Le Clown Con

On reparle de Tapie. C’est l’été, faut bien sortir les Tapie pour les dépoussiérer. En juillet 2013, le Nanar était venu faire sa plaidoirie au journal de Pujadas. Sur la Toile, l’internaute Félix Lobo avait vomi le texte qui suit (sic dixit), ce Clown con qui n’a pas pris une ride. Ça méritait bien qu’on le ressorte aussi, faut pas laisser la lumière sous le boisseau.

Felix Lobo Entendre une énième fois un imbécile suprême nous seriner avec le sempiternel refrain du gros crétin égocratique « Les français ont un problème avec l’argent : on est suspect quand on en gagne » continue de m’offrir gratuitement la nausée.

Hier, Bernard Tapie s’est illustré au journal de France 2 en venant faire son exposé, nous prouvant une fois de plus que quand on est un Dieu autoproclamé sur terre, on peut se torcher avec la justice.
Un exposé de baroudeur catcheur renvoyant la marionnette faiblarde de Pujadas dans les cordes toutes les 3 secondes, un étalage dégoulinant d’arguments et de faits choisis en tête de gondole du supermarché de la démagogie, le roublard Tapie est venu s’expliquer, tel un gosse qui ne mérite pas autre chose qu’une bonne paire de claques et tu retournes dans ton coin, pis tu rends les jouets que t’as volés aux autres, non, ils ne te les rachèteront pas, ils sont à eux…

Je croyais avoir compris, de par mon vécu et mon expérience professionnelle, qu’il y avait deux sortes de clowns : le clown blanc, et l’Auguste. J’avais fini par me dire aussi qu’ils étaient nécessaires l’un à l’autre pour créer ce décalage qui amuse. Mais on voit depuis un moment apparaître une nouvelle variété de Clown : le Clown Con.

La connerie décomplexée.

À grands coups de Frigide Barjot, de Nabilla, de Marine Le Pen et de Bernard Tapie, la télé et la presse nous imposent les aventures passionnantes d’énergumènes dont les préoccupations ne dépassent pas la frontière de leur nombril doré et crasseux à la fois.
Voilà ce à quoi nous sommes confrontés quotidiennement. Des gens qui viennent révéler d’eux-mêmes en buzzant les points cruciaux de leur Sicrette-Story, et étaler l’absurdité du vide de leurs pensées débiles.

Quand ce n’est pas d’eux qu’il s’agit, on nous sert du Cahuzac et du Lance Armstrong, qui, au final, ne sont pas d’une autre catégorie puisque ils ont versé dans l’appétit de gloire personnelle en se foutant pas mal de laisser les autres crever au bord de la route.

Dans un monde ultralibéral où le pognon règne en maître absolu et où la pauvreté se développe comme un cancer insidieux, nous voilà réduits à n’avoir pour seuls modèles que ces marionnettes manipulatrices s’adonnant au culte du Rien.
Mais bordel, il y a du monde quand même sur cette fichue planète !

Entre les extrêmes Tapie et Mandela, il y a des tripotées de bonshommes et de bonnes femmes qui pourraient faire rêver nos gosses en leur soufflant d’autres valeurs, en leur soufflant la valeur des autres.

Oui, Nanard, je chante avec toi ton refrain : « Les français ont un problème avec l’argent », mais mon couplet n’est pas le même, mon couplet, c’est : « Ils n’en ont pas, ils n’en ont plus, parce que ceux qui le distribuent ont des trous dans les mains, et les mains dans les poches ».

Le monde pète un câble, et je crains que les empêcheurs de réfléchir en rond qui ankylosent les cerveaux du peuple en tirant les QI vers le bas, ceux qui s’inspirent du fameux « Offrons-leur du pain et des jeux » et qui l’ont changé en « Vendons au peuple du pain rassis et des spectacles abêtissants » nous entraînent vers le règne nauséabond des idées les plus basses que l’humanité puisse engendrer.

RIDEAU ! RIDEAU, s’il vous plaît ! Ce spectacle de clowns cons ne nous amuse plus du tout.

