FNsea, syndicat agricole ou bras armé du lobby agro industriel ?

Lettre ouverte : FNsea, syndicat agricole ou bras armé du lobby agro industriel ?

Nous appelons aujourd’hui et dans les jours suivants à des rassemblements pacifiques devant tous les sièges de la Fnsea en réaction aux évènements violents ayant eu lieu dans le Tarn, contre les opposants au barrage de Sivens mais aussi sur l’attitude et les méthodes de ce syndicat dans divers dossiers de politique  agricole et environnementale. L’impunité et le « deux poids, deux mesures » ont des limites dans ce qui est censé être un état de droit.

Nous demandons que la réalité des faits soit rétablie : s’il y a eu des actes assimilables à du terrorisme et des violences injustifiables elles ne sont en aucun cas le fait des zadistes qui, dans des conditions objectivement difficiles et sous une pression morale et physique constante tant de la part des forces de l’ordre que de véritables milices organisées, sont resté malgré tout lucides et résolument pacifiques. Il faut ici saluer leur courage.

Nous constatons que les violences réelles et concrètes ont été clairement commises sur des personnes et sur leurs biens avec la participation et le soutien actif des membres locaux de la Fnsea dans une intention délibérée d’intimidation et de tension, un mépris total affiché à l’encontre des militants écologistes et plus généralement de toutes personnes attachées à la démocratie et réclamant un débat contradictoire.

Nous constatons que cette stratégie injustifiable vise précisément à détourner l’attention de l’opinion publique des conditions dans lesquelles ont été prises les décisions de réaliser ce barrage, de son coût financier et environnemental, du très faible nombre des bénéficiaires réels. Elle vise aussi à cacher les responsabilités de la gendarmerie, des élus locaux et du gouvernement dans la mort de Rémi Fraisse et dans les nombreux cas de blessures infligées aux opposants au barrage.

Nous rappelons aux « agriculteurs » qu’il est vain de continuer à nier devant l’opinion les ravages d’une agriculture industrielle qui nuit autant à l’homme qu’à la nature. Au titre de consommateurs, de contribuables ou tout simplement d’habitants de la Planète nous sommes nombreux à ne plus vouloir  en supporter les coûts et les conséquences. Malgré une propagande incessante, de mieux en mieux informée, une part grandissante de la population refuse désormais d’être quotidiennement empoisonnée. Démocratiquement cela ne peut que conduire à des changements profonds auxquels le « monde agricole » devra bien se plier, en dépit de tous les conservatismes.

Mais le « monde agricole » tolère t-il encore le débat démocratique ? Est-il engagé pour le bien commun ou n’est-il que l’instrument clientéliste d’intérêts privés et particuliers, au service des lobbies et des multinationales ?

Nous demandons donc ici publiquement à la Fnsea du Gard de condamner clairement et fermement des méthodes qu’on ne peut que qualifier de brutales, voire fascistes et de venir répondre sans dérobades à de légitimes interrogations que nous ne sommes pas seuls à partager.

Les Indignés de Nîmes

 Voir l’appel sur Démospère : http://gard.demosphere.eu/rv/2107

Sivens et les pro-barrage_ le suivi

Le maire de Saint-Amancet voulait se rendre sur le site de Sivens. Impossible : des pro-barrage bloquent la route, l’insultent et le menacent. Nouvelle altercation un peu plus tard. Cette fois, ils sont armés de barres de fer.

Dimanche 1er février au matin, j’étais sur la route en direction de la forêt de Sivens, pour assister aux animations prévues dans le cadre de la Journée mondiale des Zones Humides. En arrivant sur le lieu-dit de Barat, aux alentours de 10h15, j’ai découvert que la route était bloquée par une trentaine d’individus. Ils se sont présentés comme des agriculteurs et chasseurs pro-barrage, originaires de la région.

Je suis agriculteur et maire de la petite commune de Saint-Amancet. Je n’étais a priori pas opposé au barrage, mais j’ai été choqué par la mise en place de la violence qui a conduit à la mort de Rémi Fraisse. Ceci m’a poussé à explorer le sujet plus en détails. C’est là que j’ai réalisé le manque de sérieux du projet et depuis, je continue à suivre la question de près.

INSULTES ET MENACES

J’ai entamé la conversation avec certains d’entre eux, mais la discussion a vite tourné court car d’autres ont commencé à m’insulter à coups de « Dégage de là ! » et autres phrases du genre :

« Vous êtes un élu ? J’espère que vos électeurs vont vous cracher à la gueule ! »                  Ils ont ensuite menacé de me « foutre dans le ruisseau » et de « retourner [mon] véhicule » à l’aide de leurs tracteurs. Vers 11h30, nous avons décidé, avec d’autres conducteurs bloqués, de faire demi-tour. Au moment de partir, j’ai surpris quelques-uns des « pro-barrage » en train de prendre des photos de ma voiture. Lire la suite

Roybon Center Parcs_le suivi

INFOS IMPORTANTES à l’attention des médias et des opposants : merci d’utiliser les bons chiffres sur la surface de zones humides détruites et impactées. On ne peut pas reprendre tels quels les chiffres erronés fournis par les cabinets d’études soudoyés par Pierre et Vacances (il est souvent indiqué 76 ha), mais plutôt ceux nettement plus fiables indiqués par les experts indépendants mandatés par l’enquête publique, qui parlent eux de 110 à 120 ha ! Près de 10 fois Sivens !

