Le Monde et le Venezuela

LETTRE AU MÉDIATEUR DU MONDE, PAR MAURICE LEMOINE

journaliste au Monde Diplomatique

Publié par Venezuela infos dans Médiamensonges / désinformation / propagande19 avril 2014

Monsieur le médiateur,

Maurice Lemoine couvre l’Amérique Latine depuis 35 ans. Dernier ouvrage paru : « Sur les eaux noires du fleuve »

Avez-vous conscience que votre quotidien accorde infiniment plus d’importance, en nombre de signes, d’articles, de pages (et de virulence) – examinez vos archives récentes, vous serez surpris du résultat ! –, à « la répression sans états d’âme » (28 mars) des étudiants et opposants vénézuéliens par le gouvernement de Nicolas Maduro qu’à (par exemple) la condamnation à mort, le 24 mars, de 529 partisans de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, pour des violences commises durant l’été 2013 ? C’est pourtant ce que tout lecteur du Monde, même moyennement attentif, peut constater. Curieuse disproportion…

Que votre collaborateur Paulo A. Paranagua mène une croisade personnelle et haineuse contre la gauche latino-américaine – et en particulier celle qui gouverne à Caracas, au terme d’élections reconnues par la communauté internationale – est son droit le plus strict. Qu’il entraîne Le Monde – en témoigne votre éditorial « Les Vénézuéliens dans l’impasse du “chavisme” » (11 mars) – dans sa dérive obsessionnelle participe d’un pic de pollution médiatique particulièrement préoccupant.

Je ne reprendrai pas ici point par point la prose de votre « journaliste », tant il y faudrait de la place et du temps. Elle prête d’ailleurs parfois à sourire quand, par exemple, il présente l’opposant Teodoro Petkoff comme une « figure de la gauche » vénézuélienne : ministre du président néolibéral Rafael Caldera (1994- 1999), celui-ci a été à l’époque l’architecte des politiques de privatisation et de démantèlement du système de sécurité sociale !

Sourire encore lorsqu’il s’en prend, régulièrement, aux excellentes relations du Parti des travailleurs (PT) et du pouvoir brésilien avec les gouvernements « socialisants » – rebaptisés par vos soins « populistes » – environnants : si je ne me trompe, ce n’est pas moi, mais bien Le Monde, qui a fait de Luiz Inacio Lula da Silva, en décembre 2009, « l’homme de l’année » (il est vrai qu’à l’époque, il fallait un « bon » chef d’État progressiste à opposer à Hugo Chávez, « le méchant ») ! Chávez disparu, la grande Internationale conservatrice peut désormais s’en prendre à la gauche modérée (qui, je le précise, et pas plus que ses homologues se revendiquant du « socialisme du XXIe siècle », n’est exempte de critiques, cela va de soi). Mais le problème n’est pas là… Il réside dans une manipulation grossière de l’information, destinée à transmettre une image désastreuse des pays de la région qui, tout en mettant en oeuvre des politiques sociales et en réduisant considérablement la pauvreté, ne se soumettent ni aux dogmes néolibéraux ni aux desiderata des États-Unis, de l’Union européenne et de leur excroissance mutuelle, l’OTAN. Il réside, sous couvert de soutien au centre gauche, d’appuyer en sous-main la droite (ce qui, en démocratie, n’a rien de honteux), la droite radicale (ce qui est déjà plus problématique) et même l’extrême droite (ce qui est proprement scandaleux). Lire la suite

Venezuela_le suivi

LE VENEZUELA MONTRE QUE LES MANIFESTATIONS PEUVENT AUSSI ÊTRE UNE DÉFENSE DES PRIVILÈGES

 par Seumas Milne (The Guardian)

Note : c’est pour ses révélations sur le système mondial de la NSA que le Pulitzer a été décerné au journal the Guardian (Londres) parce qu’¨exemple distingué de service public en tant que quotidien d’information¨. The Guardian vient aussi de sauver l’honneur du journalisme occidental au sujet du Venezuela. Alors que ses confrères sont restés enchaînés au fond de la caverne de Platon, il a dépêché un envoyé spécial sur place, rappelant l’époque glorieuse où informer était synonyme d’enquêter. Journaliste à The Economist avant de devenir chroniqueur et rédacteur associé au Guardian, Seumas Milne a effectué des reportages au Moyen-Orient, en Asie du sud, en Russie, en Europe de l’est et en Amérique latine. Il est l’auteur d’un livre à succès sur la grêve des mineurs anglais de 1984–5 british intitulé l’ennemi intérieur : la guerre secrète contre les mineurs, fruit d’une enquête sur les agissements du mi5 et de la special branch dans ce conflit.

