Liberté Gratuité Pont du Gard

au courrier Sémaphores

Le Conseil Général assume le scandale du « péage-piétons »

Le pont du Gard était, jusqu’en 2000, d’accès entièrement libre et gratuit. C’était à la fois un objet de haute culture et un lieu de récréation familiale et populaire. En 1985, 15 ans avant la création du Site, le pont du Gard a été inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

Le Conseil Général a adopté à l’unanimité en 1997 un projet d’aménagement, accepté par la « société civile » au terme d’une concertation approfondie et après enquête publique, maintenant le principe du libre accès au pont du Gard, point absolument essentiel. Le Site du pont du Gard serait chargé de l’entretien du domaine autour du pont et de la gestion d’un ensemble immobilier comportant des parkings et des espaces culturels et commerciaux dont les recettes d’exploitation couvriraient les dépenses. L’utilisation des services serait facultative et individualisée.

Ouvert en 2000, le Site du pont du Gard s’est révélé un terrible désastre économique. Le premier gestionnaire -la CCI du Gard- a jeté l’éponge pour éviter de sombrer corps et biens.
En 2003 un établissement public, l’EPCC, lui a succédé. Il a vécu grâce à un niveau extrêmement élevé de subventions publiques -jusqu’à plus de 5 millions d’euros- « asséchant » le budget culturel du département.
Devant l’impasse économique et budgétaire, le temps des expédients et du reniement des promesses a commencé:
· Par une délibération du 24 novembre 2009, l’EPCC a incorporé le prix des entrées aux espaces culturels dans le prix des parkings, obligeant les automobilistes à acheter des services dont la plupart des visiteurs n’ont que faire.
· Cela ne suffisait pas ! A partir d’avril 2013, l’EPCC a clôturé le domaine, pourtant d’accès libre et gratuit, et interdit aux piétons et cyclistes d’accéder au pont du Gard sans acheter les billets de musée. C’était enterrer définitivement le principe de l’accès libre et gratuit, sans même que le Conseil Général ait délibéré pour changer les règles du jeu !
Le Site du pont du Gard est traversé par la route départementale 981. Faisant partie du domaine public, cette route doit rester libre de tout péage. L’illégalité du péage « piétons » n’a ému ni le conseil d’administration de l’EPCC ni le département ni l’Etat. Son annulation plus que probable a conduit le Conseil Général à agir… Pas dans le sens que nous attendions.
Nous espérions que, pris de scrupules juridiques et d’un tardif souci d’honorer la parole donnée, le Conseil Général allait presser l’EPCC de supprimer le « péage piétons ». Erreur, le Conseil Général a, au contraire, choisi de déclasser la route départementale, ce qui donnera, pour l’avenir, une base légale au péage. Au-delà, la voie de la privatisation est ouverte.
Une enquête publique a été prescrite ; elle commencera le 17 novembre en mairie de Remoulins. Nous ne saurions trop vous conseiller d’y participer pour dire NON au déclassement, et par conséquent NON au « péage piétons », soit en rencontrant le commissaire-enquêteur soit en lui adressant par courrier vos observations au commissaire enquêteur, M. Jacques ROUMANIE, en mairie de Remoulins ou de Vers (30210) avant le 8 décembre.

Résumons-nous : il y a vingt ans, le pont était offert gratuitement à l’admiration de tous.
320 millions de francs d’investissements envolés et autant de subventions publiques dilapidées (au bas mot 50 millions d’euros employés à combler le déficit structurel du Site), le pont du Gard est toujours là, bien sûr. Pour les visiteurs, il faut désormais payer 18 euros pour le voir si l’on est automobiliste et 10 euros si l’on est piéton. Et en plus il faudrait dire merci ?

Les commentaires sont fermés.