Affaire Snowden et déclaration de Cochabamba

Une info annoncée certes par tous les médias mais rapidement passée sous silence, comme si un très grave incident diplomatique n’avait aucune importance selon qui est le pays humilié. Nous avons pourtant été nombreux, par delà ce scandale politique, à verser des larmes tant notre honte était grande d’être Français dans un moment pareil.

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, quatre pays européens, la France, l’Espagne, l’Italie et le Portugal interdirent leur espace aérien à l’avion présidentiel du président légitimement élu de la Bolivie, Évo Morales. Mais une fois à l’aéroport de Vienne, l’ambassadeur d’Espagne en Autriche est intervenu pour demander, à l’encontre du droit international et contre la volonté du Président, une fouille complète de l’avion. Ce dernier sera retenu plus de 13 heures à cet aéroport comme le serait un délinquant de droit commun.

Il faut imaginer un seul instant un scénario semblable impliquant cette fois l’avion présidentiel du président des États-Unis à qui serait interdit l’espace aérien de la Bolivie, du Venezuela, de l’Équateur, de l’Argentine et du Brésil pour faire le plein de carburant. Déjà là ce serait une mobilisation de tous les médias et institutions internationales pour dénoncer et justifier des interventions militaires musclées dans ces pays.

Cette honte, que nous supportons encore tant le silence des médias de révérence a occulté la suite de l’événement, n’est pas prêt de s’éteindre pour ceux d’entre nous qui auraient à voyager prochainement dans les pays d’Amérique Latine. Quelques preuves en images.

Le 4 juillet, les pays membres d’UNASUR se sont réunis d’urgence à Cochabamba, en Bolivie, pour exprimer leur solidarité au président Evo Morales, mais aussi pour condamner de la manière la plus forte ces quatre pays européens ainsi que ceux qui en tirent les ficelles.

déclaration de Cochabamba

« Nous dénonçons la flagrante violation des Traités internationaux qui régissent la vie pacifique, la solidarité et la coopération entre nos États, qui constitue un acte insolite, inamical et hostile, constituant un fait illicite qui affecte la liberté de déplacement d’un Chef d’État et de sa délégation officielle.

Nous appuyons la Dénonciation présentée par l’État plurinational de Bolivie devant le Haut commissariat des Nations Unies pour le non-respect des Droits Humains et pour avoir mis en danger la vie du président Évo Morales. De la même manière, nous appuyons toutes les actions jugées nécessaires devant les Tribunaux et instances compétentes. »

  • Le gouvernement du Chili a lancé un appel à éclaircir ce qui s’est passé. Le gouvernement chilien a demandé en outre que les normes du droit international soient respectées, ainsi que le traitement dû à l’avion d’un chef d’État.
  • À Buenos Aires, la présidente argentine Cristina Kirchner a estimé qu’ « un avion disposant d’une immunité absolue a été illégalement détenu dans la vieille Europe, ce qui constitue un vestige du colonialisme que nous pensions totalement dépassé. Ça n’a pas été seulement une humiliation pour la Bolivie, mais pour toute l’Amérique du Sud », a-t-elle déclaré lors d’une cérémonie officielle.
  • Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff a signalé dans un communiqué l’indignation de son gouvernement. Réclamant des excuses des pays concernés, dont la France, elle a estimé que cet incident compromettait le dialogue entre les deux continents et les possibles négociations entre eux.
  • L’Union des nations sud-américaines (Unasur, qui regroupe 12 pays), a fait part de « sa solidarité et de son indignation face à des actes qui ont mis en danger la sécurité de M. Morales et de son entourage », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Pérou, qui exerce la présidence tournante de l’organisation.
  • Depuis Caracas, l’Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples, qui compte huit membres autour du Venezuela) a critiqué « une situation grave due à l’impérialisme nord-américain et ses alliés européens. »
  • Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua a dénoncé « un attentat contre la vie du président Morales et son homologue équatorien Ricardo Patiño, une terrible offense ».
  • Le vice-président bolivien Alvaro Garcia a annoncé lors d’une conférence de presse que plusieurs présidents latino-américains se réuniraient jeudi sur ce sujet à Cochabamba (centre).

Source : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/evo-morales-prive-de-son-immunite-138293

Sur le même site d’Agoravox, et toujours relativement à l’affaire Snowden, vous pouvez trouver un appel à tous les magistrats, par lequel il apparait que sur le plan purement légal (Code Pénal et Code de la Défense), le président Hollande et le ministre de l’Intérieur violent ou laissent violer un grand nombre de lois frôlant la haute trahison.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/appel-a-tous-les-magistrats-le-138322