Par Seumas Milne

De l’Ukraine à la Thaïlande et de l’Égypte au Venezuela, des protestations à grande échelle visaient – et dans certains cas ont réussi – à renverser des gouvernements. Dans certains pays les protestations de masse étaient conduites par des organisations de travailleurs contestant l’austérité et le pouvoir des entreprises privées. Dans d’autres cas des troubles où prédomine la classe moyenne ont servi de levier pour restaurer des élites évincées.

Parfois, en l’absence d’organisation politique, les deux peuvent se chevaucher. Mais quel que soit le secteur qu’elles représentent, elles se ressemblent toutes… à la télévision. Et les manifestations de rue ont été tellement efficaces pour faire tomber des gouvernements ces 25 dernières années que les pouvoirs globaux se sont ruées en force sur le marché de la protestation.

Depuis le renversement du gouvernement élu Mossadegh en Iran dans les années 1950, pour lequel la CIA et le MI6 ont payé des manifestants anti-gouvernementaux, les États-Unis et leurs alliés ont dominé le champ : en finançant des « révolutions de couleur », en fondant des ONGs affiliées, en formant des activistes étudiants, en alimentant les réseaux sociaux de la protestation pour dénoncer – ou ignorer – les répressions policières selon leur convenance. Lire la suite

le fil sémaphorien_avril2014_n°2

¤=¤=¤=¤=¤ mise à jour 12 avril

Sondage : 79 % des Français désapprouvent la nomination d’Harlem Désir comme secrétaire d’État aux affaires européennes. Si on ajoute les 5% qui ne se prononcent pas… ne reste effectivement pas grand monde pour apprécier cette nomination.

Dans le détail du sondage (BVA/iTélé) on peut aussi voir que la désapprobation est particulièrement élevée parmi les sympathisants de droite, avec 95 %, contre 3 % qui approuvent et 2 % qui ne se prononcent pas. Le pire est que même chez les sympathisants du PS ils sont 61 % à désapprouver cette entrée au gouvernement du chef du parti. À part ça, Hollande est toujours persuadé de faire les bons choix et d’être à l’écoute des Français…

Par ailleurs, un autre sondage nous semble bien plus inquiétant : 55 % des Français auraient jugé Manuel Valls « convaincant » dans son discours de politique générale. Ben dis donc… voilà plutôt de quoi mesurer le manque de discernement politique des mêmes Français. Mais 55 %, c’est peut-être les mêmes qui rêveraient de voir revenir l’agité du bocal…

Petit rappel pour ceux qui croient en la capacité de gestionnaire de l’hidalgo Manuel :

En décembre dernier, le magazine Capital assurait que les habitants d’Évry « paient encore la gestion bien peu rigoureuse de Manuel Valls », qui a été maire de la ville pendant onze ans. Ils pointaient notamment « des frais de communication [qui] ont bondi de 852,6% entre 2001 et 2003 », une avalanche de chargés de mission au cabinet du maire (jusqu’à 49), une explosion des dépenses de personnel, de multiples gaspillages… Extrait :

« Les caisses d’Évry sont vides. “J’ai rarement vu ça, ils n’ont même pas de quoi payer leur dette”, s’étonne Claude Jaillet, expert en finances locales. “Du coup, ils sont obligés d’emprunter pour rembourser les échéances.”

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir fait… valser les impôts. Entre 2001 et 2012, la pression fiscale sur les ménages de la commune a explosé de 45,7%. Grâce à quoi la facture moyenne des foyers imposables, qui frôle aujourd’hui les 2 100 euros annuels, est l’une des plus élevées de France pour une ville de cette importance.»