Sarko examiné

On ne va pas vous repasser l’intervention télévisée du nabot à talonnettes, mais on en profite pour émettre le vœu que tout justiciable s’estimant injustement mis en examen puisse, à l’avenir, s’exprimer à la télévision. Pas de replay, donc, mais ce commentaire récapitulatif trouvé sur  » 20 minutes »et signé Jimmy Criket. (agrémenté des dessins du jour).

– Nicolas Sarkozy peut encercler ses ennemis. Tout seul.
– Quand Nicolas Sarkozy pisse face au vent, le vent change de direction.
– Nicolas Sarkozy peut claquer une porte fermée…
– Nicolas Sarkozy a déjà compté jusqu’à l’infini. Deux fois.
– Nicolas Sarkozy ne porte pas de montre. Il décide de l’heure qu’il est.
– Nicolas Sarkozy peut diviser par zéro.
– La seule chose qui arrive à la cheville de Nicolas Sarkozy, c’est sa chaussette.
– Quand Google ne trouve pas quelque chose, il demande à Nicolas Sarkozy.
– Nicolas Sarkozy fait pleurer les oignons.
– Les Suisses ne sont pas neutres, ils attendent de savoir de quel coté Nicolas Sarkozy se situe.
– Pour certains hommes le testicule gauche est plus large que le testicule droit. Chez Nicolas Sarkozy, chaque testicule est plus large que l’autre.
– Nicolas Sarkozy sait parler le braille.
– Il n’y a pas de théorie de l’évolution. Juste une liste d’espèces que Nicolas Sarkozy autorise à survivre.
– Un jour, au restaurant, Nicolas Sarkozy a commandé un steak. Et le steak a obéi.
– Nicolas Sarkozy a un jour avalé un paquet entier de somnifères. Il a cligné des yeux.
– Nicolas Sarkozy mesure son pouls sur l’échelle de Richter.
– Nicolas Sarkozy connaît la dernière décimale de Pi.
– Nicolas Sarkozy peut taguer le mur du son.
– Quand la tartine de Nicolas Sarkozy tombe, la confiture change de côté.
– Nicolas Sarkozy est capable de laisser un message avant le bip sonore.
– Une larme de Nicolas Sarkozy peut guérir du cancer, malheureusement Nicolas Sarkozy ne pleure pas.
– Quand Nicolas Sarkozy passe devant un miroir, il n’y a pas de reflet : il n’y a qu’un seul Nicolas Sarkozy.
– Si Nicolas Sarkozy dort avec une lampe allumée, ce n’est pas parce qu’il a peur du noir mais parce que le noir a peur de lui.
– Le calendrier de Nicolas Sarkozy passe du 31 mars au 2 avril. … Personne ne fait de blague à Nicolas Sarkozy.

L’occasion de relire le billet de Huertas « Une coupure vertigineuse », c’était ici.

Le fil sémaphorien_mai2014_n°3

¤=¤=¤=¤=¤ dernière mise à jour samedi 24 mai 2014

Rappel_ Sémaphores suspendra son activité à partir du 31 mai

¤=¤=¤=¤=¤

Affaire Tapie_le suivi

Nanar, toujours très calme… (Europe 1_23 mai 2014)


Bernard Tapie [Europe 1] par asi

¤=¤=¤=¤=¤

Planète foot et Brésil

Tandis que Michel Platini invite gentiment les Brésiliens à mettre entre parenthèses leurs revendications, le temps de l’épreuve, le sélectionneur français Didier Deschamps semble menacer les journalistes spécialisés de révéler…des scandales sexuels les concernant. En short et maillot, Didier Porte arbitre.


Platini contre les Brésiliens, Deschamps contre… par asi

¤=¤=¤=¤=¤

Ça fait plaisir mais c’est un peu court…

Plus de 23 000 évadés fiscaux se sont présentés en 2013 au fisc pour régulariser leur situation, rapporte le ministère de l’économie. Le service de traitement des déclarations rectificatives (STDR) a traité 1 260 des 23 000 dossiers qui lui ont été transmis, et ainsi récolté 764 millions d’euros. Bercy espère voir cette somme passer à 1,8 milliard d’euros au cours de l’année 2014.