Le bois des Avenières concerné n’est pas du tout une forêt ordinaire, mais une zone humide complexe liée à l’alimentation en eau d’un « aquifère » (système de réseau d’eau souterrain), qui lui-même alimente en eau potable de larges territoires (en Drôme surtout, mais aussi en Isère).

Vu le climat du coin les clients de center park devront se réfugier dans l’immense bulle à 29° quasi toute l’année. Alors pourquoi aller l’installer en pleine nature, juste pour la voir à travers des vitres ? Une jolie vue justifie-t-elle de saccager 76 hectares d’environnement forestier ? Que d’énergie gaspillée pour chauffer cette immense bulle, sans compter toute l’eau chaude déversée dans le milieu qui déstabilisera les écosystèmes.

 

Quand aux commerçants locaux, ils rêvent, ces centres sont conçus pour maximiser les profits et donc les clients doivent rester dedans et consommer dedans, donc ils ne verront pas la couleur de leurs dépenses.

Spot de mobilisation de la Zad des Chambaran (Roybon, Isère) à voir pour bien rigoler, « CAMILLIX à la ZAD de Roybon » :

https://www.youtube.com/watch?v=KDPYBFMWM30

http://vimeo.com/user34798469/camillix-a-zad-de-roybon

Dans le Jura, un autre centre-nautique est en projet, avec « Pierre et Vacances » aussi, 180 ha de forêts sont menacés dans une région magnifique ! (voir ici) C’est exactement la même problématique que dans l’Isère. Un contact entre les militants de Roybon et le collectif – très modeste pour l’instant – d’opposants dans le Jura-Saône et Loire serait une bonne chose. Les promoteurs hésitent entre deux sites dans le jura et en Saône et Loire.  Un collectif est déjà mobilisé (voir ici). Il semble nécessaire de fédérer les luttes anti Center Parcs.

Cela fait penser à la station d’hiver de Saint-Honoré, en Isère elle aussi. Construite sur un versant trop ensoleillé, sans la culture et l’entretien d’une neige artificielle (coûteuse et contraire à toute démarche écologique et économique raisonnable,) il est impossible de faire fonctionner cette station. Mais on a fait croire l’inverse et des gens ont acheté des appartements qu’ils ne peuvent ni utiliser ni vendre désormais, une faillite totale dans laquelle le Conseil Général de l’Isère est également impliqué.

Pour en savoir plus sur la faillite de Saint-Honoré et comprendre ce qui attend les Chambarans suivez ce lien : Saint-Honoré 1500, du rêve aux ruines

Dans les Chambarans on retrouve les mêmes ingrédients. Dans ce lieu particulièrement froid et humide on prévoit des activités « tropicales » sous bulle ! Le coût de fonctionnement des équipements, leur entretien vont hypothéquer la viabilité du projet : mais tant pis pour les « gogos » qui y auront cru, une fois l’opération immobilière réalisée et les profits empochés, les promoteurs iront jouer ailleurs.

On peut aussi lire l’avis des pêcheurs qui ont déposé une requête en référé auprès du Tribunal Administratif de Grenoble.

« Tout l’impact négatif sur le milieu aquatique sera pour la Drôme, qui est limitrophe, ajoute Christian Brély. Nous craignons un réchauffement des eaux des rivières l’Herbasse et la Galaure, dans le Nord-Drôme. Center Parcs va rejeter de l’eau à 21°C, alors qu’à 20°C “l’espèce truite” disparaît. Ce secteur, c’est le château d’eau de la Drôme, et on va y toucher. »

http://www.ledauphine.com/drome/2014/11/21/center-parcs-les-pecheurs-dromois-saisissent-la-justice

Lundi 1er décembre 2014, dans un communiqué de presse, la FRAPNA (www.frapna.org ) a demandé la suspension immédiate des travaux du Center Parcs de Roybon.

Face à la contestation qui monte sur le terrain et aux risques réels de dérapage suite à la non prise en compte des conclusions de la Commission d’enquête et au passage en force des arrêtés préfectoraux permettant le démarrage des travaux, la FRAPNA demande aux pouvoirs publics de suspendre immédiatement les travaux de défrichement en cours sur le site du futur Center Parcs de Roybon.

Elle a sollicité par l’intermédiaire de sa fédération mère, France Nature Environnement, l’arbitrage urgent de Madame la Ministre de l’Écologie en demandant la mise en œuvre d’un triptyque simple et efficace :

  1. Suspension immédiate des deux arrêtés préfectoraux litigieux, entraînant de facto l’arrêt des travaux
  2. Mise en œuvre d’une mission élargie d’inspection
  3. Organisation d’une table ronde au Ministère avec les organisations représentatives à la suite du rapport d’inspection.

Elle appelle parallèlement Pierre et Vacances et son PDG, Monsieur BREMOND, à ne pas attendre cet arbitrage et à interrompre dès aujourd’hui le chantier, pour éviter que ne se détériore un peu plus l’image de leur entreprise. (+ d’infos)

Les bienfaits des zones humides :

http://www.econostrum.info/Des-zones-humides-pour-amortir-les-effets-du-rechauffement_a16832.html

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/interets/services-rendus/services-de-regulation