Gestion rigoureuse ? On verra ce que diront ces 55% de français aveugles lorsque les comptes de la Sécu commenceront à valser.
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Venezuela_le suivi

Le président socialiste Nicolas Maduro, dauphin du charismatique Hugo Chavez, a reçu avec sa garde rapprochée au palais présidentiel de Miraflores les principaux dirigeants modérés de la coalition d’opposition de la Table de l’unité démocratique (MUD), dont sa principale figure, le gouverneur et deux fois candidat à la présidentielle Henrique Capriles.

En présence d’une délégation de trois ministres des affaires étrangères de l’Unasur (Brésil, Colombie, Equateur) et du nonce apostolique au Venezuela, la réunion a commencé avec plusieurs heures de retard, peu avant 2 heures du matin (heure de Paris). Les échanges, d’abord sous forme de prises de parole, sont retransmis en direct sur toutes les radios et télévisions du pays.

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Le 1er avril marquait la fin de la trêve hivernale pour des milliers de familles poursuivies pour impayés de loyers. Au cours de la trêve hivernale, le gouvernement a ouvert 16 000 places d’urgence pour les SDF, tout en promettant de mettre fin à une gestion saisonnière de l’hébergement des sans-abri. Promesse, on le sait, qui ne sera pas respectée, alors même que les impayés ne concernent que 2,5 % des loyers.

L’ONG Caritas, pourtant peu habituée à investir le champ politique, accuse cette fois ouvertement les politiques d’austérité imposées par l’Europe. Elle demande aux gouvernements d’accepter d’en reconnaître l’échec et de trouver des alternatives.

« La grande pauvreté atteint désormais plus de 10 % de la population. Les salariés, quand ils travaillent, gagnent parfois si peu qu’ils ne peuvent subvenir à leurs besoins. Près de 500 000 salariés en Europe, selon ses estimations, ne peuvent plus se payer un logement. »

Ce rapport de 116 pages (en anglais seulement pour l’instant) s’est intéressé en priorité aux sept pays européens les plus touchés par la crise – Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, Italie, Chypre et Roumanie.

http://www.scribd.com/doc/215468984/Caritascrisisreport-2014-En

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affaireS Sarkozy_le suivi

Parmi les casseroles judiciaires encore attachées aux pattes de l’agité du bocal, l’une des plus graves est l’affaire Karachi, qui s’est soldée par la mort de 14 personnes dont 11 ingénieurs français. Le site le Monde s’est fendu d’une petite vidéo de 3 minutes, assez clairement récapitulative, une sorte d’Affaire Karachi pour les Nuls.


Comprendre l’affaire Karachi en 3 minutes par lemondefr

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08 avril

Ça vient de tomber… (et ça va continuer à pleuvoir)

Steeve Briois, le nouveau maire FN d’Hénin-Beaumont, a décidé de fermer le local municipal mis à disposition de la Ligue des droits de l’homme depuis de nombreuses années.

il a annoncé sur France Info : « Les électeurs nous ont aussi élus pour ce type de décisions. La Ligue des droits de l’homme est une association politisée. Elle n’a eu de cesse pendant la campagne électorale de dire tout le mal qu’elle pensait de nous. Alors on coupe les liens. Point final. A partir du moment où ces militants s’immiscent dans la vie de la municipalité avec des a priori hostiles, on ne va pas les laisser profiter d’un local municipal. On serait maso ! Fini l’hébergement et fini la subvention. Ils iront ailleurs. »

Libé entre dans plus de détails. Enfumage néanmoins.

http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/08/la-mairie-fn-d-henin-beaumont-supprime-subvention-et-local-de-la-ldhmun62110_994003

Par ailleurs nous apprenons qu’à Toulouse avec Moudenc, le changement, c’est maintenant ! Un changement qui consiste à permettre à des mouvements fascistes interdits de manifester Place du Capitole. L’évolution, on adore…

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c’est aujourd’hui 8 avril que le journal l’Huma ressuscite.