Quand on sait que l’évasion fiscale en France est évaluée entre 60 et 80 milliards par an… on ne peut qu’applaudir très modérément les efforts de Bercy. Ces évadés repentis sont à l’évidence de petits fraudeurs qui ont fait dans leur pantalon en voyant exploser la bombe Cahuzac. Les sommes récupérées sont pour la plupart inférieures au million d’euros. Autrement dit les gros bonnets n’ont que faire des intimidations d’un gouvernement qui ne se donne pas les moyens d’une vraie chasse aux fraudeurs.

¤=¤=¤=¤=¤

Enquête sur de possibles détournements de fonds au profit de sénateurs UMP

Le Parquet de Paris vient d’ouvrir une information judiciaire sur de possibles détournements de fonds opérés au profit de plusieurs sénateurs UMP, révèle mardi 20 mai Le Parisien.

Au cœur de cette affaire apparaissent deux associations de loi 1901, l’Union républicaine du Sénat (URS) et le Cercle de réflexion et d’études sur les problèmes internationaux (Crespi). Les détournements de fonds pourraient s’élever à près de 400 000 euros en l’espace de deux ans.

Notre Mafiascope va-t-il s’augmenter de nouvelles entrées ?

Cela dit, ces nouvelles malversations apparaissent sans commune mesure avec la nouvelle affaire détaillée lundi dans les pages de Mediapart. Des millions d’euros de subventions européennes ont disparu dans des montages opaques à l’université des Antilles-Guyane. Une information judiciaire vient d’être ouverte pour « détournement de fonds » et « escroquerie en bande organisée » tandis que la nouvelle présidente de l’université parle de « système mafieux ». Primes et rémunérations hors normes, facturations diverses et variées… des millions continuent de disparaître, pas pour tout le monde.

Article Mediapart (seulement pour les abonnés) : http://www.mediapart.fr/journal/france/190514/universite-antilles-guyane-les-fonds-europeens-ont-ete-siphonnes-grande-echelle?page_article=3

AffaireS Balkany_le suivi

Isabelle Balkany a été placée en garde à vue dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption à Nanterre, mercredi 21 mai. Isabelle Balkany est interrogée dans le cadre de l’information judiciaire pour « blanchiment de fraude fiscale » ouverte en décembre 2013 après les révélations d’un ancien proche des Balkany, Didier Schuller.

Selon des informations du Point, les enquêteurs soupçonnent fortement Isabelle Balkany d’être la propriétaire de la somptueuse villa « Pamplemousse », à Saint-Martin (Antilles), dissimulée au fisc par des montages off-shore. Quant au luxueux riad de Marrakech (Maroc) où se rendent souvent les Balkany, acquis via une fiduciaire suisse et une société panaméenne il pourrait être enregistré au nom de Jean-Pierre Aubry, toujours selon des informations du Point.

la villa « Pamplemousse »

¤=¤=¤=¤=¤

L’Europe sociale… Ils en ont tous parlé.

¤=¤=¤=¤=¤

Le retour de Sarko ? Et puis quoi, encore !

mise à jour samedi 14 décembre 2013

L’avis d’un ancien haut magistrat

Philippe Bilger est aujourd’hui conseiller dans un cabinet d’avocats, mais il tient aussi le blog « Justice au singulier » (consultable ici) et sa chaîne personnelle sur YouTube (c’est ).

