Souvenirs, souvenirs_n°3

Cette rubrique consacrée au Grau du Roi à partir des archives de Sémaphore(s) vous sera régulièrement proposée jusqu’au 30 mars.

Aujourd’hui : la Une du n°1 de Sémaphore, c’était en mai 90. Pour la comprendre, il faut se souvenir d’une certaine séance du conseil municipal, celle du 27 avril 1990. Étienne Mourrut devait donner des explications aux citoyens, en l’occurrence au sujet d’un emprunt de 4 500 000 frs (l’euro n’était pas encore là) qu’il avait « omis » de soumettre à l’appréciation des conseillers de l’opposition !

 La gestion était déjà calamiteuse du fait d’incessantes difficultés de trésorerie (que le maire, pour sa part, appelait « des constantes »), malgré l’augmentation des impôts locaux de 105% au cours du premier mandat, et déjà 23% d’augmentation à cette deuxième année du deuxième mandat ! Plus belle avait été la réponse du maire Mourrut aux conseillers qui demandaient des explications sur une omission de quatre millions et demi : « Je n’ai pas de leçon à recevoir ! ». Circulez, y a rien à voir !

 Vous voyez que les cachotteries ne datent pas d’aujourd’hui. Même la Cour des Comptes n’a jamais réussi à tout comprendre de la gestion mourrutienne, mais elle a clairement pointé que la non-augmentation des impôts ces dernières années n’est due qu’à un sur-endettement dangereux de la ville, une méthode que le prétendant à la succession, Léopold Rosso, s’apprête à reconduire si, pour le malheur des Graulennes et des Graulens, les suffrages lui étaient favorables.

 Archives à suivre : Les embellisseurs

Grau du Roi_1910_Boulevard des italiens

Changeons de sujet tout en restant au Grau du Roi et toujours sur ce numéro 1 de Sémaphore d’il y a 24 ans. Son premier article avait pour titre :

NOS ANCETRES LES « VRAIS » GRAULENS

 Signé « l’Angrôle » (c’est le nom régional du petit lézard gris des pierres), il était dû à la plume de notre amie Arlette Bonnafé, aujourd’hui disparue. Disons que c’est un hommage.

Un hommage qu’il nous semble nécessaire de rappeler en cette période électorale, et plus généralement en cette époque troublée où refleurissent bien des discriminations. On lit sur Internet, on entend dans nos rues que certaines personnes devraient la fermer sous prétexte qu’elles ne sont pas « du pays ». Et l’on devrait avaler sans broncher cette exécrable expression « graulen de souche », comme d’autres abrutis parlent de « français de souche » ! Certes, le problème n’est pas seulement graulen et la planète entière ne manque pas d’imbéciles heureux qui sont nés quelque part. C’est bien pour foutre à ceux-là un grand coup de pied au cul que Sémaphore est né un jour. Pas pour leur faire mal, juste pour essayer de les réveiller. Juste pour se dire que, par delà les convictions partisanes, il existe un état d’esprit qui permet de tout dépasser. Les fondateurs de la République l’ont bien compris en l’inscrivant dans la devise de la France. Une France non pas nationaliste mais universaliste qui, à la liberté et à l’égalité, ajoute l’esprit de la FRATERNITÉ.

Merci Arlette de nous rappeler encore aujourd’hui qui sont les vrais Graulens.

ET comme vous aurez remarqué qu’on préfère se quitter en chanson…  


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