Le sens profond d’une nouvelle Humanité 

110 ans après sa fondation, le 18 avril 1904, l’Humanité se renouvelle, se transforme, se réinvente.

Elle le fait à ce moment particulier de notre histoire où les coups de boutoir conjugués des rapaces de la finance, d’une Europe ultralibérale, d’une mondialisation capitaliste et de gouvernements qui s’y soumettent, augmentent chaque jour les souffrances sociales, le chômage, la précarité du travail et l’insécurité de vie.

Elle le fait à un moment où les idées de droite, de plus en plus mêlées à celles de l’extrême-droite sont sans cesse banalisées et promues par le grand bazar du média-business. De ce fait, elles progressent sur le terreau des crises et des souffrances, contaminant de larges secteurs de populations inquiètes, désorientées, maltraitées, ignorées, méprisées par celles et ceux qui tiennent le haut du pavé.

L’Humanité, fondée par l’ardent défenseur du socialisme, change aujourd’hui,  à ce moment où ce que l’on pouvait appeler jadis « la social-démocratie européenne » est entrée dans une crise très profonde, révélée, élections après élections partout en Europe.

Lire la suite

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Nous avions pensé que toute autre décision que la relaxe serait inacceptable, mais non.

Coupable ! Le tribunal correctionnel de Dijon a rendu aujourd’hui son verdict dans l’affaire du viticulteur bio, Emmanuel Giboulot, qui avait refusé de traiter ses vignes conformément à l’arrêté préfectoral pris l’été dernier afin de lutter contre la flavescence dorée, maladie contagieuse véhiculée par une petite bête inoffensive, la cicadelle.

Jugé coupable donc, le viticulteur se voit condamner à 1 000 euros d’amende dont 500 avec sursis. Cette peine avait été requise par le parquet lors du procès tenu le 24 févier, une peine perçue comme plutôt clémente par l’entourage de Giboulot. Ce dernier risquait en effet jusqu’à 30 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement. Il a cependant décidé de faire appel du jugement.

Vous avez été nombreux à soutenir Emmanuel Giboulot en signant la pétition de soutien, c’est toujours possible de le faire : (accessible ici)

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le dessin du jour

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L’ex-premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du centre droit à la présidence de la Commission européenne, s’est dit samedi opposé au fait que la France bénéficie d’un nouveau délai pour réduire son déficit public. La France, qui a déjà obtenu un report jusqu’en 2015 pour être dans les limites des règles budgétaires européennes, « ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit », elle doit « suivre les règles du jeu comme tous les autres », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Berlin. Quant au président de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, Jens Weidmann, il a demandé à la Commission européenne de faire « respecter les règles de manière stricte ».

Euh… Le doigt sur la couture du pantalon, le béret sur la tête et la baguette à la main, ce n’est plus ainsi que les Français ont envie de se présenter devant le parlement européen. Ils ont commencé de le dire haut et fort lors des dernières municipales, ils le diront encore plus haut et plus fort lors des prochaines européennes. Messieurs les androïdes allemands, il va falloir vous habituer à la voix grandissante des autres peuples européens, la France en particulier parce qu’elle est la 2eme puissance du continent et la 5eme du monde. Elle ne suivra plus très longtemps les règles d’un jeu qui ne lui convient pas. Si quelque chose est inéluctable, c’est bien qu’approche le jour où il va falloir vous soumettre ou vous démettre.

Rappelons-nous que c’est ce même androïde Juncker qui avouait en 1999 : «Nous prenons une décision, puis nous la mettons sur la table, et nous attendons un peu pour voir ce qui se passe. Si elle ne provoque ni tollé, ni émeutes, parce que la plupart des gens ne comprennent rien à ce qui a été décidé, nous poursuivons, pas à pas, jusqu’au point de non-retour».

L’occasion de relire notre article d’août 2012 sur la fameuse autant que fumeuse « règle d’or » des 3%.

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Microsoft a annoncé qu’à partir de ce 8 avril il n’y aurait plus de mises à jour de sécurité pour les ordinateurs fonctionnant toujours sous XP. Autrement dit, ce sera aux inconditionnels de ce système d’exploitation Windows de se démerder contre les cybercriminels.