« Comment ne pas juger dangereuse moralement et politiquement une personnalité qui, au plus haut niveau de l’État, a laissé au fil du temps, sous sa seule influence, des serviteurs, des collaborateurs, des auxiliaires se déliter alors qu’auparavant, sur des registres divers, ils n’avaient pas démérité et au contraire, pour certains, s’étaient illustrés ? »

« Durant cinq ans, (…) il a été le mauvais génie de personnalités qui, à son contact et parce qu’il leur faisait miroiter ambitions, espérances, privilèges et impunité, ont perdu leur valeur originelle et se sont retrouvées, pour quelques-unes, après l’élection de François Hollande, dans des processus judiciaires ou disciplinaires préoccupants. »

Et de citer Philippe Courroye, Georges-Marc Benamou, François Pérol, Stéphane Richard, Claude Guéant, Brice Hortefeux, Rachida Dati et Christine Lagarde, une liste non exhaustive. Mais s’il y a lieu d’en faire aujourd’hui le tour, c’est bien parce que, intox ou info, certains parlent d’un retour possible de Sarkozy en politique, à quoi s’ajouterait que les 48% de français qui ont voté pour lui seraient prêts à le refaire. Nous invitons ces aveugles-là à réfléchir sur la base des quelques éléments suivants, sachant que d’autres vont s’y ajouter dans les mois qui arrivent car l’étau se resserre, ex président de la République ou pas. Lire la suite

de l’incontournable Sarkozy

 

Par Passifou (source : Le Club Mediapart)

On peut dire qu’avec Sarkozy, on se trouve en face d’un phénomène extraordinaire, le déni total, définitif, et jamais interrompu de toute vérité à l’évènement.

Sarkozy existe d’abord par les médias.

Ce qu’il fait et dit, est amplifié, amélioré, asséné jusqu’à faire partie des meubles. Sarkozy est incontournable parce qu’on vous le dit, et parce que partout, on entend parler de lui et on le voit mis en situation d’être vanté, approuvé ou soutenu.

C’est le compagnon de votre quotidien, du lever à la radio, au coucher avec le dernier journal télévisé.

Que fait-il ? Rien, ce sont les médias qui vous diront ce qu’il a fait de bien, ce qu’il a empêché de mal, c’est à eux de trouver.

Lui s’enferme dans ses refuges élyséens ou partisans avec des copains, évacue tout ce qui peut ressembler à un cadre contraignant officiel, pour ne faire exactement que ce qu’il veut, aux autres de récupérer le coup.

Les lieutenants se contorsionnent pour essuyer la dernière lubie, les médias pour étouffer la dernière vilénie.

On a de l’Hitler et de ses proches avec Sarko et l’état-major Ump, il perd sans cesse chaque bataille, mais personne n’ose s’en débarrasser.

C’est qu’il terrorise.

Parce que le bonhomme est vindicatif jusqu’à l’obsession, méchant comme une teigne et qu’il n’oublie rien, faisant d’un manque de flagornerie et de soumission veule, une attaque personnelle.

Le type est visiblement givré. Tout le monde le sait. Alors pourquoi lui laissent-ils donc autant de pouvoir ?

C’est que les amis de Sarkozy sont propriétaires d’immenses champs de blé variété dollar, et qu’il les a aidés sans jamais hésiter. 600 milliards de déficit, principalement en raison de la gestion de la fiscalité. Cela a une signification.

On fait porter l’essentiel du poids de l’État sur ceux qui n’en profitent pas, les classes moyennes.

Sarkozy a besoin de serfs.

Et nous on a besoin de lui casser sa gueule médiatique enfarinée, encore et encore, jusqu’à ce que la simple idée de revenir plastronner devant les caméras, en France ou ailleurs, lui donne la nausée.

*=*=*=*=*=*=*=*

Par ailleurs, Christophe Geugnot a placé depuis hier (lundi 8 juillet) sur Mediapart une note de veille qui récapitule les principaux éléments d’une Sarkosie cernée de toutes parts  par la justice.

Extraits :

Édouard Balladur

Premier ministre quand fut signé en 1994 le contrat de vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie saoudite. Au vu de l’avancée de l’enquête menée par le juge Renaud Van Ruymbeke, il devrait logiquement être auditionné dans les mois à venir, d’autant que placé en détention depuis plus d’un mois, Ziad Takieddine a reconnu le 20 juin 2013 avoir financé la campagne de l’ancien premier ministre.

Nicolas Bazire

Proche de Nicolas Sarkozy dont il a été témoin de mariage avec Carla Bruni, ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur et directeur de la campagne de ce dernier en 1995, Nicolas Bazire, 54 ans, a été mis en examen le 22 septembre 2011 pour « complicité d’abus de biens sociaux » dans le cadre de l’affaire Karachi.

