa participation à ces sommets de l’arnaque démocratique que sont les G8 et les G20. Combien de temps encore faudra-t-il rappeler que ces réunions insipides et coûteuses n’ont aucune légitimité démocratique. Que 8 ou 20 pays se réunissent pour régler les comptes des 160 autres sans leur demander leur avis… ça devrait tout dire sous le simple bon sens.

Et quel a été l’apport de François Hollande au dernier G8 ? On peut se le demander mais on peut aussi noter la mise en veille de l’engagement n°13 du projet socialiste en faveur d’une « nouvelle politique commerciale », engagement par lequel il appelait à « faire obstacle à toute forme de concurrence déloyale » et à « fixer des règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale ».

Attention à ce que les promesses électorales ne soient pas de celles qui n’engagent que ceux qui y croient.

Car une fois mises à part les auto-congratulations des participants autour du mot « croissance » ( ça y est ! c’est le nouveau mot magique!) quelle est la déclaration finale de ce G8 ? Le changement dans la continuité, pardi ! La même soupe capitaliste que servie aux précédentes rencontres : « Nous soulignons l’importance de l’ouverture des marchés […], nous nous engageons à nous abstenir de toutes mesures protectionnistes et à poursuivre les efforts en faveur du cadre de travail de l’OMC pour réduire les barrières au commerce et à l’investissement et maintenir des marchés ouverts. Nous appelons toute la communauté internationale à en faire autant ».

Et pour le cas où ce ne serait pas assez clair pour tout le monde, le même paragraphe de conclusions dénonce « les réglementations excessivement pesantes qui servent de barrières au commerce ».

Que Sarkozy ait validé ça pendant des années était au moins dans sa logique de destruction des peuples et des politiques publiques. Mais que François Hollande accepte et signe sans rechigner… Voilà une magnifique occasion ratée de faire entendre à la planète entière la voix d’une prétendue nouvelle politique française.

En savoir plus sur Syriza et le problème grec, voir l’interview par Arlette Chabot et un extrait de la conférence de presse, c’est tout de suite après la balise « Lire la suite ». Lire la suite