Certes XP a déjà 13 ans d’âge, mais il semblerait que 20 à 30% des ordinateurs l’utilisent encore, dont des services de police, des banques (notamment des distributeurs de billets) en passant par des entreprises, des bureaux juridiques, des restaurants, des écoles… Dans beaucoup de cas, ces utilisateurs ont estimé que Windows XP était suffisamment bien pour eux, sans avoir à dépenser sans cesse pour une nouveauté qui ne leur sert à rien.

En bref, ces ordinateurs vont contribuer à rendre la sphère internet plus dangereuse pour tout le monde dans la mesure où les pirates informatiques vont être capables de lancer des cyberattaques depuis des appareils infectés.

Mais Microsoft s’en fout. Maintenant que Bill Gates fait dans l’humanitaire…

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Nous en avions parlé ici. Finalement Dark Vador ne sera pas en lice pour la présidentielle du 25 mai prochain en Ukraine, la Commission électorale ayant rejeté sa candidature. Ah mais… où sont les forces de l’Empire ?

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le fil sémaphorien_février2014_n°4

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AffaireS Balkany_le suivi

Le palais des “Mille et une Nuits” des époux Balkany à Marrakech a coûté à l’achat pas moins de 2,75 millions d’euros, d’après des actes notariés obtenus par Mediapart. La justice les soupçonne d’en être les propriétaires cachés par le biais de sociétés logées dans des paradis fiscaux. L’achat de la villa a été réglé par « virements de l’étranger », d’après le notaire.

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Ukraine : des nazis dans l’opposition ?

Jean-Luc Mélenchon affirme qu’il y a des nazis dans l’opposition ukrainienne. Vrai ou faux ? Certains ont vérifié…


Ukraine : des nazis dans l’opposition ? par Europe1fr

Petit rappel : En Ukraine, la kleptocratie était tout autant au pouvoir sous l’équipe libérale « pro-Europe » auparavant. Loulia Timochenko, soi-disant voix de la liberté, était en prison pour des détournements de fonds exactement comme son mari l’était aux États-Unis pour fraude fiscale.

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VENEZUELA

Attention : De nombreuses photos dénoncent la répression des manifestations étudiantes qui agitent le Venezuela depuis quelques semaines. Problème : il s’agit quelquefois de photos sans aucun rapport avec ces événements, prises dans d’autres pays au cours de ces dernières années, Brésil, Syrie, Grèce… Nous en avons déjà repéré quatre qui ont pourtant fait les unes de grands quotidiens.

À signaler, un article de blog intéressant sur le sujet, par Marti, non journaliste mais actuellement sur place :

http://blogs.mediapart.fr/blog/marti/260214/que-se-passe-t-il-au-venezuela

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AffaireS Dassault_ le suivi

L’enquête judiciaire accumule les preuves contre l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault, soupçonné d’achat de voix à Corbeil-Essonnes, pour son propre compte en 2009, puis pour celui de Jean-Pierre Bechter, son homme de paille.

Libération publie mercredi 26 février des extraits d’un document accablant retrouvé par les enquêteurs dans la propriété du sénateur et avionneur à Corbeil. Quatre versions d’un même listing d’électeurs, comportant environ 130 noms, régulièrement remis à jour, faisant le compte de l’argent, déjà « payé » ou encore « non payé », ou des services rendus aux personnes de bonne volonté.

On a failli pleurer en apprenant que M. Dassault s’est plaint, au Sénat, de ses conditions de garde à vue, alors qu’il rentre dormir chez lui et n’a sans doute pas connu la cellule d’isolement. Pauvre chou ! Est-ce que ce sera suffisant pour empêcher les méchants magistrats financiers Serge Tournaire et Guillaume Daïeff de le convoquer en vue d’une très probable mise en examen ? C’est ce que nous saurons dans le prochain épisode ?

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27 février2014. Nous apprenons le décès de Paco de Lucia. Connu par son nom artistique, Paco de Lucia  (Luzia était le prénom de sa mère) est considéré par beaucoup comme le plus grand guitariste contemporain de flamenco.