 

Philippe Courroye

Le procureur de Nanterre, proche notoire de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen le 17 janvier pour « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l’autorité publique » et « collecte de données à caractère personnel par moyen frauduleux, déloyal ou illicite ». Une décision par la suite annulée par la chambre de l’instruction car au moment de la mise en examen du procureur, le caractère illégal de la procédure engagée contre les journalistes n’était pas établi (ce ne sera établi qu’en décembre 2011). L’instruction va donc pouvoir reprendre.

En charge de l’affaire Bettencourt, le procureur Courroye était nommément cité dans les enregistrements publiés par Mediapart, lorsque, le 21 juillet 2009, Patrice de Maistre, le gestionnaire de Liliane Bettencourt, expliquait à sa cliente que Patrick Ouart, à l’époque conseiller juridique de Nicolas Sarkozy, lui avait assuré que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre que la demande de sa fille était irrecevable, avant que le procureur rejette effectivement la plainte le 3 septembre 2009.

Renaud Donnedieu de Vabres

Renaud Donnedieu de Vabres a été mis en examen en décembre 2011 pour « complicité d’abus de biens sociaux » dans l’affaire des ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Il est soupçonné d’avoir participé à la mise en place, au sein du gouvernement Balladur, d’un système de détournement de fonds.

 

Thierry Gaubert

Thierry Gaubert, 60 ans, proche de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui conseiller du président du groupe Banques populaires-Caisse d’épargne, est interpellé et placé en garde à vue en septembre 2011. Mis en examen deux jours plus tard pour « recel d’abus de biens sociaux », il est laissé en liberté.

Thierry Gaubert est également mis en examen pour « subornation de témoin » le 22 novembre 2011.

En mai 2012, Thierry Gaubert a annoncé lui-même avoir à nouveau été mis en examen, cette fois pour blanchiment aggravé.

Claude Guéant

L’ancien ministre de l’intérieur et ancien secrétaire général de l’Élysée a reçu Bernard Tapie en mai 2009 et interféré dans la négociation fiscale que l’ex-homme d’affaires avait avec le directeur de cabinet d’Éric Woerth et qui ne prenait pas la tournure qu’il souhaitait.

Mis en cause par Ziad Takieddine, dans l’affaire du financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy.

Claude Guéant est également mis en cause pour avoir bénéficié de sommes d’argent en liquide pour environ 250 000 euros, provenant selon lui de « primes de cabinet », « non déclarées ». Le parquet de Paris a cependant ouvert, le 14 juin 2013, une enquête préliminaire pour de possibles « détournements de fonds publics » et « recel » visant ces primes.

Brice Hortefeux

L’ex-ministre de l’intérieur a appelé son ami Gaubert pour le prévenir que sa femme, Hélène de Yougoslavie, « balançait beaucoup » au juge Van Ruymbeke. L’échange entre les deux hommes laisse penser que M. Hortefeux a eu accès au dossier d’instruction.

L’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi a déposé plainte contre Brice Hortefeux pour « complicité de subornation de témoin »« violation du secret de l’enquête » et « entrave au déroulement des investigations ou à la manifestation de la vérité ».

L’enquête pour violation du secret professionnel a été classée sans suite.

Brice Hortefeux est également mis en cause dans l’affaire Kadhafi concernant le financement de la campagne présidentielle de 2007.

Christine Lagarde

mise en cause dans le cadre d’une enquête de la CJR, ouverte le 4 août, pour « complicité de faux » et « complicité de détournement de fonds publics ». Le 25 mai 2013, elle a été placée sous le statut de témoin assisté par la Cour de justice de la République.

La Cour de justice de la République estime que l’ex-ministre de l’économie s’est impliquée « personnellement » dans un processus comportant « de nombreuses anomalies et irrégularités », qui a abouti à un dédommagement de Bernard Tapie de centaines de millions d’euros sur fonds publics.

François Léotard

Il est celui qui a signé les contrats de l’affaire de Karachi. L’ancien ministre de la défense, François Léotard, est au cœur de l’enquête du juge Van Ruymbeke sur les ventes d’armes du gouvernement Balladur avec le Pakistan et l’Arabie saoudite.

À la clé : plus de 80 millions d’euros de commissions occultes. Avec les derniers rebondissements de l’affaire, une audition de François Léotard devrait intervenir prochainement.

Stéphane Richard

Stéphane Richard, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, est convoqué le 10 juin 2013 devant la Cour de justice de la République (CJR) dans le cadre de l’arbitrage rendu en 2008, favorable à Bernard Tapie, qui avait touché 403 millions d’euros dans l’affaire l’opposant au Crédit lyonnais sur la vente d’Adidas.

 

Bernard Squarcini

Le 17 octobre 2011, alors qu’il est toujours directeur de la DCRI, Bernard Squarcini est mis en examen pour « atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel », dans le cadre de l“affaire des fadettes” des journalistes du Monde en pleine affaire Bettencourt. Le 12 décembre 2012, la cour d’appel de Paris annule deux des trois chefs de mise en examen. Il reste mis en examen pour « collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite ». En juin 2013, il est renvoyé en correctionnelle pour ce dernier chef d’accusation.

Ziad Takieddine

L’homme d’affaires franco-libanais, soupçonné d’avoir voulu prendre la fuite à l’étranger alors qu’il fait l’objet d’un contrôle judiciaire, a été mis en examen le 1er juin 2013 et écroué à la prison de la Santé.

Au cœur de l’affaire Karachi, Ziad Takieddine est mis en examen trois fois dans ce dossier : d’abord pour complicité et recel d’abus de biens sociaux et faux témoignage, puis pour blanchiment et recel d’abus de biens sociaux.

De septembre à décembre 2005, Ziad Takieddine aura été l’organisateur des visites à Tripoli du ministre Sarkozy, de Claude Guéant, son directeur de cabinet, et même de Brice Hortefeux, ministre délégué… aux collectivités territoriales. Officiellement, il s’agit de parler d’immigration et de lutte contre le terrorisme. En coulisses, le cabinet Sarkozy et Ziad Takieddine négocient en secret des contrats commerciaux, plus ou moins avouables.

Bernard Tapie

Le 28 juin 2013, Bernard Tapie et son avocat Maurice Lantourne sont mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais.

Bernard Tapie a fini par admettre avoir participé à une réunion à la présidence de la République, en juillet 2007, en vue de mettre en place le processus d’arbitrage qui, un an plus tard, lui accordera 403 millions de dommages et intérêts.

Éric Woerth

Accusé par l’ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, d’avoir reçu début 2007, alors qu’il était ministre du budget et trésorier de l’UMP, 150 000 euros de Patrice de Maistre, l’ex-gestionnaire de fortune de la milliardaire, Éric Woerth a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse.

Le 8 février 2012, il est mis en examen pour trafic d’influence passif, et le lendemain pour recel de financement illicite de parti politique. Le 4 juillet 2013, Éric Woerth est renvoyé en correctionnelle pour ce dernier volet du dossier.

La justice détient une lettre de l’ancien ministre du budget adressée aux avocats de Bernard Tapie. Datée d’avril 2009, elle fixerait le montant d’impôt dû par l’ex-homme d’affaires au terme de l’arbitrage à environ 12 millions d’euros alors que d’autres modes de calcul auraient pu aboutir à… 120 millions d’euros.

Il est par ailleurs sous le coup d’une enquête de la Cour de justice de la République (CJR) pour « prise illégale d’intérêts » dans la vente de l’hippodrome de Compiègne.

 

Et dire qu’on manque de place dans les prisons !… A moins que…

*=*=*=*=*=*=*=*=*

extrait de l’Humanité (9 juillet)

Jean-Luc Mélenchon: face aux affaires, « les citoyens doivent réécrire la règle du jeu »

Entretien exclusif HD.  Tapie, Cahuzac, retrocommissions de Balladur, financement de la campagne de Sarkozy par la Libye de Kadhafi… Interrogé sur les «affaires», le coprésident du Parti de gauche dénonce un système qui «organise l’irresponsabilité à tous les étages». Il appelle à nouveau à l’élection d’une Assemblée constituante «pour rédiger la Constitution d’une VIe République».