Article à lire ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/jnspqd/260214/todo-pasa-y-todo-queda-paco-de-lucia-nous-quittes

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Pas très blanc, le bleu Marine…

Olivier Duguet était jusqu’en mars 2012 le trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen. En juin 2012 il est condamné à six mois de prison avec sursis dans une affaire d’escroquerie au préjudice de Pôle emploi dont le montant s’élève à plus de 100 000 euros.

La justice a estimé qu’il a « été complice du délit d’escroquerie » reproché à une autre personne au nom de cette société (à hauteur de 42 081 euros) « en l’aidant ou en l’assistant sciemment », « en lui fournissant de fausses attestations ASSEDIC », mais aussi d’avoir lui-même « trompé le Pôle emploi » « par l’usage de manœuvres frauduleuses », « pour le déterminer à remettre des fonds » (23 958 euros). Le montant total de l’escroquerie, qui a bénéficié à trois personnes, atteint 100 748 euros net. Il s’élève à près de 277 000 euros en prenant en compte le « préjudice évité » (si la fraude n’avait pas été découverte).

Après ça, la Le Pen peut bien continuer de baver sur quelques tricheurs aux prestations sociales… c’est bien dans ses rangs que le blanchissage est loin d’être terminé.

Mais restons un peu en compagnie de madame Le Pen, dont on nous dit qu’elle a profité de sa virée au salon de l’agriculture pour dénoncer le grand marché transatlantique. Ça alors !

Cinq ans après que Jean-Luc Mélenchon ait lancé l’alerte (eh oui, déjà !), Marine Le Pen se réveille ! A la veille des élections européennes, elle prétend soudain faire la « guerre » au Grand Marché Transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique.

Ce réveil électoraliste ne doit pas faire trop faire illusion. En effet, dans cette « guerre », les amis de Madame Le Pen ont déjà capitulé. En région PACA, vendredi dernier (voir notre fil d’actu précédent), le groupe FN a voté contre la motion du Front de Gauche qui condamnait ce projet de libre-échange généralisé. La motion a été adoptée avec l’appui des Verts et de certains socialistes dont le président Michel Vauzelle. Le Front national a voté pour le projet avec la droite et d’autres socialistes. De son côté Jean-Marie Le Pen a préféré manquer la réunion du Conseil régional pour ne pas avoir à prendre position.

Paroles, paroles…

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Février s’achève et nous avions zappé cette info sur les initiatives citoyennes en faveur de la transition. Pardon et rattrapage, d’autant qu’une autre journée de mobilisation est d’ores et déjà fixée au 27 septembre prochain.

  • Le 1er février : une ébullition citoyenne pour la transition ! 

Samedi 1er février, avait lieu la journée de mobilisation du Collectif pour une Transition Citoyenne. Au total, 85 événements sur 60 départements ont été comptabilisés, réunissant des milliers de personnes aux quatre coins de l’Hexagone, pour interpeller les candidats aux élections municipales. Vous pouvez voir la liste de tous les événements ici.
La prochaine journée de mobilisation est déjà fixée : rendez-vous le 27 septembre ! 

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  • Parution du rapport de la fondation Abbé Pierre 

Le 19e rapport annuel de la Fondation est paru, et comme prévu, les chiffres font état d’une terrible aggravation sur la question du logement :

  • Entre 2001 et 2013 on relève une augmentation de 50% des personnes à la rue
  • Les loyers ont augmenté de 55 % depuis 2000
  • Le logement est devenu le 1er poste de dépense des ménages
  • Le rapport étudie par ailleurs de près le lien entre emploi, précarité et logement.

Pour découvrir l’essentiel du rapport.

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Venezuela : Une guerre économique non déclarée

Attention : enfumage en vue dans la presse aux ordres. Peu de journaux s’y attardent pour l’instant, si ce n’est pour compter les trois morts et la dizaine de blessés qui feraient du Venezuela un pays à feu et à sang, et bien sûr sous la responsabilité de son président Nicolas Maduro.