HD. Affaire Cahuzac, affaire Tapie, nouvelles révélations sur l’affaire Karachi et le financement de la campagne de Balladur. Comment réagissez-vous à ce grand déballage?

Jean-Luc Mélenchon. Même si elles sont différentes, ces affaires ne sont pas des cas particuliers. Ce sont des symptômes du pourrissement de la Ve République. En concentrant tous les pouvoirs sur un seul homme, ce système organise l’irresponsabilité à tous les étages. Il rend ainsi les institutions perméables avec la finance: une technocratie irresponsable navigue des banques et du commerce vers la politique via l’administration et par le copinage. L’UMP, le PS participent de cette oligarchie par leur politique autant que par leurs connivences de personnes. Mais l’affaire Cahuzac a montré aussi que la chaîne du mensonge commence au PS pour finir au FN.

Ce pourrissement des institutions par l’argent fait reculer le consentement à l’autorité dans l’ensemble de la société. Le peuple est systématiquement écarté du pouvoir au profit d’une oligarchie insubmersible, qui survit à toute alternance. Dans ces conditions, l’abstention de masse est une forme d’insurrection civique froide contre un système jugé illégitime. Face à une crise d’une telle ampleur, le changement ne peut pas être cosmétique. Les institutions doivent être entièrement refondées. Les citoyens doivent pouvoir réécrire la règle du jeu institutionnel et social, grâce à l’élection d’une Assemblée constituante pour rédiger la Constitution d’une VIe République. De la cité à l’entreprise et comme être humain responsable de l’écosystème, il s’agit de répondre à un objectif principal: assurer partout et tout le temps la souveraineté politique complète du peuple! Et imposer l’intérêt général de l’humanité face aux intérêts mercantiles en coupant tous les liens possibles entre finance et politique.

HD. Vous avez récemment pris la défense de Jérôme Kerviel contre la Société générale. Pourquoi? Selon vous, est-ce une nouvelle affaire d’État qui se profile?

J.-L. M. Cette affaire illustre à nouveau la collusion entre les financiers voyous et le gouvernement UMP qui a couvert à l’époque les méfaits de la Société générale par l’intermédiaire de Christine Lagarde, en faisant payer le contribuable pour des pertes dont le montant et l’origine restent obscurs. Pour maquiller les pertes abyssales de cette banque dans les subprimes aux États-Unis, ses dirigeants ont chargé un homme qui spéculait hors norme comme la banque le lui avait appris. Kerviel n’est pas responsable de ce dont on l’accable. Cette affaire révèle que les grandes banques représentent désormais en France un danger pour l’économie réelle et la démocratie. Nous affrontons un cancer financier. Une stricte séparation des activités de banque de détail et de banque de marché permettrait de commencer à briser ces monstres. On en est très loin avec la loi Hollande-Moscovici sur les banques, qui est la plus favorable à la finance de toute l’Europe. La création d’un pôle financier public, y compris à partir de la nationalisation des activités de détail des deux plus grandes banques françaises, permettrait de réorienter radicalement le financement de l’économie. Et de tourner le dos à l’économie de casino dont ces banques sont devenues les principaux moteurs.

HD. Dans cette ambiance, la crise politique semble plus qu’acquise. Jugez-vous que la montée du FN en fait partie?