Oui, c’est vrai, des milliers d’étudiants et de chômeurs ont défilé dans les rues de plusieurs villes du pays pour protester contre l’inflation et l’insécurité. Pour sa part, le président Nicolas Maduro a déclaré qu’ : « Il n’y aura pas de coup d’État au Venezuela, ayez-en la certitude absolue. La démocratie continuera, la révolution continuera ».

En contrepoint, voici quelques éléments dont Pujadas ne vous parlera pas au 20 h :

« Venezuela : Une guerre économique non déclarée »

« Contrairement à 2002, quand le patronat avait annoncé une grève pour bloquer l’économie, aujourd’hui l’attaque du système économique national est faite avec d’autres méthodes », a déclaré l’écrivain et historien vénézuélien, Luis Brito Garcia [1].
« Il s’agit d’une guerre non déclarée », a-t-il dit lors de sa participation dans un programme TV foro [TV forum], diffusée par la Venezolana de Television [2] .
La nouvelle méthode consiste à faire disparaître des produits pendant quelques jours, de les remettre et ensuite d’en faire disparaître d’autres. A cela s’ajoute la spéculation et la thésaurisation.

Un exemple parmi beaucoup d’autres : dans le but de créer la pénurie et de thésauriser, il a été découvert dans un entrepôt situé à Puerto Ordaz, dans l’État de Bolivar, 519 tonnes de sucre raffiné.

Pendant ce temps, les médias prédisent des pénuries de produits tels que le sucre, le lait et même des produits de base de soins personnels.
L’objectif est de « frapper l’esprit » des vénézuéliens et de générer des achats dans un état nerveux, de déséquilibrer l’approvisionnement et de tout rendre problématique afin d’en finir avec le gouvernement bolivarien, a rappelé l’intellectuel vénézuélien.
Il a dit qu’il est important de dicter des mesures et de prendre des sanctions exemplaires. « L’entreprise privée spécule, mais il y a des lois pour éviter cela, une quantité de règles qui doivent s’accompagner de sanctions exemplaires ».

[1] Luis Brito Garcia né à Caracas le 9 octobre 1940 est un écrivain, historien, essayiste et dramaturge Vénézuélien.
[2] Chaîne publique vénézuélienne

Texte original : Brito García : “ Estamos ante una guerra económica no declarada ”.
Traduction : Bernard Tornare

Et voici d’autres infos occultées
Venezuela : l’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent.

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc.), les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %. Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral.

Suite ici : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/01/22/venezuela-laugmentation-du-salaire-et-la-baisse-du-chomage-continuent/

Pourquoi Hugo Chavez a remporté les élections

Lorsque les despotes de nations comme l’Arabie Saoudite ou le Kazakhstan pillent les richesses de leurs pays, transfèrent les richesses tirées du pétrole sur des comptes privés en Suisse et utilisent le reste pour financer le terrorisme extrémiste (comme c’est le cas des dirigeants saoudiens), les hommes politiques américains (bien trop souvent suivis par leurs homologues français, OTAN oblige) chantent leurs louanges et les présentent comme des amis et des alliés. Mais il est un terrible despote à qui aucune puissance occidentale bien pensante ne veut serrer la main : Hugo Chavez, président du Venezuela, élu pour la 13ème fois en 13 ans !

Peut-être serait-il temps d’essayer de comprendre ce qui se passe au Venezuela, ne serait-ce que pour éviter de raconter ces conneries comme on n’en entend que trop dans la bouche des politiques français (Cohn-Bendit en tête, par exemple…). Petit portrait signé Pepe Escobar.

Il l’a fait. Encore une fois. Lors de la 14e élection en 13 ans, Hugo Chavez Frias – celui que les réactionnaires atlantistes détestent jusqu’à la haine – a été sans appel possible réélu président, dans des conditions absolument transparentes, contrôlées par le personnel des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Organisation des États Américains (OEA).

Deux élections étaient en jeu ici. Une mettait Chavez face au représentant des compradores [gros propriétaires], néolibéral et réactionnaire reconverti en démocrate, Henrique Capriles Radonski – un avocat représentant les intérêts de Washington au Venezuela. L’autre concernait la sud-Amérique progressiste face au désir de Big Brother de disposer d’un État en position de client et malléable.