J.-L. M. Le FN n’est pas seulement un bénéficiaire indu de cette crise. Il est directement lié aux causes de la crise. Voyez avec l’affaire Cahuzac: les Le Pen et leurs amis participent directement de cette oligarchie du fric, au point que c’est un proche de Mme Le Pen qui a ouvert le compte en Suisse de Cahuzac. Sans oublier que Jean-Marie Le Pen lui-même a déjà été condamné pour fraude fiscale. Et que Marion Le Pen a défendu les LBO (système qui permet le rachat à crédit des entreprises ou de leurs dettes) à l’assemblée. Le FN profite d’une crise car il est utilisé par le système politique UMP-PS et les médiacrates comme un chien de garde pour figer tout le paysage démocratique et empêcher l’émergence majoritaire d’autres forces politiques. Le PS utilise ainsi la menace du FN comme une assurance-vie. La principale machine à faire monter le FN est l’Élysée, où se décide une politique désespérante, et dans les directions de nombreux médias qui ont méthodiquement dédiabolisé le FN et m’ont couvert d’injures. Les médiacrates distillent des ingrédients qui alimentent directement le vote FN. D’abord, le déclinisme des experts et d’une grande partie des cadres PS et UMP qui installe un sentiment de décadence et d’impuissance. Ensuite, la recherche de boucs émissaires, arabes, juifs ou francs-maçons, que de nombreux médias, à commencer par de grands hebdomadaires, pointent du doigt, les uns pour leur pouvoir présumé, les autres pour la menace qu’ils représenteraient pour le pays. J’appelle à la résistance systématique face à ce lepénisme médiatique et à l’insurrection des consciences des journalistes eux-mêmes.

 

Quand Tapie place notre pognon

« Bernard Tapie en garde à vue » titrait hier la presse, tandis que la brigade financière tentait de reconstituer le parcours des millions empochés par les époux diaboliques.

On y apprend que « Dès le 18 septembre 2008, les époux Tapie virent les 45 millions d’euros correspondant à leur « préjudice moral » sur un compte ouvert à la banque Lazard Frères, à Paris.

Le 12 juin 2009, sur instruction de mandataire judiciaire, c’est une somme de 196 millions d’euros qui est virée sur un compte ouvert à la Société générale au nom du Groupe Bernard Tapie. En juillet et décembre 2009, 15,5 millions puis 21,5 millions atterrissent à la Société générale de Monaco, où le groupe Tapie dispose d’un autre compte.

Les époux Tapie ont déjà placé une partie de cet argent : le 2 décembre 2008, ils ont chacun souscrit une assurance-vie auprès d’Axa et de La Mondiale, pour un montant total de 36 millions d’euros. Entendu comme témoin en juillet 2012, M. Tapie a indiqué que rien qu’« avec l’argent du préjudice moral », son épouse et lui avaient « acheté pour chacun des enfants un petit appartement ou un pavillon ». »  (Le Monde 24.06.2013 11:47 )

 

 

 

Concocté par le blogueur Crossing News, voici un petit inventaire des biens des « précautionneux » :40 millions €
Yacht le « Reborn » Immatriculation sur l’île de Man

47 millions €
La villa à St Trop. Sté : South Real Estate Investment au Luxembourg

50 millions d’€
En vente après financement par l’état de sa restauration
en tant que Monument historique.

23 millions $
Sté : Carré Aviation immatriculée sur l’île de Man.

La société dans laquelle le TAPIE « volant » a pris une participation de 20% en 2010 à Malte s’appelle « Carré Aviation » .
Laquelle société a investi immédiatement avec l’achat d’un magnifique Bombardier Global Express BD700 immatriculé 9H-GBT avec les initiales du Groupe Bernard Tapie.

Tapie connait très bien Malte, son fils Laurent TAPIE y dirigeait une société de paris en ligne qu’il a vendue en 2008 au groupe Partouche.

25 millions €
ancien hôtel particulier de Lindsay Owen-Jones,
ex-patron de L’Oréal, acheté par « Mme TAPIE ».

Une piscine pour inviter Copé and Co ? Celle-là se trouve dans une superbe maison à Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne, détenue par Themepark Properties Londres (désolé, on n’a pas de photo de la maison)

51 millions €
La Provence, Nice-Matin et Corse-Matin

Et il y a fort à parier que nous ne sachions pas tout. Sacré Nanar !

Petit bonus à l’attention de ceux qui ne comprennent pas pourquoi, en attendant de remonter jusqu’à Sarkozy, l’affaire Tapie-Lagarde est une affaire d’État.