Chavez a gagné d’abord parce que le projet bolivarien est populaire. Les années de chavisme – malgré tous leurs défauts et un culte effréné de la personnalité – ont permis de rétablir la souveraineté nationale vénézuélienne, de redistribuer les richesses au profit des services publics et des exclus par l’intermédiaire de missions sociales et d’un salaire minimum décent. On peut l’appeler, comme le fait Chavez, le « socialisme du 21e siècle ». En Amérique latine, selon les termes qui y prédominent, c’est certainement une voie vers une société plus égalitaire.

Dans la période qui a précédé l’élection, Chavez a mis un point d’honneur à rappeler la figure de Guacaipuro – un leader indigène qui commandait les tribus Teque et Caracas contre la colonisation espagnole – comme un symbole-clé de la résistance du Venezuela. « Nous sommes tous des Guacaipuro » était un appel qui sonnait bien, qui mettait l’accent sur les racines autochtones du pays : « la résistance indigène et noire menant la lutte des opprimés ».

Pas d’analphabétisme en échange de pétrole !

Les faits sont parlants. Le Venezuela détient ce qui est maintenant reconnu comme la plus grande réserve de pétrole de la planète – encore plus que l’Arabie Saoudite. Mais jusqu’à récemment, le Venezuela était un « Graal » pétrolier, géré par l’habituelle petite élite arrogante et avide, où les masses n’avaient pas la possibilité d’un enseignement décent, d’un logement décent ou d’un salaire décent.

Le succès du chavisme est d’avoir su mettre progressivement à l’horizontal une société alors verticale. Le chavisme a consacré pas moins de 43 pour cent du budget de l’État à un éventail de politiques sociales.

Le taux de chômage est passé de plus de 20 pour cent à moins de 7 pour cent. Pas moins de 22 universités publiques ont été construites au cours des 10 dernières années. Le nombre d’enseignants est passé de 65 000 à 350 000. L’analphabétisme a été éradiqué. Et une réforme agraire est en cours – encore un rêve dans la plupart des latitudes d’Amérique du Sud.

La classe dirigeante de toute évidence n’était pas à la fête – comme elle ne l’a pas été au Brésil, en Argentine ou en Bolivie (mais elle a tout de même réussi à organiser un « coup d’État constitutionnel » au Paraguay pour renverser un gouvernement démocratique et légitime). Au Venezuela, il y a dix ans, cette même classe avait également réussi à concocter un coup de force – avec le soutien des grands médias – qui a duré trois misérables jours. Les masses ont alors dit « No Pasaran ».

Le candidat battu à la présidentielle, Henrique Capriles Radonski, soit dit en passant une sorte de nouveau né démocrate, puisqu’il avait été directement impliqué dans le coup d’État d’avril 2002 et avait même dû passer un certain temps en prison pour cette raison.

Le Venezuela a le meilleur coefficient de l’index Gini – qui signifie que c’est le pays avec le moins d’inégalités – sur l’ensemble de l’Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (connu sous son acronyme espagnol, Cepal) atteste que le Venezuela et l’Équateur, entre 1996 et 2010, étaient les champions en matière de réduction de la pauvreté à travers toutes les Amériques.

Pendant ce temps, les Américains vivant aux États-Unis pourraient être surpris de savoir que l’index Gallup a classé le Venezuela, le « 5e plus heureux pays dans le monde ». Et pas seulement à cause de la Salsa…

Pas étonnant alors que les médias aux États-Unis, en Europe occidentale et en Amérique du Sud aient colporté des histoires de Vénézuéliens rêvant d’exil et de siroter des martinis à Miami. Mais le fait est qu’un grand nombre de jeunes Espagnols sans avenir en Europe vont au Venezuela pour trouver un emploi.

La diabolisation de Chavez dans les grands médias occidentaux est pitoyablement caricaturale – comme dans la récente obstination à proclamer sa mort imminente pratiquement sur une base journalière. Il leur a été difficile d’admettre que le cancer dont souffrait Chavez a été traité avec succès par des médecins cubains. Lire la suite